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Petit QI et gros besoins, êtes-vous plutôt cambriolage, braquage ou escroquerie au jugement ?

En ce qui concerne Jean-Marc Donnadieu de Béziers, qui fréquente de nombreux ex-taulards qu’il dit aider à la sortie de prison, le choix de l’escroquerie au jugement ayant déjà bien payé sans le conduire où il aurait dû être depuis longtemps, c’est-à-dire, derechef derrière des barreaux, comme du temps où il ne harcelait que des ufologues, il a décidé de réitérer la « plaisanterie » procédurière qu’il s’apprêtait à finaliser au mois de février 2011 lorsque Patricia Bouchon menaçant tout à coup de faire capoter ses plans et ceux de ses complices de la bande du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi, ils avaient décidé de l’éliminer.

Il l’a annoncé sur son mur Facebook au début du mois, comme indiqué dans mon précédent article.

Il n’a toujours pas les moyens de faire poursuivre les ufologues qui selon lui piratent tous ses échanges de courriers électroniques depuis des années et m’auraient fourni la pièce suivante, attestant que ses amis cybercriminels et lui-même se sont bien rendus coupables de tels faits à mon encontre au moins en 2011, mais s’il s’agit de nouvelles procédures à mon encontre, alors là, il n’y a aucun problème, son avocat Philippe Desruelles est toujours prêt – noter que ce dernier tente actuellement l’escroquerie au jugement contre l’ufologue Christian Comtesse pour le compte d’un individu qui aurait déjà bien profité de la générosité dudit ufologue et bénéficie bien entendu du soutien inconditionnel de Jean-Marc Donnadieu et de tous ses complices cybercriminels prétendument « ufosceptiques » dont toutes les plaintes contre Christian Comtesse sont toujours classées sans suite comme infondées, en conséquence de quoi il existe très logiquement un gros risque d’attentat islamiste quelques jours avant le verdict, comme pour leurs précédentes procédures, donc probablement avant l’été ou à son début (la date doit être fixée en mai).

 

Pirates

Cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire le texte.

 

Jean-Marc Donnadieu prévoit de m’attaquer dans la foulée.

C’est qu’il doit toujours avoir la garantie de magistrats ultra CORROMPUS dès lors qu’il m’attaque moi, directement ou indirectement, même ou surtout pour des faits imaginaires, et que par ailleurs, comme il s’en plaignait déjà le 22 décembre dernier, plusieurs mois de Gilets Jaunes ont dû bien rogner ses capacités à économiser et faire naître quelques besoins :

 

-3:57:59
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Brut était en direct.

REPLAY – #GiletsJaunes : Tensions en cours à Paris.

Les dernières infos avec Rémy Buisine sur place.

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Commentaires
  • Jean-marc Donnadieu
    Jean-marc Donnadieu Si les gilets jaunes voulaient bien me laisser acheter mon tabac en Espagne, et de la viande aussi , parce que un mois ça va, deux je peut pas suivre.. Je me lève 6/7 a 4 h du matin pour moins de 700 balles alors si je pouvais économiser un peu …

 

 

En Ile-de-France, ce sont les cambriolages qui se multiplient depuis quelques mois.

On notera par ailleurs que ceux qui cherchent encore la vérité dans l’affaire de l’assassinat de Patricia Bouchon à Bouloc le 14 février 2011 pourraient peut-être utilement s’intéresser aux auteurs du casse de Bessières, survenu le 18 mars 2014, dans une agence du Crédit Agricole.

En effet, ces individus qui seraient eux aussi liés à la bande de « déconnologues » des deux psychopathes et pirates informatiques Pascal Edouard Cyprien Luraghi et Jean-Marc Donnadieu semblent bien connaître tous les égouts du secteur où a été découvert le corps de la joggeuse.

Et il n’y a pas que mon témoignage à n’avoir pas été exploité par les enquêteurs dans cette affaire d’assassinat :

 
http://www.slate.fr/societe/impasse-bouloc/episode-7-proces-laurent-dejean-meurtre-joggeuse-patricia-bouchon-avocat-general-david-senat

 

Extrait :

 

«Les erreurs sont humaines»

Le garagiste de Bouloc qui a vu Christian Bouchon cherchant partout sa femme Patricia au matin du 14 février a une fille, Hélène. Elle se souvient avoir été réveillée cette même nuit par «quelqu’un qui tambourinait».

Hélène pense à un jeune essayant de braquer le distributeur de boissons, avant de se rappeler que celui-ci était blindé. Elle ouvre ses volets pour vérifier: «Quelqu’un se servait de la lumière du distributeur pour éclairer ses phares et son pare-chocs et donner des coups dessus. C’est un bruit bien particulier.» Son père et son grand-père ont été garagistes Renault, alors elle connaît le bruit.

En audition, Hélène est certaine: «C’était une Clio ancien modèle série 1.»«Couleur anthracite», ajoute-t-elle. À la barre, elle précise: «Vu l’éclairage jaunâtre du village, je sais que c’est une couleur foncée, gris foncé ou vert foncé, mais pas clair, en tous cas.»

Le lendemain matin, après le passage des éboueurs, son œil est attiré par une masse noire reposant près des conteneurs. Intriguée, elle s’approche. Trois gros sacs-poubelle, qui portent l’inscription: «Communauté de communes de Villeneuve-sur-Tarn.» Elle les ouvrent: «C’était du papier blanc.»

Le 29 mars 2011, à la découverte du corps de Patricia Bouchon à Villematier, la fille du garagiste fait le lien avec les sacs. Villematier dépend de la commune de Villeneuve-sur-Tarn.

Face à la cour, elle s’agite: «Je l’ai dit aux enquêteurs, je l’ai dit plusieurs fois. Ça n’était jamais arrivé, ces sacs-poubelle, et ça ne s’est jamais reproduit!» Elle soupire: «Je pensais qu’il y aurait des investigations plus poussées.»

Tous les mercredis, le directeur d’enquête de la cellule «Disparition 31» est pourtant envoyé en hélicoptère à Paris pour faire un rapport en conseil des ministres.

L’avocat général souffle: «Les erreurs sont humaines, et seuls ceux qui ne font rien ne risquent rien.» «Je ne blâme pas les gendarmes. Je blâme l’autorité judiciaire», promet-il.

 

Il y a une erreur dans ce texte. Il ne s’agit pas de Villeneuve-sur-Tarn, mais de Villemur-sur-Tarn, commune voisine de Bessières.

Par ailleurs, j’ai bien le souvenir d’avoir vu un « déconnologue » dire qu’il tapait de la sorte sur sa voiture et vais tâcher de retrouver ce passage.

 

https://www.lci.fr/police/paris-delinquance-vol-explosion-du-nombre-de-cambriolages-dans-les-quartiers-aises-en-ile-de-france-2118404.html

Explosion du nombre de cambriolages dans les quartiers aisés en Île-de-France

 

FLÉAU – A Paris et dans ses banlieues attenantes, le nombre de cambriolages a sensiblement augmenté dans les quartiers cossus, selon des chiffres révélés par Le Parisien.
15 avr. 06:26 – La rédaction de LCI

 

Ils visent en priorité les quartiers riches. Selon des chiffres de la police relayés par Le Parisien, les cambrioleurs n’ont pas chômé en 2018 en Ile-de-France. A Paris (du Ier arrondissement au VIIe), les cambriolages ont ainsi augmenté de 40% en un an. Une hausse qui peut notamment s’expliquer par les nombreux travaux de ravalements de façade survenus dans la capitale.

« Les cambrioleurs peuvent se faire passer pour des ouvriers avec leurs outils auprès des riverains, et puis profitent des échafaudages pour grimper dans les étages », explique au quotidien Christophe Soullez, chef de l’observatoire national de la délinquance. Selon lui, les manifestations des Gilets jaunes ayant mobilisé en nombre les forces de l’ordre n’auraient toutefois pas eu d’impact sur la hausse constatée, « même si on ne peut pas l’exclure ».

En définitive, cette explosion des vols par effraction à Paris est la conséquence de la professionnalisation des cambrioleurs. Lesquels « ne perdent pas leur temps en périphérie ou dans les coins pauvres, ils veulent des bijoux et du cash et enchaînent plusieurs logements chaque jour », détaille un commissaire cité par Le Parisien. Pour autant, certains malfrats n’hésitent pas à miser sur les villes attenantes à la capitale, comme Vincennes, Charenton, Les Lilas ou encore Montreuil : « Ces équipes viennent à Paris en journée parce que le champ de prospection est illimité, mais les villes frontalières sont aussi desservies par le métro et de plus en plus denses donc leur fournissent un terrain de jeu similaire », souligne un commissaire.

La rédaction de LCI

Mis à jour : Aujourd’hui à 06:27Créé : Aujourd’hui à 06:26

 

https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/01/2879368-casse-de-bessieres-qui-sont-les-spaggiari-toulousains.html

Casse de Bessières : qui sont les Spaggiari toulousains ?

 

  • image dans Calomnie Le 5 avril 2016, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse interpellent plus d'une dizaine de suspects deux ans après le casse de Bessières. «Vlad» est arrêté à Toulouse, chemin du Moulis.
Le 5 avril 2016, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse interpellent plus d’une dizaine de suspects deux ans après le casse de Bessières. «Vlad» est arrêté à Toulouse, chemin du Moulis. Photo DDM, archives, Thierry Bordas.

 

Publié le 01/10/2018 à 07:08

 

Une équipe ancrée dans la grande délinquance à laquelle se greffent des techniciens du bâtiment, soudeur ou expert en chalumeau. C’est cet attelage atypique qui constitue l’essentiel du commando des égoutiers de Bessières. Une équipe resserrée autour de quatre hommes, dont Pascal Teso, un Tarnais domicilié à Bessières, cette commune qui l’a vu grandir et galoper dans les égouts lorsqu’il était enfant.

Dans son imaginaire, une icône : Albert Spaggiari, figure du grand banditisme et auteur du célèbre casse de Nice en 1976. Dans son entourage on le répète : «Spaggiari c’est extra ce qu’il a fait, c’est pas comme Mesrine, lui c’est un bandit !» Des paroles longtemps gravées et qui finissent par nourrir chez lui le goût du risque et de l’interdit mais aussi l’appât du gain. Installé dans le bâtiment, Pascal Teso sollicite alors un prêt au Crédit Agricole de Bessières. Pour lancer sa carrière, il se dit qu’un coup de pouce chez ceux qui ont le pouvoir de dire «oui», peut l’aider à démarrer. Mais il essuie un cinglant refus de la banque. Une vraie claque. Au même moment, un membre de sa famille lui offre un bouquin sur la vie de Spaggiari. Un cadeau qui va changer son destin.

Dans un snack de Bessières, il retrouve Cédric L., jeune serveur, copain admiratif de Teso. Les deux hommes sont très proches. Cédric L., auquel on reproche d’avoir fait le guet à l’extérieur du tunnel et d’avoir aidé à évacuer quelques gravats et aussi celui qui aurait mis en relation le reste de la bande avec Pascal Teso. Dans une salle de sport, il fréquente Wlodizimiers Janczyszyn, dit «Vlad» le Polonais, autoentrepreneur, spécialisé dans les casses et les cambriolages. Lequel s’est lié avec un ancien taulard d’origine croate, Zoran Panic, ex-légionnaire, dit «La Zoze», connu des services d’enquête pour acheter voitures et téléphones avec de faux papiers. De fil en aiguille, l’équipe reçoit le renfort du Toulousain Dominique Soulage, importateur de chalumeau dans le muretain et connu des services d’enquête pour des vols aggravés. Soulage et «Vlad» le Polonais travaillent en Suisse, à Crans Montana dans un centre de karting sur glace.

D’un côté le savoir-faire technique, de l’autre des experts en casses et vols en tout genre dont les ambitions grandissent un peu plus chaque mois. Une montée en puissance illustrée par le parcours de «Vlad», qui de 2007 à 2011 multiplie les vols de berlines à Toulouse et en Tarn-et-Garonne. En 2007, il se laisse enfermer dans un restaurant Flunch de Toulouse, caché au fond des ballons de jeux pour enfants. «J‘avais remarqué la présence du coffre-fort en allant manger», avait-il déclaré, en avril 2017, devant le tribunal correctionnel lors de son procès. Bien avant le casse de Bessières, «Vlad» avait reconnu un autre projet très audacieux après la lecture d’un livre sur le braqueur Antonio Ferrara. Il avait noté les tournées de convoyeurs de fonds, à Muret, Ramonville et Toulouse, avant d’abandonner son projet jugé trop compliqué. À ses heures perdues, il vend des voitures de luxe à bas prix et consulte des sites paramilitaires. Avant l’attaque de Bessières, «Vlad» a des fourmis dans les jambes et de l’adrénaline à revendre. En prison, il croise la route de Panic «tombé» dans des affaires de vols et d’escroquerie. Un homme extrêmement méfiant, ultra-mobile qui utilise des brouilleurs de téléphone, toujours accompagné de quelques lieutenants assurant sa protection. À leur sortie de prison, la connexion se fait avec le clan Teso. Lorsque le commando est arrêté par les gendarmes de la section de recherches, le 5 avril 2016, au terme de moyens exceptionnels (lire plus bas), «Vlad» nie sa participation au creusement du tunnel. «Il était persuadé que le casse de Bessières n’allait pas marcher. D’ailleurs, il conteste les charges et les éléments de preuve retenus contre lui. Il estime qu’il y a eu beaucoup de trop de raccourcis», précise son avocat, Me Apollinaire Legros-Gimbert qui assure sa défense, avec Me Edouard Martial. L’opération de Bessières réussie, «Vlad», Panic, Soulage et quelques autres lorgnent aussitôt sur une autre banque, à Reims, où le projet d’un autre tunnel et des actes préparatoires étaient en cours. Tout comme l’attaque du dépôt de la Brinks, à Toulouse ou le vol de l’armurerie du PSIG dans une caserne de gendarmerie toulousaine. Des projets auxquels ils devront également répondre devant le tribunal correctionnel.

Frédéric Abéla

 

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/proces-du-casse-de-bessieres-7-ans-de-prison-pour-le-cerveau-et-entre-8-et-10-ans-pour-les-1539355455

Procès du casse de Bessières : 7 ans de prison pour le cerveau et entre 8 et 10 ans pour les principaux accusés

 

vendredi 12 octobre 2018 à 16:44 Par Stéphanie Mora et Laurine Benjebria, France Bleu Occitanie, France Bleu et France Bleu Gironde

Au terme de onze jours d’audience, le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son jugement. Les magistrats ont suivi dans les grandes lignes le réquisitoire du procureur contre les principaux suspects du casse du crédit agricole de Bessières (Haute-Garonne).

 

Le procès du casse de Bessières en Haute-Garonne s'est refermé ce vendredi sur des peines allant de un à 10 ans de prison

Le procès du casse de Bessières en Haute-Garonne s’est refermé ce vendredi sur des peines allant de un à 10 ans de prison © Radio France – Simon Cardona

 

Bessières, France

Ils étaient 11 à être jugés pour ce vol spectaculaire : 110 coffres du Crédit agricole de Bessières fracturés en 2014 en passant par un tunnel de 30m de long. Un butin de 2,5 millions d’€ et une équipe qui n’a cessé de minimiser ses torts.

Mais ce vendredi tous les prévenus ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bordeaux.

Pascal Teso « le cerveau du tunnel » écope de sept ans

Il voulait se venger d’une banque qui lui avait refusé un prêt. Il avait Albert Spaggiari pour modèle et souhaitait être jugé en voleur pas en braqueur.  Pascal Teso, celui qui a eu l’idée du casse, risquait neuf ans de prison selon les réquisitoires du procureur. Les magistrats ont finalement tranché pour sept ans.

« Ce sont des peines sévères par rapport aux faits reprochés à l’ensemble des prévenus. On est en dessous des réquisitions mais c’est dommage que le tribunal n’ait pas complètement entendu Mr Teso quand il demandait à être jugé comme un voleur et pas comme un braqueur. Ce sont des peines lourdes pour un dossier où il n’y a pas d’arme, pas de violence » Me Caroline Marty-Daudibertières.

En revanche les principaux autres protagonistes « Vlad »Janczyszyn, Zoran Panic ou Dominique Soulage sont condamnés respectivement à huit, neuf et 10 ans d’emprisonnement.

Les autres prévenus sont condamnés à des peines allant d’une simple amende à 5 ans de prison ferme en passant par des peines de sursis.  A la sortie de l’ultime audience, les avocats de la défense n’ont pas caché leur déception, ils espéraient que les magistrats prennent en compte les manquements qu’ils avaient pointé pendant le procès.

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https://www.petitbleu.fr/article/2018/10/13/94885-principaux-accuses-ecopent-peine-5-10-ans-prison.html

  • Casse de Bessières : les principaux accusés écopent de peine de 5 à 10 ans de prison

    Casse de Bessières : les principaux accusés écopent de peine de 5 à 10 ans de prison
Publié le 13/10/2018 à 03:54 / Modifié le 13/10/2018 à 09:00

 

Casse de Bessières : les principaux accusés écopent de peine de 5 à 10 ans de prison

 

Les principaux prévenus du «casse des égoutiers» de Bessières (Haute-Garonne) en 2014, une réplique presque parfaite du casse du siècle de Spaggiari à Nice en 1976, ont été condamnés hier à des peines allant de sept à dix ans d’emprisonnement.

Des peines de 9 et 10 ans de prison avaient été demandées à l’encontre des quatre principaux accusés pour ce casse au cours duquel un butin de près de 2,5 millions d’euros avait été dérobé dans une agence Crédit Agricole en creusant un tunnel.

Le cerveau du projet, Pascal Teso, a été condamné à 7 ans de prison alors que 9 avaient été requis. «Les réquisitions étant de neuf ans, il aurait été normal qu’il ne prenne que quatre ou cinq ans, le tribunal n’a fait que la moitié du chemin qu’il devait faire et c’est regrettable», a souligné Me Pierre Le Bonjour, l’avocat de M. Teso.

Pour Me Le Bonjour, son client, fasciné par Albert Spaggiari, et les autres prévenus «paient trop cher» ce casse commis de manière «intelligente et sans violence».

Les quatre autres prévenus comparaissant détenus ont écopé de cinq à dix ans d’emprisonnement. Six autres, qui comparaissaient libres, ont été condamnés à des peines allant de trois ans d’emprisonnement à 120 jours-amendes à 5 euros. Ils sont également condamnés, à titre de réparation de différents préjudices, à payer environ 230 000 euros à la caisse régionale du Crédit Agricole et près de 1,5 million à la société Orange.

Les braqueurs avaient creusé un tunnel sous la banque./AFP

Le Petit Bleu d’Agen

 

Affaire Patricia Bouchon : elle n’est pas terminée

Le verdict de vendredi a permis d’éviter le naufrage total qu’eût été l’acquittement de Laurent Dejean, contre lequel existe un faisceau d’indices, mais aucune preuve.

Sachant qu’il ne peut être l’unique assassin de Patricia Bouchon, toute la bande de cybercriminels et harceleurs du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi étant aussi impliquée dans ce crime, et même, de façon beaucoup plus claire, certaine, il est désormais à craindre que Laurent Dejean ne soit « suicidé » dans sa cellule et que le second procès attendu n’ait ainsi jamais lieu.

De cette manière, il pourrait rester à jamais l’unique assassin de Patricia Bouchon, ce qui n’est pas la vérité, et surtout, s’il est bien impliqué dans ce crime, il se tairait définitivement à propos des faits comme de ses complices, lesquels y ont un intérêt évident.

A l’occasion de ce premier procès ont été publiées pour la première fois de nombreuses précisions que la presse n’avait jusque-là jamais fournies. Il y en a encore avec le verdict (voir ci-dessous). Je les ai commentées régulièrement à l’aune des certitudes qui se dégagent de l’ensemble des faits et des écrits probants dont j’avais communiqué l’essentiel aux enquêteurs au mois d’octobre 2014.

Il y a là matière à réflexion, analyses et débats, lesquels devraient se poursuivre jusqu’à, peut-être, mise à jour de la vérité.

Et les éventuelles réactions violentes ou inappropriées à mes propres publications relatives à cette affaire viendraient aussi, naturellement, les alimenter.

Avec l’annonce du verdict par voie de presse, donc, est encore révélé un détail jusque-là inconnu du public, celui-ci : lors d’un interrogatoire, Laurent Dejean a déclaré aux gendarmes avoir aperçu une tache de sang depuis la route en se rendant à son travail alors même que la scène du crime n’avait pas encore été découverte :

 

Me Baro ainsi rappelé, l’étrange déclaration de Laurent Dejean aux gendarmes, affirmant avoir aperçu une tâche de sang depuis la route en se rendant à son travail alors même que « la scène de crime n’avait pas été découverte ». Autre déclaration troublante, l’accusé avait affirmé qu’il manquait « deux galets » sur la scène de crime, et que ces galets « pouvaient être l’arme du crime ».

 

Cela dit, on a vu aussi un autre individu s’accuser carrément du meurtre puis en être disculpé du fait que son ADN n’était pas l’un de ceux retrouvés sur le corps de la victime.

Attendons donc la suite qui commence à venir avec la série d’Elise Costa dont le troisième épisode a été publié vendredi matin, avant que la cour d’assises de Haute-Garonne n’ait rendu son verdict :

http://www.slate.fr/story/impasse-a-bouloc-proces-laurent-dejean-meurtre-joggeuse-patricia-bouchon-episode-3-enquete

Extraits :

«Le fait de déplacer le corps est un cas de figure peu fréquent. Souvent, la victime est laissée sur place.»

Rapport des officiers de la gendarmerie spécialisés en sciences comportementales

«Pour nous, autant le chemin de l’agression dépend des circonstances et n’a pas été choisi, autant le chemin de la découverte du corps est propre à l’auteur des faits. Il le connaissait», constate Véronique Chaudriller.

C’est quelqu’un du coin.

Le corps de Patricia Bouchon retrouvé, les officiers de la gendarmerie spécialisés en sciences comportementales sont à nouveau saisis pour filer un coup de main dans l’enquête. Leur mission, entre autres, est de «refaire» le crime pour comprendre la motivation et la personnalité de l’auteur.

«Le fait de déplacer le corps demande une certaine intelligence pratique, une capacité à se ressaisir émotionnellement, notent-ils. C’est un cas de figure peu fréquent. Souvent, la victime est laissée sur place.»

D’après eux, le lieu de découverte du corps montre «l’importance pour l’auteur de dissocier son lieu de vie avec la victime». Déplacer la dépouille évite de faire le lien entre le crime et lui, efface les indices et/ou retarde la découverte du corps. La technique permet aussi de cacher la nature du crime.

Quel est le mobile? Les gendarmes classent les pistes selon leur degré de probabilité, jusqu’à n’en privilégier qu’une seule.

La thèse du vol est écartée en raison des conditions spatio-temporelles de l’agression: Patricia Bouchon n’avait pas d’argent sur elle, pas de téléphone, simplement ses clés de maison accrochées à un porte-clés nounours que l’on ne retrouvera jamais –mais un vol de clés impliquerait de toute façon que l’auteur suive sa victime jusqu’à chez elle.

La thèse du règlement de comptes est également laissée de côté: les trois scènes de l’agression dans l’impasse démontrent une certaine difficulté à maîtriser la victime, une escalade de violences «longue sur la distance et brève dans le temps», aboutissant en tout état de cause à un meurtre non intentionnel. «Généralement, quand on prévoit de s’en prendre à quelqu’un, c’est mieux préparé et plus efficace.»

Ne reste qu’une piste: le meurtre à connotation sexuelle.

«On enchaîne les déceptions»

Les hommes des environs inscrits au Fijais, le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles, sont très vite entendus. «Ils seront tous écartés après audition», relate l’enquêtrice Chaudriller.

Les gendarmes examinent les relevés de toutes les personnes ayant retiré de l’argent au distributeur de Bouloc. L’ensemble des activités téléphoniques ayant eu lieu sur le secteur ce matin-là sont analysées: 120 individus sont entendus, leur emploi du temps vérifié et l’ADN des hommes prélevé.

Le personnel du supermarché de Bouloc, les jeunes de l’association communale aidant à la réinsertion professionnelle, les chasseurs, les employés du syndicat intercommunal travaillant au ramassage des déchets et encombrants… Tout le monde est auditionné.

…/…

Les quatre mégots découverts dans l’impasse de l’agression de Patricia Bouchon révèlent le profil de quatre individus différents, de sexe masculin. Aucun n’est répertorié au Fnaeg, le fichier national automatisé des empreintes génétiques.

…/…

«Faites appeler le procureur»

L’enquête s’enlise, la place de Bouloc est vide des médias et de leurs camions à antenne parabolique depuis longtemps. Les portes se referment une à une sans qu’aucune ne s’ouvre.

Il existe pourtant un portrait-robot, celui établi d’après le témoignage du jeune Nicolas Gélis. À quoi bon passer trois heures dans un bureau à dresser le portrait le plus fidèle possible à partir des déclarations du seul témoin oculaire qui ne se manifestera jamais, si c’est pour ne le diffuser qu’en interne? Christian et Carlyne Bouchon ne comprennent pas, ils ne sont pas professionnels. Mais à vrai dire, les professionnels ne comprennent pas non plus.

Officiellement, compte tenu du nombre d’informations à traiter, le procureur a choisi de ne transmettre le portrait-robot qu’aux gendarmeries et aux commissariats. La directrice de l’enquête l’assure: le portrait-robot n’était pas confidentiel, il était diffusé «à toutes nos unités au niveau national».

Affaire Patricia Bouchon : elle n'est pas terminée dans AC ! Brest 000_par7686407Portrait-robot établi grâce au témoignage de Nicolas Gélis | Dépêche du midi / AFP Photo

Entendue huit ans plus tard devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, elle soupirera: «Parfois, les décisions prises font avancer l’enquête et parfois, elles la pénalisent. C’est une décision qui a pénalisé l’enquête. Je ne sais pas pourquoi elle a été prise. Faites appeler le procureur, et il vous répondra.»

Le 13 octobre 2013, deux ans et demi après sa création, le portrait-robot est envoyé à toute la presse.

Moins d’un mois plus tard, le 4 décembre 2013, la gendarmerie de Fronton reçoit un appel anonyme. Quelqu’un pense avoir reconnu l’homme sur le portrait-robot. Il s’appelle Laurent Dejean, et il était propriétaire d’une Clio première génération dont il se serait débarrassé deux ou trois jours après le meurtre.

 

 

https://www.parismatch.com/Actu/Faits-divers/Meurtre-de-Patricia-Bouchon-20-ans-de-prison-pour-Laurent-Dejean-1615749

Meurtre de Patricia Bouchon : 20 ans de prison pour Laurent Dejean

Paris Match | Publié le 29/03/2019 à 16h00

La Rédaction, par AFP
Laurent Dejean

Laurent Dejean a été condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Patricia Bouchon. Manon Billing / AFP

Laurent Dejean a été condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Patricia Bouchon, commis en 2011.

Laurent Dejean, 39 ans, a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Haute-Garonne pour avoir tué Patricia Bouchon, une joggeuse de 49 ans, le jour de la saint-Valentin en 2011.

La cour l’a jugé coupable alors que l’avocat général avait requis jeudi l’acquittement faute de preuves. Souffrant d’une schizophrénie paranoïde selon les termes de l’expert psychiatre, Laurent Dejean s’est vu reconnaître des circonstances atténuantes pour troubles psychiques.

Sa défense a annoncé qu’elle allait immédiatement faire appel. « Nous ne pouvons pas accepter qu’en 2019 on soit condamné sans preuve », l’accusé était « sous ‘cachetons’, il était difficile pour lui de s’exprimer calmement », a affirmé un des avocats, Pierre Dubuisson.

La famille a laissé éclater son soulagement à l’annonce du verdict : « Je sais que c’était difficile pour les jurés (…) mais il a tué Patricia », a réagi le veuf de la victime, Christian Bouchon.

« Ma mère n’est pas morte pour rien, on ne peut que se réjouir, il y avait une grosse crainte d’un acquittement », a lancé leur fille, Carlyne Bouchon. « On se doute qu’il va y avoir appel mais pour le moment on se réjouit de la nouvelle », a-t-elle ajouté.

La veille, au terme de 11 jours de procès, l’avocat général David Sénat avait requis l’acquittement de Laurent Dejean, un aide-plaquiste qui a toujours plaidé son innocence.

« Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut », avait déclaré le magistrat.

« L’intime conviction n’est pas une intime émotion », avait-il aussi lancé, démontant un « dossier vide » et soulignant la « fragilité » du témoignage qui avait conduit à l’interpellation de Laurent Dejean.

Identifié à partir d’un portrait robot

Dès le deuxième jour, la partie civile s’était offusquée de l’attitude du parquet général, la jugeant partisane en faveur de l’accusé : « La partie civile est très blessée, limite outragée », avait clamé Christian Bouchon.

Fin 2017, le même avocat général avait estimé qu’il n’y avait pas dans le dossier de plus de 40 000 pièces, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. La chambre de l’instruction avait finalement tranché en faveur du renvoi devant un jury populaire, qui s’est prononcé après plus de cinq heures de délibéré.

Le 14 février 2011 à Bouloc, près de Toulouse, Patricia Bouchon n’était pas revenue de son jogging matinal. Son corps n’avait été retrouvé qu’un mois et demi plus tard, dissimulé dans une conduite d’eau, le crâne enfoncé.

Cinq jours après la disparition, un témoin s’était présenté aux enquêteurs. Il avait déclaré que quelques secondes après avoir croisé une joggeuse, il avait failli emboutir une Clio stationnée à contre sens, tous feux éteints, dans laquelle se trouvait un homme barbu.

A partir de ce témoignage, un portrait robot du suspect a été réalisé et plusieurs personnes ont affirmé reconnaître Laurent Dejean, dont son ex-compagne.

« Il a fallu que l’on trouve un coupable »

Relevant l’absence d’éléments probants, les avocats Pierre et Guy Dubuisson ont pour leur part dénoncé dans leur plaidoirie la fabrication « d’un coupable idéal » par les enquêteurs.

« A un certain moment, il a fallu que l’on trouve un coupable », a tonné Me Guy Dubuisson.

Le pénaliste toulousain avait de façon appuyée, mis en garde les jurés contre une erreur judiciaire : « Vous ne pouvez pas condamner si vous n’avez pas de certitude ».

De leur côté, les deux avocats de la partie civile, Lena Baro et Stéphane Julliard avaient mis en avant des « éléments convergents » rassemblés par les enquêteurs.

Me Baro ainsi rappelé, l’étrange déclaration de Laurent Dejean aux gendarmes, affirmant avoir aperçu une tâche de sang depuis la route en se rendant à son travail alors même que « la scène de crime n’avait pas été découverte ». Autre déclaration troublante, l’accusé avait affirmé qu’il manquait « deux galets » sur la scène de crime, et que ces galets « pouvaient être l’arme du crime ».

Me Julliard a également plaidé la dangerosité de l’accusé qui consommait du cannabis et de la cocaïne, « accélérateurs de sa maladie » selon lui.

 

 

https://www.ladepeche.fr/2019/03/29/meurtre-de-patricia-bouchon-20-ans-de-reclusion-pour-laurent-dejean,8098976.php

Meurtre de Patricia Bouchon : 20 ans de réclusion pour Laurent Dejean

 

  • Laurent Dejean a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle
Laurent Dejean a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle DDM – NATHALIE SAINT-AFFRE
Publié le 29/03/2019 à 17:26 , mis à jour le 30/03/2019 10:52
l’essentiel
Laurent Dejean, 39 ans, a été condamné ce vendredi à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Patricia Bouchon, une joggeuse tuée à Bouloc, le 14 février 2011.

« J’espère que ma mère est fière de nous ». L’émotion était intense ce vendredi après-midi à l’énoncé du verdict de la cour d’assises de la Haute-Garonne. Après cinq heures de délibérés, Laurent Dejean, 39 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre, le 14 février 2011, de Patricia Bouchon, 49 ans, une mère de famille qui faisait un jogging nocturne à Bouloc, une commune du nord de Toulouse.

Les jurés, une femme et cinq hommes entourés de trois magistrats professionnels, n’ont donc pas suivi les réquisitions de l’avocat général qui leur avait demandé, jeudi, d’acquitter l’accusé « faute de preuves ». Après douze jours d’audience, leur intime conviction a penché vers la culpabilité du plaquiste diagnostiqué schizophrène paranoïde qui clame son innocence depuis sa mise en examen en juin 2014.
À l’énoncé du verdict, Laurent Dejean est resté hébété, il s’est ensuite prostré dans le box des accusés avant de verser quelques larmes.

Huit ans d’instruction

En face, la famille de Patricia Bouchon a poussé un « ouf » de soulagement. Elle connaît désormais le coupable du meurtre atroce de la joggeuse, huit ans après les faits. Des larmes de joie ont coulé pendant de longues minutes d’embrassades sous l’œil des nombreuses caméras. « C’est un grand moment. Je suis heureux pour Patricia », a décrit, la voix tremblante, Christian Bouchon, le mari de la victime. Carlyne, sa fille, a dit sa satisfaction « parce qu’il est reconnu coupable et reconnu malade dans la continuité c’est-à-dire qu’il a l’obligation de se soigner ».

« J’espère qu’il sera soigné, il n’est pas responsable de ses actes », estime lui aussi Christian Bouchon. La famille de Patricia Bouchon, très au fait de la procédure, n’a jamais douté de la culpabilité de Laurent Dejean. Pour elle, il a été pris d’un coup de folie cette nuit-là sur un petit chemin de terre à Bouloc.

« La justice a été rendue », s’est satisfait Christian Bouchon. Et sa fille, Carlyne d’insister : « Je tiens à remercier tous les enquêteurs pour leur travail qui a été bafoué au cours de ce procès. C’est grâce à eux que nous en sommes là aujourd’hui ».

La cour d’assises de la Haute-Garonne a clos ce vendredi huit ans d’une instruction difficile. Le nom de Laurent Dejean était apparu fin 2013, après la publication du portrait-robot du suspect.

La question des preuves

Les langues s’étaient déliées dans le boulocain pour désigner le plaquiste « nerveux, colérique, violent envers le matériel » qui possédait une Clio blanche première génération au moment des faits. Pendant quatre ans et demi, il a nié avoir conduit cette voiture pour l’avouer mardi à l’audience en expliquant qu’il avait menti « parce qu’elle n’avait pas de carte grise et d’assurance. Les gendarmes m’auraient mis une grosse amende ».

La question de la preuve a été au cœur des débats. Pas de témoin, pas d’ADN, pas de voiture, pas d’aveux. Pour autant le faisceau d’indices collectés par les gendarmes de la section de recherches de Toulouse a convaincu les jurés. Le témoin clef dans cette affaire avait croisé la joggeuse puis avait manqué de percuter une Clio arrêtée, tous feux éteints au milieu de la route de Fronton, à la sortie de Bouloc. Il avait pu voir le conducteur et donner une description précise de cet homme au regard fuyant, bonnet noir sur la tête. Quelques minutes plus tard, vers 4 h 35, un couple de riverains du chemin de l’agression avait entendu un cri de femme puis, une dizaine de minutes plus tard, les pleurs d’un homme qui répétait « Excuse-moi, excuse-moi ». Ils avaient cru à une dispute chez leurs voisins.

Frappée à trois reprises

Patricia Bouchon a été frappée à trois reprises au visage avec un objet contondant. Elle a été secouée au niveau du cou au point d’être réduite à l’état de « poupée de chiffon », selon les experts. Devenue paraplégique, elle a agonisé « entre 10 et 15 minutes ». Son meurtrier l’a chargée dans sa voiture et conduite jusqu’à Villematier à 12 km de Bouloc. c’est là qu’il a dissimulé son corps sous un petit pont, dans 40 cm d’eau.
Malgré un dispositif de recherches hors norme mis en place par la gendarmerie, elle n’a été retrouvée que 43 jours plus tard. Un chasseur qui cherchait un chien avait fait la macabre découverte.
Pour élucider cette affaire une cellule spéciale « Disparition 31 » avait été créée autour de 16 enquêteurs de la gendarmerie exclusivement dédiés au meurtre de Patricia Bouchon.
Coupable, Laurent Dejean a rejoint ce vendredi la prison où il se trouve depuis quatre ans et demi déjà. La famille Bouchon, loin de Bouloc, a savouré un verdict attendu depuis des années. Elle promet : « On sera prêts pour l’appel ».

« C’est une erreur judiciaire »

La défense de l’accusé, Laurent Dejean, représentée par Mes Guy et Pierre Debuisson, a annoncé, immédiatement après le verdict, son intention d’interjeter appel de la décision de la cour d’assises de la Haute-Garonne.
« Notre client encourait une peine de réclusion criminelle à hauteur de 30 ans, a rappelé Me Pierre Debuisson. Compte tenu de l’état psychiatrique de Laurent Dejean, il a été diagnostiqué schizophrène paranoïde et est victime d’hallucinations graves, le jury a été négativement influencé. »
Il insiste : « Nous allons interjeter appel de cette décision surprenante. Il n’y a pas la moindre preuve. C’est une erreur judiciaire. Nous ferons tout pour qu’il soit acquitté lors du procès en appel. »
Jeudi, les avocats de la défense avaient demandé l’acquittement de Laurent Dejean, dans un « dossier sans preuves ».

Claire Lagadic

 

 

https://www.liberation.fr/france/2019/03/29/meurtre-de-patricia-bouchon-la-joggeuse-de-bouloc-l-accuse-condamne-a-vingt-ans-de-prison-ferme_1718180

Meurtre de Patricia Bouchon, la «joggeuse de Bouloc» : l’accusé condamné à vingt ans de prison ferme

 

Par Julie Brafman — 29 mars 2019 à 17:47
A la cour d’assises de Haute-Garonne, lors du procès. Photo Pascal Pavani. AFP

 

La cour d’assises de Haute-Garonne, à Toulouse, n’a pas suivi les réquisitions du ministère public qui demandait l’acquittement de Laurent Dejean, et l’a déclaré coupable. Ses avocats vont faire appel.

 

  • Meurtre de Patricia Bouchon, la «joggeuse de Bouloc» : l’accusé condamné à vingt ans de prison ferme

Les jurés de la cour d’assises auront eu quinze jours pour se forger leur intime conviction et pour répondre à cette question : Laurent Dejean a-t-il tué Patricia Bouchon en 2011 ? Cette mère de famille de 49 ans, partie faire un jogging près de Bouloc (Haute-Garonne), n’était plus réapparue. Son corps avait été retrouvé un mois et demi plus tard, dissimulé dans une conduite d’eau, le crâne enfoncé. Durant l’instruction ou dans la salle d’audience, Laurent Dejean, aide-plaquiste, a toujours nié sa responsabilité dans le crime. Il s’est contenté d’un «non merci» lorsque le président lui a proposé de s’exprimer une dernière fois vendredi matin, à la fin de son procès. Après six heures de délibéré, les jurés ont décidé de le condamner à une peine de vingt ans de réclusion criminelle, lui reconnaissant des circonstances atténuantes pour «causes de troubles psychiques». A savoir une schizophrénie paranoïde, selon les termes du psychiatre.

Si ce verdict satisfait les parties civiles – une famille meurtrie, convaincue de la dangerosité de l’homme de 39 ans assis dans le box –, il va à l’encontre des réquisitions de l’avocat général. La veille, le magistrat David Sénat s’est levé pour demander l’acquittement de Laurent Dejean, faute de preuve. Dénonçant, selon l’AFP, un «dossier vide» et soulignant la «fragilité» du témoignage principal qui avait conduit les gendarmes à interpeller l’accusé après l’élaboration d’un portrait-robot, il a prévenu les jurés avec cette jolie formule : «L’intime conviction n’est pas une intime émotion.»

Fin 2017, devant la chambre de l’instruction, il avait déjà estimé que parmi les 40 000 pièces de procédure ne se trouvait aucun élément suffisant pour un renvoi devant les assises. Les magistrats avaient tranché en sens inverse. Contacté par Libération, à la veille de l’ouverture de l’audience, MDebuisson, avocat de la défense ne disait pas autre chose : «Cette affaire repose sur un témoin oculaire qui décrit une scène la nuit dans un village mal éclairé et qui se contredit au fil de ses dépositions. Sans compter que l’ADN de Laurent Dejean n’a jamais été retrouvé sur le corps de Patricia Bouchon alors qu’on sait qu’il s’agit d’une agression extrêmement violente.» Lors de sa plaidoirie, le pénaliste a, lui aussi, voulu mettre en garde les jurés : «Vous ne pouvez pas condamner si vous n’avez pas de certitude !» Il n’a pas été entendu. Dans la foulée du verdict, il a dénoncé «une erreur judiciaire», selon France Bleu, et annoncé son intention de faire appel.

Julie Brafman

 

Assassinat de Patricia Bouchon : il manque le témoignage de Noël Forgeard

L’avocat général David Sénat demande l’acquittement de Laurent Dejean pour défaut de preuves quoiqu’il se dise quasiment certain qu’il est bien l’assassin de Patricia Bouchon.

Selon lui, le dossier de la procédure est vide.

Il ne contiendrait donc pas le dossier assez fourni que j’avais communiqué aux enquêteurs en deux envois au mois d’octobre 2014, lequel montrait sans l’ombre d’un doute comment et pourquoi le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait fait assassiner Patricia Bouchon le 14 février 2011 par un individu qui peu de temps après les faits était venu participer aux « discussions » de ses amis et complices « déconnologues » sur leur blog, sous le pseudonyme de « Marcelduchamp ». Ce dernier s’amusait autant que les autres du caractère « surréaliste » de son crime.

Qu’ils soient tous auteurs et/ou complices de l’assassinat de Patricia Bouchon le 14 février 2011 à Bouloc est une certitude absolue.

Il ne restait qu’à les identifier, interroger, perquisitionner, etc… et verser au dossier de la procédure les preuves formelles qui auraient été immanquablement retrouvées.

Cependant, cela n’a jamais été fait, probablement en raison de la CORRUPTION des magistrats brestois qui ont toujours protégé ces assassins et avaient déjà décidé de les blanchir totalement de tous leurs crimes et délits contre mes proches et moi-même, lesquels s’étendaient aussi depuis plusieurs années à tous les témoins de ces faits et comprenaient jusqu’à des actes terroristes, l’ensemble de ces crimes étant marqué par une escalade indéniable dans l’horreur : le 14 février 2011, on étrangle, trois semaines plus tard, on pend, en mars 2012, on tire sur des militaires en civil et des enfants, le 24 janvier 2013, on égorge, et en 2014, on en est déjà à décapiter à la chaîne des otages tout en préparant les tueries de masse à la mitraillette qui vont débuter en 2015…

Je suppose donc que ces magistrats ultra CORROMPUS, qui étaient déjà les auteurs de plusieurs faux criminels destinés à me discréditer totalement et permettre aux cybercriminels de la bande du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi de poursuivre leur travail de recherche et d’identification de tous les témoins de ma vraie vie afin de les éliminer pour que sa publication ultérieure de ma soi-disant « biographie » soit un succès total, ont dissuadé les enquêteurs de Toulouse de procéder à la moindre vérification utile comme ils ont aussi toujours dissuadé mes avocats de me défendre sérieusement contre les harcèlements, campagnes de calomnies et viols quotidiens de leurs protégés.

En conséquence, hormis ses complices, personne ne peut dire aujourd’hui quelle est l’identité véritable de « Marcelduchamp », assassin de Patricia Bouchon. S’agit-il, oui ou non, de Laurent Dejean ?

Avec un peu de bonne volonté, il serait encore possible de se donner les moyens de répondre à cette question, pour peu que mon témoignage gagne en force et que je retrouve suffisamment de crédibilité pour convaincre de l’intérêt d’enquêter sur le malade mental Pascal Edouard Cyprien Luraghi et sa bande de cybercriminels dits « déconnologues ».

D’une part, j’appelle donc à témoigner contre eux tous ceux qui savent aussi bien que moi qu’ils sont effectivement un groupe de cybercriminels constitué en 2008 autour d’une cellule de riverains du site Rue89 à seule fin de harceler sur la toile quantité d’internautes anonymes ou non, qu’ils ont sévi ensemble sur les sites Rue89 et Le Post et de nombreux autres sites, violent l’intimité de la vie privée de leurs cibles par divers moyens frauduleux, les calomnient et les menacent de mort, pouvant aussi organiser contre elles des agressions physiques.

Et d’autre part, je fournis les précisions suivantes sur mon passé professionnel, que connaissent parfaitement bien les magistrats brestois et leurs complices de la LCR ou du NPA de Brest, quoique les uns et les autres accréditent systématiquement toutes les inventions calomnieuses et affabulations délirantes de mes harceleurs à mon encontre ou qu’ils en soient eux-mêmes les auteurs : ayant travaillé plusieurs années comme ingénieur d’études en informatique sur des projets importants, dont des projets classés Secret Défense et Confidentiel Défense, je précise avoir travaillé pour le dernier d’entre eux, en 1993 et 1994, dans une société dirigée par M. Noël Forgeard. C’est donc lui qui à la mi-septembre 1994 s’était trouvé dans l’obligation de rendre des comptes aux autorités militaires sur la manière dont j’étais traitée dans sa société, où j’étais quotidiennement harcelée depuis quasiment un an par des proxénètes et trafiquants d’armes infiltrés sur le projet auquel je participais, pour la Défense nationale. Les négociations du contrat Agosta s’en trouvèrent sitôt terminées et mes harceleurs, qui avaient déjà connu quelques ennuis avec la DST au cours du printemps 1994, furent virés de leurs postes avec pertes et fracas peu de temps plus tard. Leur complice Josette Brenterch de la LCR de Brest ne l’a jamais pardonné à personne, et les magistrats ultra CORROMPUS du TGI de Brest non plus.

Que M. Forgeard accepte ou non de témoigner de la réalité de mon passé professionnel et du harcèlement moral en entreprise (et plus) dont il sait que j’ai effectivement été victime importe peu : sachant que je ne manque pas d’éléments de preuves à ce sujet, que bien évidemment je me refuse à communiquer aux cybercriminels de la bande du malade mental Pascal Edouard Cyprien Luraghi, que cela ne concerne en rien, il ne me contredira jamais et cela devrait suffire à prouver à quel point je suis calomniée par les magistrats brestois dans les faux criminels qu’ils produisent à mon sujet.

Ce témoignage-là peut-il convaincre de l’intérêt d’enquêter sérieusement sur leurs protégés les cybercriminels de la bande de Cyprien Luraghi ?

Une simple perquisition chez ce malade permettrait à n’en pas douter de résoudre quantité d’affaires criminelles, dont l’assassinat de Patricia Bouchon le 14 février 2011 à Bouloc.

Plus personne ne viendrait alors proposer de cachetonner à mort le présumé coupable Laurent Dejean, bien plus probablement pour l’empêcher de livrer ses complices que pour réduire et prévenir sa dangerosité.

S’il est assez dangereux pour avoir commis le crime dont il est accusé sans qu’une maladie mentale n’en soit la cause, comme l’affirme l’expert psychiatre, alors sa place est en prison.

Quant à l’éventuelle erreur judiciaire, elle n’est pas irrémédiable en première instance.

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/toulouse-proces-de-l-affaire-patricia-bouchon-l-avocat-general-requiert-1553767175

Toulouse – Procès de l’affaire Patricia Bouchon : l’avocat général requiert l’acquittement

 

jeudi 28 mars 2019 à 12:42 Par Stéphanie Mora et Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Depuis le 14 mars 2019, la cour d’assises de Haute-Garonne juge Laurent Dejean. Un ancien plaquiste de Bouloc (nord Haute-Garonne) poursuivi pour homicide volontaire de Patricia Bouchon. Cette habitante de Bouloc également tuée alors qu’elle faisait son jogging le 14 février 2011.

 

Dernier jour d'audience avant le verdict dans ce procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de la joggeuse de Bouloc.

Dernier jour d’audience avant le verdict dans ce procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de la joggeuse de Bouloc. © Radio France – Vanessa Marguet

 

Toulouse, France

Ce jeudi est consacré aux plaidoiries des avocats et au réquisitoire de l’avocat général. Ce dernier dans une prise de parole qui a duré environ deux heures a requis l’acquittement de Laurent Dejean.

 

Assassinat de Patricia Bouchon : il manque le témoignage de Noël Forgeard dans AC ! Brest R0zB2X_5_normal

France Bleu Occitanie @bleuoccitanie

Affaire Patricia Bouchon à la Cour d’assises 31 à : l’avocat général requiert l’acquittement de l’accusé Laurent Dejean, faute de preuves suffisantes.

Voir les autres Tweets de France Bleu Occitanie

 

L’attitude de l’avocat général avait été très critiquée par la partie civile au début du procès. Christian Bouchon, le mari et sa fille Carlyne jugeaient ses interventions trop « favorables » à l’accusé. Ce matin David Sénat a précisé sa position :

« Personnellement je suis quasiment certain que c’est lui l’assassin mais il me manque la preuve ultime (…) La justice doit se départir de toute approche passionnelle. L’avocat général doit dire ce qui est juste.  » L’avocat général au procès de l’affaire Patricia Bouchon.

Le magistrat du parquet a aussi déploré une « succession d’erreurs » au début de l’enquête, « dans les deux ou trois premières semaines ». Puis il a démonté point par point les éléments à charge contre Laurent Dejean.

Les avocats de la famille Bouchon demandent « justice pour Patricia »

Les avocats de la partie civile en début d’audience se sont attachés à remettre la victime au coeur des débats.

Me Léna Baro a souligné :  » Elle aurait eu 58 ans. Elle aurait mis quelques cheveux blancs, quelques rides. Mais elle n’aurait pas perdu son sourire » et l’avocate de Carlyne Bouchon Sandra Damiano (la fille et la soeur de la victime) de poursuivre « Ce dossier n’est pas vide. Tous les éléments convergent vers une seule personne : Laurent Dejean », L’avocate martèle : « il y a peu de doutes » et Me Baro égrène :  la Clio blanche, le portrait robot très ressemblant établi par le témoin clé, la buse où le corps a été retrouvé et que peu de gens connaissaient, mais Laurent Dejean oui…

Me Stéphane Juillard, l’avocat de Christian Bouchon enchaîne et insiste sur la souffrance et le traumatisme de la famille : « Patricia ce n’est pas qu’une joggeuse ». Il évoque aussi la personnalité de l’accusé, sa schizophrénie, sa décompensation.

 » Ce garçon là, sans le cannabis il n’aurait pas déclenché cette schizophrénie et il ne serait pas là aujourd’hui à se justifier (…) il est dans le déni et le restera (…) la famille de Patricia Bouchon est sans haine ni vengeance » Me Stéphane Julliard

Me Juillard lit un poème écrit par Carlyne, un texte qui résume ce que sa maman aurait pu écrire « de là-haut » : « continue à vivre intensément chaque seconde. Continuez à être fier de ce que vous êtes ». L’avocat conclut en demandant aux jurés : « faites justice pour Patricia ! »

Le verdict sera rendu demain.

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Meurtre de Patricia Bouchon, la joggeuse de Bouloc : l’acquittement requis pour l’accusé

 

  • Le procès se tient à Toulouse.
Le procès se tient à Toulouse. DDM-MICHEL VIALA
Publié le 28/03/2019 à 12:55 , mis à jour à 14:02
l’essentielLaurent Dejean, accusé du meurtre de la joggeuse de Bouloc, au nord de Toulouse, en février 2011, est jugé depuis le 14 mars devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. L’avocat général a requis l’acquittement ce jeudi matin.

Au terme de plus de deux heures de réquisitions, l’avocat général David Sénat a demandé ce jeudi midi aux jurés de la cour d’assises de la Haute Garonne d’acquitter Laurent Dejean, 39 ans, accusé du meurtre de Patricia Bouchon, tuée le 14 février 2011 alors qu’elle faisait son jogging à Bouloc, au nord de Toulouse.

« Je ne sais pas, a-t-il exprimé.Les débats ne m’ont convaincu de rien. Ni de son innocence, ni de sa culpabilité ». Tout au long de ses réquisitions , il s’est attaché à démontrer qu’il n’existait aucune preuve dans le dossier, mais uniquement des hypothèses.

L’avocat général a pointé les « évolutions » des déclarations du témoin clé qui avait permis d’établir le portrait-robot. « Sans ce témoignage il n’y a quasiment rien dans ce dossier. Le sens de ses déclarations va dans le sens de l’identification de Laurent Dejean alors que Laurent Dejean est devenu la dernière hypothèse ». Clio grise, claire, anthracite, blanche… « ce témoignage a évolué ». Il concède : « Aujourd’hui, la possibilité qu’il soit l’auteur des faits demeure. Il est possible qu’il soit coupable mais les preuves font défaut ».

Pour l’avocat général , « le risque de l’erreur judiciaire je ne le prendrai pas et je ne prendrai pas le risque de vous le faire prendre. Les preuves de la culpabilité n’ont pas été rapportées pour le condamner. Vous devez répondre négativement à la question de la culpabilité de Laurent Dejean en l’acquittant. » Dans son requisitoire, l’avocat général a pour autant exclu, au regard du profil psychiatrique de Laurent Dejean, qu’il ressorte de la prison pour regagner la vie courante. « Il doit faire l’objet d’un suivi. Il relève de soins sans consentement (NDLR, hospitalisation d’office), c’est évident ».

« Ça fait quatre ans que je suis en prison pour rien »

Depuis la fin de l’enquête et tout au long du procès, les preuves ont manqué pour affirmer la culpabilité de Laurent Dejean. Dans une interview donnée à La Dépêche du Midi avant l’ouverture du procès, les avocats de l’accusé Mes Guy et Pierre Dubuisson rappelaient que « l’avocat général avait fini par conclure l’instruction en disant qu’à son sens il n’y a pas assez de preuves pour renvoyer Laurent Dejean devant la cour d’assises ».

Pour la défense, « Il y a des centaines de pages dans la procédure mais aucune preuve. Le portrait-robot a été fait dans des conditions particulières ».

Lors de l’ouverture du procès, Laurent Dejean s’était exprimé : « Je pense que c’est un procès un peu sensible. J’aurais aimé avoir un non-lieu. Ça fait quatre ans que je suis en prison pour rien ».

La joggeuse Patricia Bouchon avait disparu le jour de la Saint-Valentin 2011. Partie courir à 4h30 du matin, autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse, la mère de famille de 49 ans, secrétaire dans un cabinet d’avocats toulousains, n’était jamais revenue. Son corps avait été retrouvé un mois et demi plus tard, les vertèbres et le crâne enfoncés, le 29 mars 2011, à Villematier non loin du lui de sa disparition.

La diffusion d’un portrait-robot en octobre 2013, avait conduit les enquêteurs sur la piste de Laurent Denjean.

Claire Lagadic

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/meurtre-de-la-joggeuse-patricia-bouchon-acquittement-requis-faute-de-preuve-28-03-2019-8041524.php

Meurtre de la joggeuse Patricia Bouchon : acquittement requis faute de preuve

 

>Faits divers|Le Parisien avec AFP| 28 mars 2019, 13h03 | MAJ : 28 mars 2019, 13h22 |2
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Carlyne et Christian Bouchon, fille et époux de Patricia Bouchon, le 14 mars lors du procès à Toulouse. AFP/Pascal Pavani

 

Patricia Bouchon avait été tuée un matin de février 2011 à Bouloc, au nord de Toulouse.

 

L’avocat général de la cour d’assises de Haute-Garonne a requis jeudi l’acquittement de Laurent Dejean, jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon en 2011 à Bouloc, près de Toulouse.

« Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut », a expliqué David Sénat. Reprenant une citation de Stefan Zweig, le procureur général a affirmé en préambule être « personnellement quasiment certain que c’est lui l’assassin mais il me manque la preuve ultime ».

« L’intime conviction n’est pas une intime émotion », a encore affirmé le magistrat, démontant méticuleusement un « dossier vide » et soulignant la « fragilité » du témoignage qui avait conduit les enquêteurs à interpeller Laurent Dejean. Exprimant ainsi ses « doutes » sur la culpabilité de l’accusé, il a donc demandé son acquittement.

LIRE AUSSI >Meurtre de Patricia Bouchon : les « bizarreries » de l’accusé

« On n’est pas surpris, on s’en doutait. On ne peut pas nier qu’il n’y ait pas de preuves évidentes de la culpabilité de Laurent Dejean mais on ne peut pas nier que tous les indices mènent à lui », a indiqué à la presse Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

« J’espère que les jurés ne seront pas dupes et comprendront que Laurent Dejean est une personne dangereuse », a-t-elle ajouté.

La disparition de Patricia Bouchon, le jour de la Saint-Valentin 2011, avait été signalée par son mari, inquiet de ne pas la voir revenir de son jogging quotidien au petit matin.

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Une photo non-datée de Patricia Bouchon/DR

Le corps de la mère de famille de 49 ans n’avait été retrouvé qu’un mois et demi plus tard dissimulé dans une conduite d’eau, le crâne enfoncé.

Fin 2017, l’avocat général de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Toulouse avait estimé qu’il n’y avait pas, dans le dossier de plus de 40 000 pièces, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises.

Ce premier réquisitoire avait cependant été ensuite infirmé par la chambre de l’instruction qui avait tranché en faveur du renvoi devant un jury populaire.

Depuis son interpellation quatre ans après les faits, Laurent Dejean un ouvrier plaquiste aujourd’hui âgé de 39 ans, schizophrène et placé sous curatelle, a constamment clamé son innocence. Jeudi après-midi le procès doit se poursuivre par la plaidoirie de la défense. Le verdict est attendu vendredi.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/28/01016-20190328ARTFIG00054-meurtre-de-patricia-bouchon-le-procureur-requiert-l-acquittement-faute-de-preuve.php

Meurtre de Patricia Bouchon: le procureur requiert l’acquittement faute de preuve

 

Huit ans après la découverte du corps de la mère de famille dans un village près de Toulouse, la cour d’assises doit rendre son verdict concernant le principal suspect, Laurent Dejean, vendredi. Lors du procès, un expert psychiatrique a jugé que ce dernier, qui a toujours nié les faits, était atteint de «schizophrénie».

L’avocat général de la cour d’assises de Haute-Garonne a requis ce jeudi l’acquittement de Laurent Dejean, jugé pour le meurtre de la joggeuse Patricia Bouchon en 2011 à Bouloc, près de Toulouse. «Il est possible que Laurent Dejean soit coupable mais les preuves font défaut», a expliqué David Sénat, avant de demander l’acquittement de l’accusé. «L’intime conviction n’est pas une intime émotion», a affirmé le magistrat, démontant méticuleusement un «dossier vide» et soulignant la «fragilité» du témoignage qui avait conduit les enquêteurs à interpeller Laurent Dejean.

» LIRE AUSSI – Toulouse: ouverture du procès du meurtre de Patricia Bouchon

Le procès s’est ouvert jeudi 14 mars à la cour d’assises de Toulouse. Cette dernière doit rendre son verdict vendredi, huit ans après la découverte du corps de Patricia Bouchon, le 29 mars 2011 à Villematier (Haute-Garonne). La fille de la victime espère que «les jurés ne seront pas dupes et comprendront que Laurent Dejean est une personne dangereuse. On n’est pas surpris [par cette réquisition]. On ne peut pas nier qu’il n’y ait pas de preuves évidentes de la culpabilité de Laurent Dejean mais on ne peut pas nier que tous les indices mènent à lui».

Le 14 février 2011, la mère de famille de 49 ans sort faire son jogging avant de se rendre à son travail, dans un cabinet d’avocats toulousain. Mais ce matin-là, elle ne revient pas au domicile familial. Son mari, Christian, entreprend d’abord de la retrouver, puis donne l’alerte. Les enquêteurs retrouvent du sang, un chouchou et une boucle d’oreille lui appartenant. Le 29 mars, un chasseur découvre son corps dans une canalisation à Villematier, un village situé à une douzaine de kilomètres de son domicile de Bouloc. Ses vertèbres sont brisées, son crâne est enfoncé et son gant a été enfoncé à l’intérieur de la gorge. Les soupçons se portent vers Laurent Dejean, un ancien plaquiste. Il est placé en garde à vue en février 2014. Un témoin a rapporté avoir vu une clio de couleur claire similaire à celle du suspect dans les alentours et a pu suffisamment le décrire pour établir un portrait-robot.

Me Guy Debuisson, le conseil de Laurent Dejean, nie les faits. «De l’ADN a bien été retrouvé sur le corps, mais ce n’est pas celui de Laurent Dejean», assure-t-il. Son client est tout de même mis en examen pour «homicide volontaire» et placé en détention provisoire. Ses demandes de remises en liberté ont toujours été refusées.

Un accusé «schizophrène»

Bien que le ministère public ait toujours trouvé les éléments contre le suspect insuffisants, la chambre d’instruction a décidé de le renvoyer devant la justice. Lors du procès, l’expert psychiatre a brossé le portrait d’un accusé souffrant de «schizophrénie paranoïde» probablement accentuée par la prise de stupéfiants, cannabis et cocaïne sans donner toutefois d’éléments confortant l’accusation. «(Au moment des faits) il n’est pas dans un registre pathologique. S’il a fait quelque chose, il n’y a pas d’abolition du discernement», a tranché mercredi après-midi cet expert psychiatrique qui s’exprimait en visioconférence, affirmant ainsi que Laurent Dejean était pénalement responsable.

» LIRE AUSSI – Meurtre de Patricia Bouchon: l’obscur profil du principal suspect

«Selon l’une de ses sœurs, il était d’un caractère colérique», a rapporté un enquêteur de personnalité, détaillant, après la mort de son père, les rapports violents de Laurent Dejean avec sa mère.«Sa maman en avait peur», a confirmé l’expert psychiatre expliquant que celle-ci avait finalement décidé de lui demander de prendre un appartement seul.

Le suspect, quant à lui, a toujours nié les faits qui lui sont reprochés. «Ça fait quatre ans que je suis enfermé (en prison NDLR), mais je suis innocent», a dit l’accusé, fidèle à ses déclarations au premier jour des débats. «J’ai été choqué par la mort de Patricia Bouchon», a affirmé Laurent Dejean, qui a tout de même reconnu pendant l’instruction avoir vu la victime une ou deux fois.

Le figaro.fr
AFP agence

 

Procès de Laurent Dejean à Toulouse : un accusé à la limite de l’aveu

Ce matin, les questions serrées du président n’ont pas déstabilisé Laurent Dejean qui n’a semble-t-il rien livré de nouveau.

Jusqu’à ce moment particulier :

 

Laurent Dejean avait-il l’habitude de se promener la nuit ? Plusieurs témoins le disent. « Pas quand je travaillais, monsieur le président. Je ne suis pas du matin, j’ai du mal à me réveiller. Je ne me promenais pas la nuit, seul« .
« Vous n’êtes pas un coucou régulier, non plus, monsieur Dejean« , rétorque le président.
Du tac au tac, l’accusé lui répond : »Je ne suis pas un criminel, monsieur le jugeAbsence de preuves et vice de forme : c’est dramatique, cette cour d’assises« .

 

Jean-Marc Donnadieu aussi, le mot « coucou » lui fait de l’effet :

 

Procès de Laurent Dejean à Toulouse : un accusé à la limite de l'aveu dans AC ! Brest
 dans Corruption

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attention, chats méchants !!!

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https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-laurent-dejean-confronte-ses-incoherences-1645528.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : Laurent Dejean confronté à ses incohérences

 

Laurent Dejean, au moment de son interpellation.
Laurent Dejean, au moment de son interpellation.

 

Mercredi 27 mars 2019, 10ème jour du procès devant la cour d’assises de Haute-Garonne de Laurent Dejean, l’accusé est de plus en plus poussé dans ses retranchements. Mensonges, versions diverses et variées, incohérences : chaque élément du dossier est à nouveau passé au crible.

Par Marie Martin Publié le 27/03/2019 à 12:34 Mis à jour le 27/03/2019 à 13:47

Le président l’annonce d’emblée, à l’ouverture de l’audience : il souhaite revenir longuement sur des questions évoquées la veille. Et notamment la Clio blanche de Laurent Dejean.Sitôt passée l’audition de l’enquêteur de personnalité auprès du tribunal de grande instance de Toulouse, de laquelle on n’a rien appris de nouveau sur l’accusé, le président interroge à nouveau Laurent Dejean. Et il a de nombreuses questions.Il revient tout d’abord sur le témoignage-clé de Nicolas Gelis, qui aperçoit, le 14 février 2011, Patricia Bouchon qui court sur la route de Fronton puis croise une Clio blanche première génération, à l’arrêt, feux éteints et débordant sur la ligne blanche. Et la question est on ne peut plus claire : « Est-ce que c’était la vôtre, monsieur Dejean ? »
« Non« , répond l’accusé. « Je n’ai jamais eu de Clio grise« .
« Est-ce que c’était vous, ce jour-là, monsieur Dejean ? »
« Mais non ! Ce n’est pas moi, monsieur le juge. Le jour des faits, je dormais. Je me levais à 6 heures« .

Mais les dénégations ne suffisent plus, ce mercredi 27 mars 2019. Le président insiste. Cette Clio ressemble beaucoup à celle que possédait Laurent Dejean et que décrivent ses proches.
Idem pour le portrait-robot.

Laurent Dejean avait-il l’habitude de se promener la nuit ? Plusieurs témoins le disent. « Pas quand je travaillais, monsieur le président. Je ne suis pas du matin, j’ai du mal à me réveiller. Je ne me promenais pas la nuit, seul« .
« Vous n’êtes pas un coucou régulier, non plus, monsieur Dejean« , rétorque le président.
Du tac au tac, l’accusé lui répond : »Je ne suis pas un criminel, monsieur le jugeAbsence de preuves et vice de forme : c’est dramatique, cette cour d’assises« .

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-expertise-psychiatrique-laurent-dejean-1645692.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : l’expertise psychiatrique de Laurent Dejean

 

L'entrée de la salle d'audience de la cour d'assises de Toulouse. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie
L’entrée de la salle d’audience de la cour d’assises de Toulouse. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie

 

Mercredi 27 mars 2019, les psychiatres qui ont examiné ou expertisé Laurent Dejean sont venus expliquer aux jurés de quelle pathologie souffrait Laurent Dejean, jugé par la cour d’assises de Haute-Garonne depuis le 14 mars pour le meurtre de la joggeuse de Bouloc, Patricia Bouchon.

Par Marie Martin Publié le 27/03/2019 à 17:34 Mis à jour le 27/03/2019 à 17:42

L’enfance de Laurent Dejean a été, selon ses propres termes, heureuse et aimante. Mais la mort de son père, alors que lui est âgé de 17 ans, marque le début des premiers troubles.
Il était le dernier d’une fratrie de trois, le seul garçon, et la relation avec le père semble avoir été privilégiée. Son père cédait à ses caprices, raconte le docteur Robert Franck, le psychiatre qui l’a rencontré deux fois à la prison de Seysses, près de Toulouse.

Mais sa mère, elle, ne cède pas et refuse d’accéder aux demandes de son fils, financières surtout. La frustration provoque des colères chez Laurent Dejean qui s’en prend verbalement à sa mère.

Il est en échec scolaire, a arrêté plusieurs formations et peine à trouver son indépendance. Lui décrit des relations familiales harmonieuses mais sa mère ne supporte plus ses crises et fait intervenir la mairie et les services sociaux pour lui trouver un logement.
Selon le psychiatre, Laurent Dejean idéalise les relations et les souvenirs, non par déni mais dans l’intention de se présenter sous un bon jour. Et cette attitude semble prouver que la pathologie n’était pas sévère.

Quand s’est-elle aggravée ? Des amis évoquent l’après-rupture avec sa petite amie,  ses collègues et voisins font état de crises et de « pétages de plomb » à partir de 2009. Sa famille, elle, retient l’année 2011.

C’est là que des troubles de la persécution émergent : Laurent Dejean entend des voix. Neuf jours après la disparition de Patricia Bouchon, un ami s’en inquiète et l’emmène chez une médecin-psychiatre libérale. Elle lui prescrit un arrêt de travail d’un mois et des médicaments type anxiolytique et antidépresseurs.
Plus tard, lors d’hospitalisation voire d’internement contraint, des élements de persécution et d’hallucination sont évoqués dans le dossier médical consulté par le docteur Franck.

Les traitements stabilisent l’état de santé de Laurent Dejean mais problème, il continue à être un gros consommateur de cannabis, dont on sait qu’il influe sur la psychose, en compliquant l’efficacité des traitements et en majorant les phénomènes hallucinatoires. « Sans cannabis, il serait peut-être resté « border line », c’est-à-dire à la frontière de la folie mais pas schizophrène« .

L’accusé a connu plusieurs épisodes de décompensation : « la réalité devient insupportable« , explique Robert Franck. « on invente  quelque chose pour y échapper, pour changer cette réalité« . Des voix, en l’occurrence…

Y a-t-il eu des signes précurseurs du délire schizophrénique qui le touche en 2011 et 2012 ? Au moment des faits, « il a peut-être déjà des troubles mais qui n’abolissent pas son discernement puisqu’il va travailler« , poursuit l’expert-psychiatre. Tout au plus une « altération » de ce discernement.

Jeudi 28 mars, 11ème jour du procès de Laurent Dejean, l’audience sera consacrée aux plaidoiries.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/meurtre-de-patricia-bouchon-les-bizarreries-de-l-accuse-27-03-2019-8041239.php

Meurtre de Patricia Bouchon : les «bizarreries» de l’accusé

 

>Faits divers|Armelle Parion, notre correspondante à Toulouse (Haute-Garonne)| 27 mars 2019, 21h50 | MAJ : 27 mars 2019, 21h53 |0
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Laurent Dejean nie toujours avoir tué Patricia Bouchon le 14 février 2011 à Bouloc. AFP/Manon Billing

 

Devant la cour d’assises de Toulouse, les experts ont détaillé la personnalité trouble de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon, tuée à Bouloc, le 14 février 2011.

 

Une personnalité fragile. Capable de passer à l’acte. Voilà la description faites par les experts psychiatres de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon, à Bouloc, le 14 février 2011. Un meurtre qu’il nie depuis le début de son procès devant la cour d’assises de Haute-Garonne à Toulouse.

Les experts détaillent : Laurent Dejean a été « très affecté par la mort de son père, alors qu’il avait 17 ans ». Sa scolarité est laborieuse et il ne mènera à bout ni son CAP de plâtrier, ni ses apprentissages de boulanger et de miroitier. Il décroche un emploi de plaquiste en 2010, mais démissionne en juillet 2011, car il n’est « pas bien dans sa tête ». Depuis, il n’a plus eu d’activité, a été placé sous curatelle et touche l’allocation pour adultes handicapés.

Un homme colérique et jaloux

Le Centre communal d’action sociale est intervenu à plusieurs reprises pour suggérer à Laurent Dejean de quitter l’appartement de sa mère, qui se plaint de son comportement violent. Sa seule relation amoureuse sérieuse, de 2004 à 2006, avec une certaine Natacha, révèle une personnalité colérique et jalouse. Elle le quitte après qu’il a levé la main sur elle. Lors d’un épisode délirant, en 2012, qui aura pour conséquence son hospitalisation d’office, Laurent Dejean a crevé deux fois les pneus d’une voisine, qu’il accuse de lui avoir jeté un sort vaudou.

L’expertise psychiatrique montre que le jeune homme, hospitalisé à plusieurs reprises, souffre de schizophrénie paranoïde. Mais selon les experts, rien ne prouve que sa psychose était active au moment des faits qui lui sont reprochés.

Quelques jours après le meurtre de Patricia Bouchon, il se rend chez une psychiatre, lui confie son sentiment d’être persécuté au travail, et sera arrêté un mois. « Je n’ai pas d’argument pour dire que son trouble mental l’a amené à commettre ce crime. S’il l’a fait, ce n’était pas parce que son discernement était aboli. Mais il n’a pas toujours eu tout son discernement », a expliqué le psychiatre Roger Franc. Le psychologue Alain Penin relève pour sa part des « bizarreries comportementales » chez l’accusé, depuis ses quinze ans, âge auquel il a commencé à consommer régulièrement du cannabis et autres psychotropes.

Curieuses déclarations en garde à vue

Après avoir enfin reconnu mardi qu’il possédait bien à l’époque des faits une Clio blanche, une voiture décrite par un témoin la nuit des faits, Laurent Dejean a nié farouchement mercredi être le conducteur croisé par le livreur Nicolas Gélis cette nuit-là. Il a reconnu qu’il portait un bonnet, comme sur le portrait-robot établi, et avoir parfois transporté du matériel dans son véhicule, confirmant un élément donné par le témoin clé et corroboré par neuf autres témoins

Confus dans ses explications, Laurent Dejean nie aussi connaître la buse dans lequel le corps de Patricia Bouchon a été dissimulé et retrouvé seulement plus d’un mois après. Autre élément troublant pointé par Me Lena Baro, avocate de la famille Bouchon : l’accusé a déclaré lors de sa garde à vue en 2014, avoir remarqué en passant sur la route départementale surplombant le chemin de terre, où a eu lieu le meurtre, qu’il manquait deux cailloux de Garonne. « Je ne sais pas qui a enlevé ce caillou, mais il aurait pu être une arme, donc j’ai avoué », se justifie Laurent Dejean, tout en martelant toujours son innocence. Déstabilisant.

Le réquisitoire est désormais très attendu ce jeudi.

 

Assassinat de Patricia Bouchon : des mégots sur la scène du crime…

Une chroniqueuse judiciaire a débuté le 25 mars 2019 une « série » intéressante sur l’affaire de cet assassinat, à lire ici :

http://www.slate.fr/story/impasse-a-bouloc-proces-laurent-dejean-meurtre-joggeuse-patricia-bouchon-episode-1

On y trouve des tas de détails qu’aucun autre journaliste n’a jamais rapporté.

Le second épisode a été publié ce matin, ici :

http://www.slate.fr/story/impasse-a-bouloc-proces-laurent-dejean-meurtre-joggeuse-patricia-bouchon-episode-2-temoignages

Il s’agit des premiers témoignages recueillis par les enquêteurs et des découvertes faites dans l’impasse.

Voir extraits ci-dessous.

On y apprend notamment que le lundi 14 février 2011, la camionnette du maraîcher, un véhicule volé, a brûlé vers 4h45 sur la route de Fronton à 100 m du domicile de Patricia Bouchon, qu’un témoin a aperçu le même jour vers 5h20 dans l’impasse où a eu lieu l’agression un véhicule sombre et volumineux à l’arrêt, plafonnier allumé, portière du conducteur ouverte, et à l’intérieur quelqu’un d’imposant, et enfin, que quatre mégots de cigarette ont été retrouvés au bout du chemin, avec une boucle d’oreille de Patricia Bouchon et les plus grandes quantités de sang.

Là encore, on aimerait bien connaître les vérifications effectuées par les enquêteurs.

Pas d’ADN sur les mégots ???!!

On voit bien deux explications possibles pour leur présence sur ce lieu : l’assassin a fumé quatre cigarettes une fois son crime commis, ou alors, il attendu là sa victime dans le noir jusqu’à ce qu’elle arrive en vue de l’impasse, et fumé quatre cigarettes durant ce temps d’attente.

A l’époque où j’étais constamment cernée par les hommes de la milice à chacune de mes sorties, j’en ai bien vu ainsi fumer en m’attendant, par exemple, devant chez moi.

Par ailleurs, le véhicule volé qui brûle à 100 m du domicile de la victime vers 4h45 a bien pu faire partie d’un dispositif de guet-apens encore une fois tout à fait similaire à tous ceux auxquels j’ai moi-même été habituée avec mes harceleurs. Il y avait régulièrement un véhicule ou deux et des hommes postés en différents endroits, se relayant les uns les autres, voire se surveillant mutuellement. Je n’avais pas juste un malade sur les talons, il s’agissait de toute une équipe – pour le moins…

 

 

Extraits :

 

Comme à son habitude les jours de repos, monsieur Ourmières s’en va chercher le pain. Avec sa femme Josette, ils habitent depuis dix-huit ans une maison embellie au fil du temps, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les chambres donnent désormais sur un jardin arboré, et un parterre de fleurs entouré de galets de Garonne longe le muret bordant l’avant de leur propriété.

Ce lundi 14 février 2011, en sortant de chez lui, monsieur Ourmières appelle sa femme: «Viens voir, une voiture a failli rentrer dans notre portillon.» Une voiture qui s’engouffre par erreur dans leur impasse puis fait demi-tour, cela peut arriver, mais là, c’est tout de même embêtant.

La veille, dimanche après-midi, Monsieur Ourmières a jardiné. Il ne reste désormais plus rien de ce travail, si ce n’est des galets de Garonne dans tous les sens sur la terre fraîche et le parterre de fleurs balafré de deux empreintes de pneus.

Déjà, à Bouloc, le bruissement du malheur se répand.

«Le corps n’est pas là»

L’après-midi, madame Ourmières est allée chez le médecin. Dans la salle d’attente, quelqu’un a demandé: «Vous avez vu ce qui s’est passé?». Les mauvaises nouvelles jaillissent ainsi –du moins, c’est comme ça qu’elle l’a appris: une femme avait disparu très tôt ce matin, pendant son jogging.

Josette Ourmières n’avait rien vu, à part la longue trace de pneus sur ses fleurs. Elle n’a pas tout de suite fait le lien. Quand elle a vu les gendarmes, avec son mari, ils l’ont signalé. Des moulages des empreintes ont été faits, des photos aussi.

Tôt ou tard, ils seraient tombés dessus; ils allaient partout. Mais les gendarmes n’étaient pas encore allés dans l’impasse des Ourmières.

Patricia Bouchon ne l’aurait jamais empruntée volontairement: elle ne courait que dans les endroits éclairés. Là, sans éclairage public, à 4h33 du matin, il faisait toujours nuit noire.

C’est pourtant devant la maison du couple qu’une mèche de cheveux et un gant en latex appartenant à Patricia Bouchon sont retrouvés. Un peu plus loin, d’autres cheveux mélangés à des traces de sang, un morceau de doigt de son gant en latex, son piercing de nez et son chouchou noir et beige, plus tard identifié par son mari, Christian Bouchon. Au bout du chemin, enfin, une boucle d’oreille, son fermoir, quatre mégots de cigarette et un élément plus alarmant.

 

Assassinat de Patricia Bouchon : des mégots sur la scène du crime... dans Corruption 1_000_par8100984Un repère utilisé lors de la reconstitution du crime, le 17 février 2015 | Rémy Gabalda / AFP

«La troisième scène, à 110 mètres de l’entrée de l’impasse, est la zone la plus importante: on trouve des traces de sang éparses et du sang infiltré jusqu’à cinq centimètres de profondeur dans la terre», détaille la première directrice d’enquête, Véronique Chaudriller.

Trouver tant de sang tempère l’optimisme des enquêteurs. Carlyne Bouchon, la fille de Patricia, espère: «Mais le corps n’est pas là. Si elle n’est pas là, c’est peut-être qu’elle est encore en vie.» La procédure en flagrance pour disparition inquiétante se mue en enquête pour enlèvement, violences et séquestration.

Les époux Ourmières n’ont rien entendu cette nuit-là. Comment auraient-ils pu? Leur chambre donne sur le jardin à l’arrière.

 

«Des pleurs de désespoir»

L’impasse est composée de trois maisons, où vivent les Ourmières, le couple Nadal et, entre les deux, les époux Schnedler.

Jürgen Schnedler est ingénieur aéronautique, Allemand parlant français: «Lundi 14 février 2011 au soir, je suis allé à Hambourg, et le mardi, je reçois un appel de ma femme: “Gendarmerie! Hélicoptère! Une femme a disparu.” Le lendemain, j’ai fait mon protocole à la gendarmerie de Fronton.»

Dans la nuit du dimanche au lundi 14 février, vers 4h30 du matin, Jürgen a sursauté dans son lit. Il a entendu un bruit. Dany, sa femme, s’est elle aussi réveillée: «J’ai attribué ça au cri d’un animal, des chats qui se battent. Comme on habite à la campagne… Vous savez, les chats, quand ils se battent, ils ont un cri presque humain, aigu.» Mais avec tout son pragmatisme allemand, son mari lui a répondu que non, ce n’était pas ça: «Ça ressemble à un cri humain, de femme.»

Les Schnedler dorment avec les fenêtres ouvertes et les volets fermés. Jürgen ouvre le volet. «Nuit noire. Plus aucun bruit», observe Dany. Ils referment le volet.

C’est alors qu’ils entendent quelqu’un pleurer. «Une voix d’homme: “Excuse-moi, excuse-moi.” Deux fois.»

Jürgen est surpris d’entendre un homme pleurer ainsi. «Vraiment, des pleurs de désespoir, de regret, décrit Dany aux enquêteurs. Pour moi, c’était une décharge émotionnelle non contrôlée.» Dany a longtemps été infirmière en milieu psychiatrique, alors les sanglots, ça la connaît –un peu à la manière des pédiatres, qui savent analyser les pleurs des nourrissons.

Dany et Jürgen ont songé à une dispute de couple, une scène de ménage. Pour être tout à fait honnêtes, ils ont pensé à leurs voisins. Ils ont mis des visages sur l’incident, pour lui conférer moins d’intensité dramatique.

Le couple a ensuite entendu une voiture repartir en trombe, un véhicule tous phares éteints partant tellement vite qu’ils n’ont même pas aperçu les feux arrière rouges au bout du chemin.

Normalement, dans le jardin de devant, les époux Schnedler ont un éclairage automatique. Mais l’ampoule a grillé, «sinon, elle se serait allumée». Il n’y avait pas de bruit de moteur, celui des pneus crissant sur le gravier couvrait tout.

Jürgen croit savoir que la voiture a bifurqué à gauche au bout du chemin, direction Bouloc, parce que «quand une voiture part à droite vers Fronton, on l’entend sur cinq kilomètres».

Et puis la nuit est redevenue silencieuse.

 

…/…

 

«J’étais suivie par une voiture»

Le téléphone de la cellule «Disparition 31» ne cesse de sonner. «Nous sommes bombardés par les signalements», indique le directeur d’enquête Didier Bonnin. Des médiums prétendent avoir réussi à localiser le corps de Patricia Bouchon. «Avec le pendule, ils disaient: “Je la vois là-bas, je la vois là-bas.”», raconte Didier Bonnin. L’un d’entre d’eux a même rédigé une lettre en écriture automatique. «Ce n’était pas la priorité, mais on les a versés à la procédure, bien sûr.»

Un chef d’entreprise de sécurité se rend à la gendarmerie pour signaler le comportement inhabituel de ses chiens le lundi 14 février au matin: «Mes chiens –ce sont des chiens de défense– aboyaient anormalement en direction du bois qui appartient à mon beau-père. Personne ne va dans ce bois. Ils avaient une réaction typique de la détection humaine: oreilles dressées et queue battante.» Une battue est organisée dans le bois, jusqu’à une carrière de gravats –en vain.

Un habitant de Bouloc raconte avoir vu des flammes sur la route de Fronton, vers 4h45. Mais il s’agit de la camionnette du maraîcher, qui brûle à cent mètres du domicile de Patricia Bouchon: «C’est une camionnette volée, précise l’enquêtrice. Des individus qui devaient connaître les habitudes du maraîcher, car ils ont pris les clés du véhicule cachées sous une poubelle.»

Dans cet univers nocturne parallèle, d’autres témoins ont vu Patricia Bouchon courir seule ce matin-là. Certains avec une tresse dépassant de sa capuche, d’autres avec un bonnet. Franck le boulanger se souvient l’avoir aperçue à l’heure où il prenait le service, dans la descente du stade. Un chauffeur routier est entendu: quelques jours avant le 14 février 2011, il a croisé «une silhouette cachée dans une haie, vers 6h15». Serge, le chauffeur de taxi, reconnaît «en avoir eues, des [personnes] très perturbées dans la voiture».

«Dans le chemin, j’ai vu un véhicule sombre et volumineux, avec le plafonnier allumé et la portière conducteur ouverte.»

Un témoin convoyeur de fonds

Deux femmes témoignent avoir été suivies sur la route, au départ ou au retour du travail. «Quand je rentrais le soir, j’étais suivie par une voiture, mais elle était tellement près que je n’ai jamais pu relever la plaque. La personne mettait les pleins phares. Si je freinais, elle freinait; si j’accélérais, elle accélérait», dit l’une. «C’était après la station-service, vers Bruguières. Un homme chevelu type ébouriffé, cheveux foncés, un peu engoncé. Il me faisait paniquer. Chaque fois que j’essayais de le doubler, il se déportait. Si j’accélérais, il freinait. Voiture couleur foncée, longue, type break. Pour moi, c’était un saoulard», dit l’autre.

Un convoyeur de fonds se remémore être passé vers 5h20 devant l’impasse où l’on a retrouvé le sang de Patricia Bouchon: «Je croisais quotidiennement Patricia Bouchon vers 4h30, 5 heures. Même sous la neige, elle courait. Ça m’interpellait. [...] Ce jour-là, je ne l’ai pas vue. Je commençais à 6 heures. Mais dans le chemin, j’ai vu un véhicule sombre et volumineux, une voiture noire ou bleu foncé type berline, avec le plafonnier allumé et la portière conducteur ouverte.» En audition, il déclare avoir vu «quelqu’un d’imposant à l’intérieur».

Une agricultrice du coin tombe souvent sur Patricia Bouchon à l’heure de sa livraison. Trois fois par semaine, elle livre les supermarchés de Bouloc et Fronton, la commune limitrophe. Ça l’inquiète, cette affaire, d’autant plus qu’elle livre toute seule et que dans les entrepôts à l’arrière des magasins, il n’y a aucune lumière. Mais ce matin du 14 février, elle n’a pas vu Patricia faire son footing.

Qui est la dernière personne à avoir vu la joggeuse de Bouloc?

«Son regard a bifurqué»

Cinq jours plus tard, le samedi 19 février 2011, un jeune homme de 22 ans pousse la porte de la gendarmerie de Fronton. Le directeur d’enquête Frédéric Aüllo en parle en ces termes: «Nicolas Gélis est un jeune passionné de rugby. Il ne s’intéresse pas trop aux faits divers. C’est un garçon sensible. Il ne boit pas, ne se drogue pas. Il est sportif. Il m’a paru sportif.»

Nicolas Gélis est chauffeur-livreur chez Chronopost à Montauban. Les livraisons commencent à 5 heures du matin. Et si le camion ne tourne pas à 5 heures pétantes, son chef l’appelle pour savoir où il est.

Lundi 14 février, il quitte son domicile de Saint-Jory à 4h20 au lieu de 4h15. Il sait qu’avec un coup d’accélérateur, il pourra rattraper son retard, mettre quarante minutes au lieu de quarante-cinq pour arriver au centre de dépôt.

Il n’habite pas très loin de la N20, «la route de Paris, très fréquentée par les camions», et après la zone industrielle, explique-t-il, «on peut bifurquer vers l’autoroute ou passer par Fronton-Bouloc». Lui ne prend pas l’autoroute, «ça permet de ne pas payer deux euros» –même si en vérité, ce n’est pas tant les deux euros: sa voiture n’est pas assurée, et par la route de Bouloc, il a moins de risques de croiser les gendarmes.

Cet entretien à la gendarmerie de Fronton, il s’en serait bien passé: quand on a 22 ans, on a toujours mieux à faire le samedi après-midi. C’est sa mère qui l’a incité à s’y rendre.

Lui n’avait rien suivi. Elle lui a parlé de la mauvaise nouvelle, vu le tapage médiatique, et lui a commencé à cogiter. Il s’est rappelé avoir aperçu une joggeuse à cette drôle d’heure, cela l’a marqué. Il empruntait cette route au lieu de l’autoroute depuis quinze jours, mais c’était la première fois qu’il la voyait.

Patricia Bouchon a subi une opération chirurgicale qui l’a empêchée de courir durant deux semaines. Le 14 février 2011 était son jour de reprise.

Il l’a vue au niveau du panneau de signalisation. Une centaine de mètres plus loin, il a été surpris par un véhicule stationné en plein milieu de la route, tous phares éteints; il a manqué de le percuter. Il a pilé pour éviter la collision, l’a dépassé par la droite pour s’arrêter à son niveau et lui faire un geste peu amical. L’homme l’a regardé dans les yeux.

«Et pfffiout, son regard a bifurqué», se souvient Nicolas Gélis. «J’ai plutôt une bonne mémoire visuelle. J’oublie pas les visages», ajoute-t-il. L’homme a redémarré en trombe, «la première a souffert». Nicolas Gélis regarde l’heure sur son autoradio: 4h33.

Un homme blanc, entre 30 et 50 ans, 1m75 à 1m80, avec un bonnet noir aux bords retournés, mal rasé. Le plafonnier de la voiture était allumé.

«Les gens qui font ça sont très compétents. Ils posent des questions en toute neutralité, arrivent à trouver des traits dominants du visage.»

Nicolas Gélis, témoin

Arrivé à la gendarmerie pour sa déposition en début d’après-midi, Nicolas Gélis n’en sortira qu’au milieu de la nuit. Son témoignage intéresse les enquêteurs au plus haut point.

Le directeur d’enquête Frédéric Aüllo fait le calcul: «Si Patricia Bouchon court à 8 km/h, il lui faut 1 minute 53 pour rejoindre le chemin. Si elle court à 10 km/h, 1 minute 31. Selon la vitesse du véhicule, il lui faut entre 21 et 24 secondes.»

La voiture et Patricia Bouchon se sont forcément croisées.

Une Renault Clio gris anthracite de première génération, trois ou cinq portes, avec les sièges arrière rabattus, sans plage arrière, avec «un peu de bordel à l’arrière»: Nicolas Gélis a exactement la même. Ce que l’on connaît, on le décrit mieux.

Pendant trois heures, Nicolas Gélis travaille avec un portraitiste de la gendarmerie pour établir un portrait-robot. «C’est pas mon métier, mais les gens qui font ça sont très compétents, assure-t-il. Ils posent des questions en toute neutralité, arrivent à trouver des traits dominants du visage. On part d’une dominante physique. Pour moi, c’était la barbe.»

…/…

 

Laurent Dejean a bien possédé une Renault Clio blanche

C’est finalement tout ce qu’avoue celui qui dit aujourd’hui ne se lever que vers 6 heures avant d’aller travailler.

Il semble faire beaucoup d’efforts pour s’exprimer, serait assez confus et apparaît comme « un enfant », mais tout cela est normal s’il sort d’un épisode de traitement psychiatrique lourd, n’importe qui d’autre serait dans le même état, même sans aucun trouble psychiatrique préalable.

Noter à ce sujet que certains marginaux vivent de l’AAH (Allocation pour Adultes Handicapés) en raison de « troubles mentaux » expressément provoqués par la prise de psychotropes avant les examens psychiatriques qui ont déterminé l’attribution de cette AAH. Ils ne sont pas plus fous que tous ceux qui ont pu également jouer la comédie pour être classés P4 et échapper de cette manière au service militaire obligatoire, parmi lesquels, même de futurs médecins…

Et l’on trouve bien des médecins dans la bande des cybercriminels du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi…

Par ailleurs, je relève en ce qui concerne la mort de Patricia Bouchon que Laurent Dejean parle bien comme moi d’assassinat et non de meurtre : elle s’est faite « assassiner », et non pas « tuer »…

Enfin, il dit s’être précipité chez sa mère pour l’appeler à la prudence sitôt après la disparition de la joggeuse, exactement comme le fit aussi le dénommé Robert Plant à Nîmes deux ans plus tard après avoir assassiné une autre joggeuse (cf. ci-dessous).

Or, les assassins de ces deux joggeuses sont bien liés.

Le second de ces pervers était venu me titiller sur mon ancien blog « Un petit coucou » chez OverBlog à propos de l’assassinat de Patricia Bouchon à Bouloc deux ans plus tôt le jour même de son crime, quelques heures avant sa commission – j’en ai gardé des traces probantes.

Quant au premier, je l’avais bien eu aussi sur mon blog entre le 11 et le 14 février 2011, sans pouvoir être plus précise à défaut d’avoir enregistré ses passages.

 

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-parole-est-accuse-1644880.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : la parole est à l’accusé

 

Le procès devant la cour d'assises de Haute-Garonne de Laurent Dejean prend fin le 29 mars 2019. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie
Le procès devant la cour d’assises de Haute-Garonne de Laurent Dejean prend fin le 29 mars 2019. / © Jean-Pierre Duntze/France 3 Occitanie

 

Mardi 26 mars 2019, 9ème jour du procès de Laurent Dejean, poursuivi pour le meurtre de la joggeuse de Bouloc, la cour d’assises de Haute-Garonne va longuement entendre l’accusé. Pour la première fois.

Par Marie Martin Publié le 26/03/2019 à 13:00

Depuis le 14 mars 2019, ainsi que l’a voulu le président de la cour d’assises, les jurés ont entendu tour à tour les enquêteurs, les témoins, les experts, la famille. Mais pas l’accusé.
C’est aujourd’hui, mardi 26 mars, que Laurent Dejean prend la parole.

« Beaucoup de choses ont été dites, monsieur Dejean », explique le président. « La décision ne sera faite que de tout ce qui a été dit ». Avant de lui rappeler qu’il est quelqu’un de fragile, il invite Laurent Dejean à faire une déclaration spontanée.

« J’ai été choqué par la mort de Patricia Bouchon qui s’est faite assassiner », commence l’homme qui aura bientôt 40 ans. Laurent Dejean explique que quand il apprend la disparition de la joggeuse, il va chez sa mère pour lui dire de faire attention, un homme dangereux cirucle peut-être dans Bouloc.

Il admet très vite ses problèmes psychiatriques mais se décrit comme quelqu’un d’honnête : « vulnérable, honnête et vaillant ». Qu’a-t-il compris des huit jours d’audience qui ont précédé ? « Je suis un peu perdu avec toutes ces déclarations divergentes ».

Et de fait, Laurent Dejean est comme un enfant, debout dans le box des accusés. Il lève le doigt pour prendre la parole, il dit « d’accord » quand on lui fait une remarque, il compte sur ses doigts pour tenter de retrouver des dates. Ses propos sont parfois confus, il donne l’impression de fournir un gros effort pour dire ce qu’il a prévu d’exprimer.

La Clio blanche ? Comme lors de la première journée d’audience où il a été brièvement entendu, il confirme. Il a bien eu une Clio blanche première génération, entre novembre 2010 et juin 2011. Il l’avait donc au moment de la mort de Patricia Bouchon, contrairement à ce qu’il a toujours soutenu durant l’instruction.

Qu’en a-t-il fait et pourquoi s’en est-il débarrassé ? Les réponses manquent de clarté. La Clio n’avait pas de carte grise, il ne voulait plus rouler avec et l’a rendu au « gitan » du camp du Ginestous qui la lui avait vendue sept mois auparavant. Compliqué, commente le président, quand on sait qu’à Bouloc même, Laurent Dejean a les moyens de la démanteler et de la vendre au poids, ainsi qu’il l’a déjà fait par le passé. L’accusé maintient sa version. Mais mentionne tout de même avoir eu peur que les soupçons se tournent vers lui. Quand ? Avant ou après sa première audition, le 12 janvier 2012 ? Laurent Dejean ne sait plus.

Circulait-il de nuit, comme l’ont rapporté certains témoins ? « Pas quand je travaillais« . Il est catégorique. « Je me levais à 6 heures, j’étais au boulot à 7h-7h10. C’était un rituel« .

La drogue ? Oui, il en prenait. Du cannabis, pour se détendre. De la cocaïne, pour tenir au boulot.

Les crises de colère sont elles aussi évoquées. Laurent Dejean les reconnaît mais précise : « Je m’en prenais au matériel, jamais aux personnes« .

Et de répéter, comme le premier jour : « Je suis en prison depuis quatre ans pour rien« .

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/affaire-patricia-bouchon-l-accuse-a-la-barre-1553600615

Affaire Patricia Bouchon : l’accusé à la barre

 

mardi 26 mars 2019 à 13:17 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie

Laurent Dejean a passé près de 3h à la barre ce mardi matin, à la cour d’Assises de la Haute-Garonne, à quelques jours de la fin de son procès pour le meurtre de Patricia Bouchon, cette mère de famille tuée à Bouloc au nord de Toulouse en 2011, alors qu’elle était partie faire son jogging.

 

La salle d'audience.
La salle d’audience. © Radio France – Stéphanie Mora

 

Toulouse, France

Debout dans le box des accusés, Laurent Dejean a un discours très décousu. Il démarre en annonçant : « j’ai été très choqué par la mort de Patricia bouchon », avant d’ajouter : »quand j’ai appris ça, j’ai foncé chez ma mère lui dire de s’enfermer à double tour ». Le président lui demande de poursuivre. Il se décrit alors comme un homme « vulnérable, honnête et vaillant ». Mais rapidement le discours s’embrouille. L’accusé part dans tous les sens sur son travail, sur le fait qu’il avait déjà vu Patricia Bouchon faire son jogging.

Clio blanche

Mais il y a une phrase qui ressort et retient l’attention de tout le monde : « Mr le président, je l’avoue, j’ai eu une Clio blanche« . C’est un moment important dans ce procès car une voiture de ce type a été vue par l’un des principaux témoins vers 4h30 du matin à 500 m du lieu du crime à Bouloc ce 14 février 2011. Or jusqu’ici l’accusé avait presque toujours nié en avoir possédé une. Il l’avait admis à un moment donné devant les enquêteurs avant de se rétracter. Le président demande donc à Laurent Dejean des précisions. Il a bien eu une Clio blanche de novembre 2010 à juin 2011, mais il se perd dans les explications  : « je l’avais acheté 150 euros mais elle n’avait pas d’assurance ni de carte grise et je suis allé la ramener à celui qui me l’avait vendue, c’était un gitan du camps de Ginestous ». Le président s’étonne et lui demande pourquoi avoir menti et avoir nié l’existence de cette voiture.L’accusé répond : « j’avais peur qu’on dise que c’était moi pour le meurtre de Patricia Bouchon et ce n’est pas vrai ». 

Encore beaucoup de questions

Les questions tournent également autour de son arrêt de travail d’un mois, 9 jours après la mort de Patricia Bouchon. Il parle de « burn out » à cause d’un surcroît de travail. Il ne s’entendait pas bien non plus, explique-t-il, avec ses collègues dans l’entreprise pour laquelle il était plaquiste. Mais là aussi, le discours est confus. Les avocats de la partie civile prennent la parole et le questionnent sur son côté « impulsif ». Il répond : « je n’ai jamais blessé personne. Je ne me suis battu que deux fois » dont une en maternelle.

Laurent Dejean reste près de 3h au micro, debout dans le box. Mais sa prestation n’apporte pas les réponses que la famille de Patricia Bouchon attendaient. La sœur de la victime Sandra estime qu’ »il continue à s’enfoncer dans ses contradictions« . Elle trouve que sa mémoire est « sélective » et dit rester « sur sa faim ».

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https://www.sudouest.fr/2019/03/26/meurtre-d-une-joggeuse-pres-de-toulouse-l-accuse-clame-son-innocence-5932353-7.php

Meurtre d’une joggeuse près de Toulouse : l’accusé clame son innocence

 

Publié le 26/03/2019 à 14h08. Mis à jour à 14h09 par SudOuest.fr avec AFP.
Meurtre d’une joggeuse près de Toulouse : l’accusé clame son innocence
Laurent Dejean (à gauche) est jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon.

MANON BILLING / AFP

 

La disparition de Patricia Bouchon, âgée de 49 ans, avait été signalée par son mari, inquiet de ne pas la voir revenir de son jogging en février 2011

 Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon près de Toulouse, le jour de la Saint-Valentin en 2011, a de nouveau clamé son innocence mardi, plus de deux semaines après l’ouverture de son procès devant la cour d’assises de Haute-Garonne. « Ça fait quatre ans que je suis enfermé, mais je suis innocent », a lancé l’accusé, fidèle à ses déclarations au premier jour des débats.

Le meurtre de la joggeuse, le lundi 14 février 2011, à Bouloc, pendant son footing matinal, Laurent Dejean dit ne l’avoir appris que par « le juge d’instruction » chargé de cette affaire. « Je ne savais pas pourquoi il y avait tant de gendarmes » à Bouloc, ajoute l’accusé, décrit comme « psychotique » pendant l’enquête, mais qui apparaît lucide et attentif.

Au cours des débats, il se perd toutefois quelquefois dans ses explications.

« Il me semble l’avoir vue de jour »

La disparition de Patricia Bouchon, âgée de 49 ans, avait été signalée par son mari, inquiet de ne pas la voir revenir de son jogging. Son corps n’avait été retrouvé qu’un mois et demi plus tard, le crâne enfoncé.

« J’ai été choqué par la mort de Patricia Bouchon », affirme Laurent Dejean, qui a reconnu pendant l’instruction avoir vu la victime une ou deux fois. « Mais la nuit, non », précise l’accusé devant la cour. « Il me semble l’avoir vue de jour », dit cet ancien aide-plaquiste de 39 ans, qui affirme ne se lever que vers 6 heures, avant d’aller au travail.

Patricia Bouchon avait l’habitude de courir très tôt le matin, à 4H30, heure à laquelle un témoin a vu une joggeuse le matin du 14 février.  Quelques instants après, ce témoin avait vu une Clio stationnée sur la route.

Son témoignage—capital en l’absence de tout élément probant d’incrimination—avait permis d’établir un portrait robot du chauffeur dans lequel plusieurs personnes ont cru reconnaître Laurent Dejean. Mardi, Laurent Dejean a admis avoir possédé une Clio blanche. « Une chose que vous n’aviez jamais faite », pointe le président, Guillaume Roussel.

Sans se laisser déstabiliser, l’accusé assure qu’il « avait peur qu’on dise ‘oui, c’est toi qui as tué’ ».

Le procès doit s’achever le 29 mars.

 

 

https://www.ladepeche.fr/article/2017/04/29/2565634-joggeuse-egorgee-nimes-robert-plant-condamne-30-ans-reclusion.html

Joggeuse égorgée à Nîmes : Robert Plant condamné à 30 ans de réclusion

 

  • Robert Plant dans le box des accusés. Son avocate accuse le coup .
Robert Plant dans le box des accusés. Son avocate accuse le coup . Photo AFP

 

Publié le 29/04/2017 à 07:50

 

Robert Plant a été condamné hier soir à 30 ans de prison. Plus tôt, la réclusion criminelle à perpétuité avait été requise par l’avocat général de la cour d’assises du Gard, contre le Britannique âgé de 36 ans, accusé de l’agression sexuelle et du meurtre d’une joggeuse à Nîmes en 2013.

Robert Plant a finalement été condamné hier soir par la cour d’assises de Nîmes à 30 ans de réclusion. Lors de son réquisitoire, le procureur a vait dénoncé un «crime d’une sauvagerie extrême». Et pour l’avocat général Stéphane Bertrand, Robert Plant était «un pervers» et «pas un fou». Il avait requis la prison à vie pour le Britannique de 36 ans, accusé d’avoir tué une mère de famille nîmoise en 2013 pendant qu’elle faisait son jogging. Plusieurs experts psychiatres ont conclu à une «psychose» du trentenaire, de type «schizophrénie simple», ainsi qu’à une altération de son discernement. Mais bien qu’en temps normal ce type d’analyse psychiatrique diminue la peine requise et la condamnation, l’accusé risque la prison à perpétuité.

Une plaie béante de 15 cm sur 7 cm

Le 24 janvier 2013, Jamel Zammit appelle la police vers 18 h 40 pour signaler la disparition de sa femme Jouda, âgée de 34 ans. Elle était partie de son domicile situé dans le quartier de Courbessac à Nîmes, aux alentours de 17h, sans son portable. En effet, la jeune femme avait expliqué qu’elle allait chercher sa fille à l’école tout en faisant son footing. Mais Jouda tarde à rentrer et l’école signale que la mère n’est jamais venue chercher son enfant. Et son mari ne retrouve aucune trace d’elle sur le chemin qu’elle est censée avoir emprunté…

Peu après 22h, c’est finalement le chien d’un militaire de la gendarmerie qui découvre le corps de la jeune femme dans des fourrés et des ronces du Chemin des sangliers, une allée à proximité de son domicile. À côté du corps, un cutter dont la lame est sortie au maximum, sans son capuchon, est certainement responsable de la large «plaie d’égorgement» de 15 cm sur 7 cm qui défigure la victime.

«Jouda Zammit était une plaie béante qui autrefois était une femme» a dénoncé le procureur hier, à Nîmes : elle a été «défigurée», «massacrée», «lacérée» au cutter et à l’aide de pierres et de branches. D’autre part, reposant sur le dos, la victime était vêtue d’un pantalon marron baissé à mi-cuisses, ce qui a également soulevé le caractère sexuel de l’agression initiale.

Six jours plus tard, notamment sur la base de témoignages ayant permis d’établir un portrait-robot et de traces ADN, Robert Plant, un résidant du Chemin des sangliers, est mis en examen. L’homme assure ne se souvenir de rien et fournit aux enquêteurs des explications changeantes et confuses…

Bascule vers la psychose

De leur côté, les expertises psychiatriques parlent de «bascule vers la psychose» ayant pu altérer son discernement, «mais pas au point de l’abolir».

Robert Plant, quant à lui, a assuré pendant le procès qu’il avait un «trou noir» et seulement des flash évoquant une agression de la jeune femme. «Est-ce que vous avez conscience que c’est difficile à croire ?», l’a interrogé son avocat Jérôme Boursican. «Je n’ai pas d’autre explication», a-t-il répondu.

Enfin, l’avocate de la famille a souligné le «deuil impossible» du mari de la victime, Jamel, et des trois enfants du couple, âgés aujourd’hui de 14, 11 et 7 ans, faute d’explications rationnelles de l’accusé.


Qui est Robert Plant ?

L’homme de 36 ans est né à Chatham, dans le Kent, dans le sud-est de la Grande-Bretagne.

À l’âge de huit ans, il est venu vivre en France avec ses parents.

Il y a grandi, et au moment des faits, résidait dans le Chemin des sangliers à Nîmes, sur lequel a été retrouvé le corps de la joggeuse.

Titulaire d’un CAP de tapissier, sans emploi, il consommait régulièrement du cannabis et de l’alcool.

En outre, il vivait seul avec sa mère depuis le décès de son père en 2012.

Fleur Olagnier

 

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Meurtre-de-Nimes-La-derniere-course-de-Jouda-162391

Meurtre de Nîmes. La dernière course de Jouda

 

Paris Match | Publié le 08/02/2013 à 18h21 |Mis à jour le 10/02/2013 à 21h51

Par Elizabeth Philippe, Enquête Jean-Michel Verne à Nîmes, Ons Abid à M’saken, en Tunisie
Laurent Dejean a bien possédé une Renault Clio blanche dans AC ! Brest Meurtre-de-Nimes.-La-derniere-course-de-Jouda

La jeune mère de famille aimait faire du jogging dans la campagne nîmoise. La mort l’y attendait.

Jouda est morte depuis déjà deux jours. Mais à M’saken, en Tunisie, sa famille l’ignore encore. Jusqu’à ce coup de téléphone que reçoit Ridah, l’un de ses frères. C’est un ami qui l’appelle, inquiet. Il vient d’apprendre à la télé qu’une certaine Joudia Zammit a été assassinée. Il veut savoir si la victime fait partie de sa famille. A l’autre bout du fil, Ridah reste interdit. Incrédule, il balbutie : « Je ne sais pas. J’ai une soeur qui vit en France. Mais elle s’appelle Jouda, pas Joudia ! » Se raccrocher un instant à une simple lettre pour repousser l’horreur, conjurer en vain la tragédie. Mais ce dernier espoir, infime, est anéanti par un nouvel appel qui confirme le décès de Jouda. A des milliers de kilomètres, les parents de la victime, Mohamed et Mounira, pleurent avec ses frères et soeurs cette enfant chérie, toujours souriante et de bonne humeur. « Un ange », souffle Mohamed, les yeux embués de larmes. Son frère aîné, Anouar, dont elle était très proche, est le dernier à avoir entendu le son de sa voix. Jeudi 24 janvier, quelques heures seulement avant qu’elle soit tuée pendant son jogging, il lui a téléphoné Ils ont parlé de tout et de rien. Elle lui a raconté qu’elle venait de cuisiner des plats tunisiens pour le Mouloud, la fête qui célèbre la naissance de Mahomet.

Jouda a préparé un festin : de la mouloukhia – un ragoût relevé de poudre de corète – pour le déjeuner, un couscous pour le dîner et de l’assida, une crème blanche à base de semoule. La foi de la famille Zammit a souvent été mise à l’épreuve. Mohamed et Mounira ont déjà perdu un fils, Tarak, dans un accident de moto. Même si elle vivait loin d’eux depuis des années, Jouda restait très présente. Elle appelait souvent ses proches. Sans doute un peu nostalgique de M’saken, sa petite ville natale à une dizaine de kilomètres de Sousse ; nostalgique aussi de la grande maison traditionnelle de son grand-père, où cohabitent toutes les générations ; nostalgique du vaste patio où elle jouait, enfant, avec son cousin, Jamel, qui allait devenir son époux. Très jeune, Jamel a suivi son père en France. Mais il revient chaque été en Tunisie pour les vacances. Jouda, de son côté, grandit, devient une jolie jeune fille brune et enjouée. L’épouse idéale pour Jamel. Le couple se marie en 2000. Les noces ont lieu à M’saken. Jamel, agent de La Poste, repart en France. Au bout d’un an, le temps d’obtenir ses papiers, Jouda le rejoint. Elle travaille quelque temps comme caissière. En 2003, naît Hedi, suivi trois ans plus tard de Meriam. Jouda se consacre à sa famille. Mère au foyer, elle s’occupe avec amour de ses enfants, les accompagne à l’école et à leurs activités sportives. Hedi est un fou de foot. Loin des siens, Jouda construit son propre foyer sous le soleil de Nîmes. Les olives picholines n’ont pas le même goût que celles, réputées, de M’saken. Mais la douceur du climat gardois et l’influence méditerranéenne atténuent le mal du pays qui s’empare parfois de Jouda. Heureusement, l’été, elle retourne en Tunisie, retrouve ses proches, la plage, les saveurs et les odeurs épicées qu’elle aime tant.

Le médecin de Jouda lui avait conseillé de faire du sport après une petite opération

Quand elle croise une amie sur le marché de M’saken, elle la prend dans ses bras et lance avec un grand sourire : « Tu sens bon la Tunisie ! » Mais, bientôt, vient le temps des sacrifices. Jamel et Jouda ont décidé d’acheter une petite maison à la périphérie de Nîmes. Pour réaliser leur rêve, il faut économiser, renoncer provisoirement aux vacances en Tunisie. Jouda s’y rendra une dernière fois en 2009. Elle est alors enceinte de cinq mois de son troisième enfant, rayonnante au côté de Jamel. Aux petits soins pour elle, sa famille établit même une liste de prénoms pour le bébé. Ce sera Sirine. Après avoir réalisé d’importants travaux, Jamel, Jouda et leurs trois enfants s’installent enfin dans leur nouvelle maison, à l’automne 2012. La petite villa blanche, au 2264 route de Courbessac, dans une zone pavillonnaire paisible, est modeste. Mais elle est à eux. Une agréable maisonnette avec un jardin, des allées au cordeau et des massifs de fleurs jaunes. La famille de Jamel habite le même quartier. C’est comme un petit morceau de Tunisie. Le quotidien de Jouda est rythmé par de nombreux allers-retours : les sorties d’école, les courses au supermarché, tout près, où elle se rend à pied. Récemment, elle a pris une nouvelle habitude : le jogging. C’est son médecin qui lui a conseillé de faire du sport, après une petite opération des varices subie cet été. Saine et dynamique, Jouda se plie de bonne grâce à l’avis du docteur. D’autant plus qu’elle veille à sa ligne.

 

Robert Plant nimes meurtre-

 

Chaque jour, elle fait le même parcours. Le jeudi 24 janvier ne fait pas exception. Aux alentours de 17 heures, elle s’élance à petites foulées vers le centre de Courbessac. Elle traverse le bourg, prend la nationale avant d’emprunter le chemin du Sanglier, une route au pied de la garrigue appréciée des promeneurs et des joggeurs, en particulier des stagiaires de l’école de police qui se trouve à environ 800 mètres. A l’entrée, un panneau indique la direction du cimetière.

Cette photo a été prise en 2012, lors d’une fête entre amis à Courbessac. Brun, la trentaine, un bouc, Robert Plant correspond en tout point au portrait-robot établi par la police à partir des premiers témoignages, ceux de voisins qui avaient signalé la présence d’un étrange promeneur sur le lieu du crime, peu de temps avant la mort de Jouda. Décrit comme un employé exemplaire, Robert devait reprendre ce mois-ci son travail dans une entreprise de fabrication de mobil-homes. (Photos DR)

Le corps de Jouda sera retrouvé non loin des tombes, quelques heures après que son mari a signalé sa disparition. La jeune femme gît dans un enchevêtrement de ronces, une plaie béante à la carotide. Son visage est lacéré, méconnaissable. Son pantalon de jogging est baissé au niveau de ses genoux. Tout indique que Jouda a tenté de résister à son agresseur. Dès le lendemain, la police commence à récolter des témoignages. Des voisins affirment avoir aperçu un étrange promeneur à proximité du lieu du crime, un homme d’une trentaine d’années qui semblait rôder. Alors que les enquêteurs poursuivent leurs recherches, Robert Plant, 32 ans, déjeune à la pizzeria La Tosca avec sa mère, Esther, qui vient de rentrer de Paris. Tous deux résident dans une belle demeure de 270 mètres carrés avec piscine, le long du chemin du Sanglier. Cela fait une douzaine d’années que les Plant possèdent cette villa. Originaires du Kent, région du sud de l’Angleterre, ces Britanniques sont arrivés en France dans les années 80.

Le père, Dennis, a décroché un poste important dans les télécoms. Alors que ses parents finissent par s’installer dans la maison de Courbessac, Robert reste à Paris. Un CAP de tapissier pour seul bagage, il exerce différents métiers, est employé comme vendeur dans des magasins de sport. Il descend fréquemment dans le Sud rendre visite à ses parents avant de s’y établir pour de bon, il y a quatre ans, après avoir perdu son boulot. Il enchaîne les missions d’intérim. L’année dernière, son père est mort d’un cancer du poumon.

Robert Plant vit seul avec sa mère dans une grande villa. Une sorte de Tanguy…

Depuis, Robert vit seul avec sa mère dans la grande villa. Une sorte de Tanguy. Ou de Norman Bates, le héros de « Psychose ». Le quotidien des Plant, mère et fils, est soumis à d’immuables rituels. A la pizzeria, où ils vont fréquemment, ils s’assoient toujours à la même table, en terrasse. Robert arrose ses pizzas de pintes de bière. Ce vendredi 25 janvier ne déroge pas à la règle. La serveuse entend Robert parler à sa mère de la joggeuse assassinée. Il ne veut plus qu’Esther s’aventure sur ce chemin. C’est trop dangereux, lui dit-il. L’après-midi, le jeune homme erre près de chez lui, accompagné de son chien, interroge les policiers au sujet du crime, s’intéresse aux investigations.

Tout le week-end, les enquêteurs poursuivent leurs auditions. A partir des premiers témoignages, ils ont pu établir un portrait- robot de l’assassin. Beaucoup de voisins disent reconnaître celui qu’ils nomment « l’Anglais ». L’étau se resserre. Lundi 28 janvier, les enquêteurs se rendent chez les Plant. Ils saisissent des cutters identiques à celui, ensanglanté, retrouvé sur le lieu du meurtre. Robert livre un fragile alibi : le jour où Jouda a été tuée, il était chez lui à regarder la télévision. Quant aux griffures sur ses mains, il affirme s’être blessé en coupant des branchages au fond du jardin. Arguments peu convaincants. Robert est mis en garde à vue. Il nie d’abord en bloc, puis reconnaît sa présence à l’endroit de l’assassinat. Mais il prétend ne plus se souvenir de ce qui s’est passé. « Une amnésie traumatique », avance son avocat Julius Radzio. Durant son interrogatoire, Robert vomit, s’effondre. Stéphane Bertrand, le procureur adjoint, décrit un homme « assez transparent, introverti ». Confondu par son ADN, il est aujourd’hui écroué à la maison d’arrêt de Nîmes. Le corps de Jouda, lui, a été rapatrié mardi en Tunisie. Un ultime retour au pays natal.

 

L’assassin de Patricia Bouchon a voulu la faire taire : oui !

C’est évident : la faire taire parce qu’elle hurlait (j’ai moi-même été victime d’une agression tout à fait similaire, de nature sexuelle, jusqu’aux excuses de l’agresseur avec tutoiement alors qu’il aurait bien voulu m’étrangler pour me faire taire et finira pas reculer et partir en courant… dans des conditions matérielles qui n’étaient pas celles où Patricia Bouchon a trouvé la mort), ou la faire taire parce qu’elle s’apprêtait à dénoncer la bande de cybercriminels du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi…

Compte tenu de l’implication de mes harceleurs dans cet assassinat, sachant de quoi ils sont capables, et connaissant bien leurs harcèlements particuliers à mon encontre par rapport même à cette affaire, dès ses tout débuts, je me suis d’ailleurs toujours demandé jusqu’où allait le cinéma : n’auraient-ils pas rejoué cette agression finalement ratée dont mes harceleurs de l’époque étaient bien à l’origine ?

Le compte rendu d’audience ci-dessous apporte quelques précisions supplémentaires à celles publiées hier, notamment dans le témoignage des deux Allemands :

 

Très attendus, les époux riverains du lieu de l’agression ont relaté leurs témoignages auditifs du crime. «Dans la nuit du dimanche au lundi, vers 4 h 30, nous avons été plus ou moins réveillés par un bruit que j’ai attribué à un animal, comme des chats qui se battent. Mon mari m’a dit que c’était humain. On a ouvert les volets, c’était la nuit noire et il n’y avait plus aucun bruit».

Le couple se recouche mais l’agitation reprend quelques minutes plus tard. «On a entendu les pleurs d’un homme qui disait «Excuse-moi, excuse-moi». Il y avait une décharge émotionnelle non contrôlée, intense, de quelqu’un qui libérait ses pleurs.» Là encore, les témoins tentent de regarder dans l’impasse mais ils ne voient rien. Leur lampe radar qui s’allume automatiquement à chaque passage est en panne. Ils finissent, un moment plus tard, par entendre une voiture qui «part en trombe». «On pense à une petite querelle de couple. On pense aux voisins. On ne pense pas qu’il se passe quelque chose dans notre chemin. C’est dramatique».

 

 

https://www.ladepeche.fr/2019/03/26/joggeuse-tuee-la-frustration-de-ladn,8091469.php

Procès de la joggeuse de Bouloc : les mystères de l’ADN

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  • Des photos de Patricia Bouchon ont été diffusées à l'audience./ Photo DR
Des photos de Patricia Bouchon ont été diffusées à l’audience./ Photo DR

 

Publié le 26/03/2019 à 08:42 , mis à jour à 08:58

l’essentiel

 

Le procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre d’une joggeuse, en 2011 à Bouloc près de Toulouse, s’est rouvert ce lundi. L’expert ADN a longuement présenté ses conclusions qui n’accablent pas l’accusé sans pour autant le disculper.

Le procès de Laurent Dejean, 39 ans, s’est poursuivi ce lundi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne à Toulouse. Il est accusé d’avoir tué, le 14 février 2011, Patricia Bouchon, une mère de famille de 49 ans qui effectuait son jogging, de nuit.

Pendant deux heures et demie, un expert en ADN venu de Bordeaux a détaillé le travail colossal réalisé par les équipes du laboratoire d’hématologie légale sur 1 560 prélèvements. Sur le pantalon que portait la victime, il a décrit un mélange d’ADN masculin avec celui de Patricia Bouchon. Sur son tee-shirt, un profil ADN masculin a pu être partiellement identifié mais aussi un mélange d’ADN entre la victime et un ADN inconnu. Sur son soutien-gorge, les experts ont relevé un mélange d’ADN masculin et féminin.

De la même manière, tous les vêtements de Laurent Dejean ont été passés au crible du laboratoire en 2014. Les conclusions sont claires. «On ne retrouve pas l’ADN de Laurent Dejean sur l’ensemble» des scellés afférents au crime. De la même façon, «nous n’avons pas retrouvé l’ADN de Madame Bouchon» sur les effets de l’accusé.

Pour le président Roussel, «le résultat est un peu frustrant. Ces traces ont-elles disparu ? N’ont-elles pas été déposées ?» L’expert souligne : «On a mis les moyens au maximum. Tout a été analysé. On a quand même des résultats. Je ne peux vous dire si la personne avait des gants ou non. Je ne peux pas aller plus loin. Certaines personnes peuvent ne pas laisser de cellules». Pour la défense, Me Guy Debuisson insiste : «Ce laboratoire travaille sur la preuve. On ne peut pas faire d’hypothèses. Nous sommes ici pour rechercher la preuve».

Un cri de femme, des pleurs d’homme

Très attendus, les époux riverains du lieu de l’agression ont relaté leurs témoignages auditifs du crime. «Dans la nuit du dimanche au lundi, vers 4 h 30, nous avons été plus ou moins réveillés par un bruit que j’ai attribué à un animal, comme des chats qui se battent. Mon mari m’a dit que c’était humain. On a ouvert les volets, c’était la nuit noire et il n’y avait plus aucun bruit».

Le couple se recouche mais l’agitation reprend quelques minutes plus tard. «On a entendu les pleurs d’un homme qui disait «Excuse-moi, excuse-moi». Il y avait une décharge émotionnelle non contrôlée, intense, de quelqu’un qui libérait ses pleurs.» Là encore, les témoins tentent de regarder dans l’impasse mais ils ne voient rien. Leur lampe radar qui s’allume automatiquement à chaque passage est en panne. Ils finissent, un moment plus tard, par entendre une voiture qui «part en trombe». «On pense à une petite querelle de couple. On pense aux voisins. On ne pense pas qu’il se passe quelque chose dans notre chemin. C’est dramatique».

À l’issue des débats, le visage d’une Patricia Bouchon active, amoureuse et mère de famille a illuminé les écrans de la salle d’audience.

Ce mardi, Laurent Dejean sera entendu longuement, pour la première fois. Il clame toujours son innocence.


«Une tentative de viol» qui tourne mal

Les spécialistes en sciences du comportement de la gendarmerie ou «profilers» ont décrit, hier matin, le profil du tueur qu’ils avaient établi, à l’époque des faits. «La motivation du crime est une agression sexuelle, une tentative de viol qui tourne mal. Il n’y a pas de préparation, il n’a pas apporté d’arme. Il a des difficultés à la maîtriser. Le gant dans la bouche signifie qu’il a voulu la faire taire. Quant au tutoiement, il ne veut pas dire qu’il connaît la victime».

Et de décrire une personnalité «socialement inadéquate, égocentrique, impulsive, colérique à l’intelligence pratique puisqu’il est capable de se ressaisir émotionnellement» pour dissimuler le corps. «Il a pensé que sans corps il n’y avait pas de crime».

 

L’assassin de Patricia Bouchon n’est pas un psychotique mais un « déconnologue »

Je suis entièrement d’accord avec les comportementalistes de la gendarmerie qui sont venus ce matin livrer à la barre les résultats de leur expertise : l’auteur du crime ne souffre pas de troubles mentaux sévères, son profil psychologique est sensiblement le même que celui de ses camarades de jeux de la bande du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, c’est-à-dire que c’est un pervers, un psychopathe et un criminel d’un cynisme effrayant, qui comme tous ses complices ment éhontément, joue la comédie, manipule son monde.

Sans connaître leur avis qui vient d’être révélé au public pour la première fois aujourd’hui, je l’avais d’ailleurs déjà dit dans cet article de la semaine dernière :

http://petitcoucou.unblog.fr/2019/03/20/a-toulouse-le-proces-de-laurent-dejean-sest-transforme-en-celui-des-gendarmes/

Si Laurent Dejean est bien l’auteur des faits, alors il a simulé la folie depuis leur commission, dans le but, dans l’éventualité où il viendrait à être identifié, d’obtenir une sérieuse atténuation de sa peine.

Restent quand même de nombreux mystères…

Aucun des deux ADN retrouvés sur le corps de la victime ne lui correspond.

Les témoins allemands qui étaient aujourd’hui à la barre n’ont pas reconnu sa voix, celle qu’ils ont entendue était plus grave.

Il est aujourd’hui précisé qu’ayant entendu un cri de femme, ils avaient ouvert leurs volets, mais n’avaient rien vu dans l’impasse, et plus rien entendu durant au moins cinq minutes avant d’entendre cet homme, puis à nouveau plus rien. Ils avaient pensé à une dispute de couple, imaginant même qu’il s’agissait de leurs voisins, puis entendu une voiture passer en trombe dans l’impasse, mais sans avoir perçu aucun bruit de moteur au préalable.

J’imagine que les enquêteurs ont vérifié ce qu’il était possible de voir ou non à partir de leur fenêtre, dans cette impasse non éclairée, à 4h30, au mois de février, quatre jours avant la pleine lune.

On aimerait connaître toutes les vérifications effectuées par les gendarmes, ainsi que le nom du cabinet d’avocats où travaillait Patricia Bouchon, lequel, à ma connaissance, n’a jamais été publié nulle part.

 

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-deux-comportementalistes-barre-1644264.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : deux comportementalistes à la barre

 

La scène du meurtre, dans une impasse de Bouloc. / © Remy Gabalda/AFP
La scène du meurtre, dans une impasse de Bouloc. / © Remy Gabalda/AFP

 

La cour d’assises de Haute-Garonne, qui juge Laurent Dejean pour le meurtre de la joggeuse de Bouloc, a entendu lundi 25 mars 2019 deux enquêteurs chargés d’établir le profil de l’auteur du crime.

Par Marie Martin Publié le 25/03/2019 à 14:36

Ils sont saisis le 16 février 2011, deux jours après la disparition de Patricia Bouchon et la découverte d’effets personnels et d’une importante trace de sang dans une impasse de Bouloc.La scène de crime « parle » et permet aux enquêteurs spécialisés dans l’analyse comportementale de décrire un profil du tueur et la motivation du crime.Le témoignage de deux riverains, qui ont entendu les cris d’une femme puis un homme en pleurs répétant « Excuse-moi, excuse-moi… » leur permet de proposer une première hypothèse : l’auteur du crime n’a peut-être pas eu comme intention première de tuer.

Ce qui est décisif dans leur analyse, expliquent-ils ce lundi 25 mars 2019 à la cour d’assises de Haute-Garonne, c’est la découverte du corps de Patricia Bouchon, le 29 mars 2011. Elle provoque un second rapport des enquêteurs, en septembre 2011.

Pour eux, la motivation serait une agression à motivation sexuelle. L’agresseur cherche un contact mais surpris par la résistance de sa victime, se laisse « déborder » et l’agression se transforme en meurtre, sans qu’il y ait d’atteintes sexuelles. Les propos d’excuses seraient l’expression de remords. « Il y a eu une escalade dans ce crime« , explique Marc Mazère, chef d’escadron de gendarmerie et co-auteur du rapport. « Il a été plus loin que ce qu’il voulait commettre« . Même si les blessures attestent d’une agression « longue et violente, qui traduit une certaine détermination« .

Peu après, « l’intelligence pratique » de l’auteur des faits lui permet de se « remobiliser » et d’organiser le transport du corps de sa victime.

Les deux gendarmes comportementalistes vont plus loin : ces actes laissent à penser que leur auteur n’est pas asocial, complètement isolé, mais est parfois « socialement inadéquat« , éprouvant des difficultés de relations avec les autres, se faisant remarquer pour cela. Sans doute impulsif et colérique. Mais ne souffrant pas de troubles mentaux sévères qui se seraient traduits sur la scène de crime.

En conclusion de ces deux dépositions effectuées en vidéo-conférence, maître Guy Debuisson, avocat de Laurent Dejean, rappelle la prudence de rigueur : « même si ça m’intéresse qu’on dise que ce tueur serait exempt de troubles mentaux sévères, attention, certains de ces « profils » se révèlent complètement faux, je l’ai encore vu il y a peu de temps dans un procès« .

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-quand-pilosite-faciale-s-invite-debats-1644286.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : quand la pilosité faciale s’invite dans les débats

 

© Guy Dubuisson
© Guy Dubuisson

 

Lundi 25 mars 2019, l’avocat de Laurent Dejean a distribué à la cour une photographie « de très près » de son client, pour prouver que ce dernier est totalement imberbe des joues et ne peut donc correspondre aux descriptions de certains témoins.

Par Marie Martin Publié le 25/03/2019 à 15:00 Mis à jour le 25/03/2019 à 15:34

« Toujours mal rasé » ou au contraire « Toujours bien rasé« , « Barbe de trois jours« , « Moustache et petit bouc » : on a beaucoup parlé, depuis le 14 mars 2019, premier jour du procès devant la cour d’assises de la Haute-Garonne de Laurent Dejean, du caractère, de l’aspect physique mais aussi de la pilosité faciale de ce dernier.Or, vendredi 22 mars, son avocat, maître Guy Debuisson, a fait une révélation : Laurent Dejean ne peut avoir de barbe, il est complètement imberbe des joues. Tout au plus, peut-il « produire » une fine moustache et un petit bouc.Pour étayer sa déclaration, l’avocat toulousain a demandé à Laurent Dejean de ne pas se raser pendant le week-end et ce lundi 25 mars 2019, à la reprise de l’audience, il a distribué à la cour une photo prise de très près du visage de son client, tirée et agrandie à plusieurs exemplaires.
Maître Debuisson a en outre proposé au président de la cour d’assises de Haute-Garonne de permettre aux jurés de rencontrer « de près » l’accusé afin de vérifier de visu cette particularité.

Ce devrait être fait avant la fin du procès, vendredi 29 mars. Les débats judicaires prennent parfois d’étranges tournures…

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-laurent-dejean-ces-decevantes-analyses-adn-1644510.html

Procès de Laurent Dejean : ces décevantes analyses ADN

 

Les enquêteurs sur place après la disparition de Patricia Bouchon. / © AFP
Les enquêteurs sur place après la disparition de Patricia Bouchon. / © AFP

 

Dans l’affaire du meurtre de Patricia Bouchon, l’ADN n’a pas « parlé » autant que l’auraient souhaité les enquêteurs. Malgré de très nombreuses analyses.

Par Marie Martin Publié le 25/03/2019 à 18:02 Mis à jour le 25/03/2019 à 22:54

1 600 prélèvements, 200 profils génétiques maniés. Et au final, une grande « frustration », de l’aveu même du président de la cour d’assises de Haute-Garonne.

Le biologiste chargé des analyses, Christian Doutremepuich, a soutenu ses conclusions, durant plus de deux heures, ce lundi 25 mars 2019. Il a analysé des prélèvements effectués sur le corps et les vêtements de Patricia Bouchon, sur la scène de crime. Et plus tard, sur de nombreux vêtements et chaussures de l’accusé, Laurent Dejean.

On trouve sur la victime de nombreuses traces de sang, son ADN et deux traces différentes d’ADN masculin partiel, l’une sur son tee-shirt, le second sur le bonnet de son soutien-gorge.

Ces traces ne correspondent pas à l’ADN de l’accusé mais envoyées au FNAEG (fichier national automatisé des empreintes digitales), elles ne donnent rien.

Sur les effets de Laurent Dejean saisis trois ans après le meurtre, on ne retrouve aucune trace de Patricia Bouchon.

« Des preuves peuvent disparaître, bien sûr« , explique Christian Doutremepuich. « De plus, par contact, des personnes peuvent déposer des cellules et d’autres, aucune« . Par exemple, on n’a retrouvé aucune trace d’ADN de Christian Bouchon, son mari, sur le corps de la victime.

Cette science comporte encore une part de mystère. Et l’avocat de la défense de conclure : « Nous sommes ici pour trouver des preuves, pas des hypothèses« .

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-joggeuse-bouloc-couple-temoigne-derniers-instants-patricia-bouchon-1644534.html

Procès du meurtrier présumé de la joggeuse de Bouloc : un couple témoigne des derniers instants de Patricia Bouchon

 

Patricia Bouchon / © DR
Patricia Bouchon / © DR

 

Un couple d’habitants de Bouloc, la commune où vivait et a été tuée Patricia Bouchon, est venu témoigner à la barre, lundi 25 mars 2019. L’homme et la femme ont entendu des cris et les pleurs d’un homme, ce lundi 14 février 2011.

Par Marie Martin Publié le 25/03/2019 à 18:21 Mis à jour le 25/03/2019 à 22:07

Ils vivent dans cette impasse de Bouloc où Patricia Bouchon a été tuée, le 14 février 2011.

Lui est ingénieur chez Airbus, elle est infirmière et ce matin de février, ils dorment, fenêtres ouvertes mais volets fermés.
A 4h30 environ, ils sont tous deux réveillés par un bruit. Elle croit entendre un cri de chats, « comme quand ils se battent, vous savez« , explique-t-elle au président.
Lui précise qu’il pense s’agir d’un cri de femme. Ouvrant les volets, ils ne voient rien. Et surtout n’entendent plus rien.

Bien réveillés, ils discutent puis quelques minutes plus tard, cinq peut-être, ils entendent un homme sangloter. Fort. Et dire plusieurs fois : « Excuse-moi, excuse-moi…« . Puis plus rien, à nouveau.

Les Schnedler pensent à une dispute de couple. Et ainsi qu’ils le disent à la barre, ils pensent même qu’il pourrait s’agir de leurs voisins.
Le temps d’envisager de prendre un café, ils entendent une voiture passer en trombe dans l’impasse. Mais sans avoir perçu de bruit de moteur au préalable.
Ce n’est que plus tard dans la journée du lundi que l’on retrouvera dans l’impasse un chouchou, des piercings et une boucle d’oreille de Patricia Bouchon, dont la disparition a été signalée par son mari tôt le matin.

Le témoignage des Schnedler est important : depuis l’ouverture du procès de Laurent Dejean, jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon, de nombreux témoins sont venus dire que quand l’accusé s’emportait, il finissait très souvent par s’excuser. En répétant ses mots d’excuse…

Après cette journée d’audience particulièrement éprouvante pour la famille de Patricia Bouchon, le président a fait projeter des photos de la victime, à la demande du mari de cette dernière. Des clichés heureux, du couple mais aussi de la famille. Des bribes d’une vie passée, différentes de ces deux photos de Patricia Bouchon qui ont marqué l’affaire et que l’on a retrouvé partout, tout le temps, dans l’avis de recherche, dans les marches blanches, dans les articles de presse.
Un temps silencieux pour ne pas oublier que l’on parle ici de la mort violente d’une femme.

Demain, mardi 26 mars 2019, l’accusé sera pour la première fois de ce procès entendu – longuement. Sur tous les faits évoqués depuis le 14 mars. Une journée capitale…
 

http://archive.francesoir.fr/actualite/faits-divers/%E2%80%9Cl%E2%80%99hypothese-sombre%E2%80%9D-privilegiee-dans-disparition-joggeuse-73941.html

“L’Hypothèse sombre” privilégiée dans la disparition de la joggeuse

 
La découverte d’effets personnels appartenant à Patricia Bouchon, une joggeuse de 49 ans disparue lundi matin, ne laisse que peu d’espoir de la retrouver vivante.

Publié : 17/02/11 – 07h47
Mis à jour : 17/02/11 – 07h50

L'espoir s'amincit, trois jours après la disparition de Patricia

L’espoir s’amincit, trois jours après la disparition de Patricia SIPA

 

« Ce matin (mercredi, NDLR), tout a changé. Avant il y avait l’inquiétude, mais encore de l’espoir. Désormais, dans toute la ville, c’est l’angoisse », déplore Christian Faurie, maire de Bouloc. Dans la nuit de mardi à mercredi, la découverte d’une boucle d’oreille, d’un chouchou et de sang dans une impasse de la ville a fait basculer la disparition de Patricia Bouchon, une joggeuse de 49 ans, vers l’hypothèse la plus sombre. « L’enquête, menée par les gendarmes depuis lundi matin pour une disparition inquiétante, a basculé dans un cadre criminel pour enlèvement, séquestration et violence volontaire », a indiqué hier Michel Valet, procureur de Toulouse.

« Ils ne se faisaient jamais remarquer »

Gendarmes, policiers et experts scientifiques ont envahi la petite ville tranquille qu’était Bouloc jusqu’à lundi dernier, alimentant les discussions des habitants. Ici, tout le monde ou presque sait qui est Patricia, mais personne ne la connaît vraiment. « Le couple Bouchon est très discret », s’accordent à dire tous leurs voisins proches. Pas de fréquentations villageoises, pas de participation aux activités associatives ni à la vie du village en général, Patricia et son mari Christian « ne se font pas remarquer ». C’est le moins que l’on puisse dire. Quelques-unes des 4.000 âmes de la ville ont même découvert son visage et son nom sur les affiches placardées aux frontons des commerces de la ville. Installés depuis quelques années dans une jolie maison un peu excentrée, route de Vallaudric, les Bouchon « sont très sympathiques, mais pas très liants », témoigne une de leurs voisines dont la villa fait face à celle du couple. « On se dit bonjour, quelques mots quand on se croise, mais sans plus. Ils sont toujours tous les deux, ce sont des sportifs qui aiment la nature. Souvent, le week-end, ils se promènent ou jardinent, alors on se fait coucou de derrière la haie », poursuit-elle. Christian, qui travaille comme chef de projet et directeur de magasin chez Weldom, est souvent absent. Patricia, employée comme secrétaire dans un cabinet d’avocats de Toulouse, a un emploi du temps bien réglé. Chaque matin, vers 4 h 30, elle part courir pendant 30 ou 45 minutes, rentre chez elle pour se changer. Puis elle se rend à pied jusqu’au centre du village, à un bon quart d’heure de marche de chez elle, pour prendre le bus de 6 h 45 pour Toulouse. « Elle adore marcher », confirme une jeune voisine. « Mon père lui propose de la raccompagner lorsqu’il la croise sur la route. Elle refuse toujours. »

Lundi matin, des cris

Il y a quelque temps, Patricia avait d’ailleurs fait une demande à la mairie pour qu’une partie du chemin pédestre reliant le stade au centre-ville soit aménagée. « J’imagine qu’elle devait l’emprunter le matin et que cela n’était pas pratique de marcher sur les graviers en chaussures de ville », explique le maire. La semaine dernière, Patricia « était certainement en congés » et avait passé un peu plus de temps chez elle. Le temps de confier à une autre de ses voisines qu’elle venait d’installer un éclairage sur le petit chemin reliant sa maison à la route. « C’était plus pratique, parce qu’il faisait nuit noire quand elle partait courir. » Lundi dernier, jour de sa disparition, Patricia venait juste de reprendre son rythme habituel. Partie de chez elle à 4 h 30, elle a été aperçue sur la route par le boulanger du village un quart d’heure plus tard. Depuis, plus aucune nouvelle. Ce n’est qu’en apprenant sa disparition le lendemain que des habitants du village vont signaler des éléments importants. De l’autre côté du village, dans une impasse sur la route de Fronton, un couple de retraité va remarquer des traces de pneus devant sa maison, signifiant qu’une voiture a roulé de manière assez étrange très près de leur mur d’enceinte, brisant même une dalle. Les Schnedler, leurs voisins directs, auraient déclaré aux enquêteurs avoir entendu des cris lundi matin très tôt. C’est dans cette impasse qu’ont été retrouvés les effets de Patricia et des traces de sang dont les analyses devraient révéler rapidement s’il s’agit du sien.

De notre envoyée spéciale à Toulouse, Kael Serreri

A Toulouse, le procès de Laurent Dejean s’est transformé en celui des gendarmes

Le méritent-ils ?

Certes un peu, voire beaucoup, ils n’ont même pas pris la peine de procéder à un minimum de vérifications sur toutes les informations que je leur avais fournies…

Cependant, pour autant que je sache, ils travaillaient sous le contrôle d’un juge d’instruction, une information judiciaire ayant été ouverte très tôt après la découverte du crime, comme toujours en la matière, le procureur de la République suivant toujours l’affaire lui aussi.

Où sont ces magistrats ? Pourquoi ne sont-ils pas sur le grill eux aussi ?

Encore un mystère…

Venons-en aux éléments débattus en ce début de semaine.

Il s’agit essentiellement du scénario de l’attaque que proposent les gendarmes sur la base de l’unique témoignage du chauffeur livreur Nicolas Gelis, 21 ans à l’époque des faits, qui lui aussi conduisait une Renault Clio ce jour-là – ce qui fait décidément beaucoup de véhicules de ce type dans cette affaire – et des constatations effectuées dans l’impasse où ont été retrouvées des traces de sang de la victime.

Les précisions horaires et de lieu fournies par le témoin indiquent que Patricia Bouchon venait en fait tout juste de sortir de chez elle et commencer son jogging – à 4h30 – lorsqu’il l’a croisée puis s’est retrouvé face à la Clio présumée de Laurent Dejean, arrêtée moins de 300 m plus loin, donc vraiment très près du domicile de la joggeuse. Celle-ci aurait d’ailleurs pu elle aussi l’apercevoir ou la dépasser environ 2mn plus tôt si elle se trouvait déjà là, à l’arrêt, tous feux éteints, mais plafonnier allumé.

Après sa confrontation avec Nicolas Gelis, qui dit s’être arrêté sur le bas-côté de la route, son conducteur, manifestement énervé ou apeuré, aurait démarré en trombe et rejoint ou précédé la joggeuse à l’entrée de l’impasse en moins de 30 secondes… tandis que le chauffeur livreur repartait de son côté sans plus rien voir ni demander son reste… quoiqu’il ait bien jeté un oeil dans son rétroviseur puis sur l’horloge de son tableau de bord et noté l’heure : 4h33.

Laurent Dejean, si c’est bien lui, vient d’être dérangé alors qu’il se trouve à l’arrêt au milieu de la route. Il doit connaître les lieux. S’il n’est du coin, il a procédé à des repérages. Admettons qu’il décide alors d’aller se garer dans l’impasse, où il ne dérangera plus et ne sera plus dérangé. Sur ce, la joggeuse arrive et il l’agresse très brutalement et violemment. Il n’aurait peut-être pas supporté d’être dérangé deux fois de suite en si peu de temps… à moins que l’impasse n’ait été le lieu où il ne voulait surtout pas rater la joggeuse.

Il est quand même étrange d’aller commettre une agression tout juste après avoir été dévisagé par un témoin qui s’avèrera par la suite capital… surtout quand après avoir tué et massacré sa proie on a la présence d’esprit d’en prendre le corps pour aller le cacher à 12 km de distance dans un endroit où, selon la mère « dodu » (une femme médecin et soeur masculiniste de la clique des « déconnologues » du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi), au bout d’un an il ne resterait plus aucune trace exploitable pour incriminer qui que ce soit… car elle aussi est bien impliquée dans cet assassinat… collectif… qui avait bien été programmé pour ce jour-là et pas un autre…

Cela ressemble en fait à un enlèvement dont le minutage a été prévu en fonction de l’emploi du temps de la victime, qui se sera peut-être défendue bien plus vigoureusement que ne l’imaginait a priori son agresseur. Un contrat bien plus qu’une occasion ou une pulsion, difficilement envisageables alors que le prédateur vient d’être vu et dérangé par un tiers.

Neuf jours plus tard, soit le 23 février 2011, Laurent Dejean consulte une psychiatre et en ressort avec un arrêt de travail. Il sera par la suite hospitalisé en psychiatrie sans l’avoir jamais été auparavant, ses comportements devenant délirants, du moins en apparence.

L’assassin de Patricia Bouchon déboule sur le blog Luraghi le 25 février 2011 et commence vraiment à participer aux discussions de la bande le 1er mars 2011. Il s’exprime sous pseudonyme. Il n’est absolument pas troublé par le crime, il en plaisante autant que les autres. Il est tout à fait regrettable que les gendarmes n’aient pas recherché son identité, on serait fixé depuis longtemps. S’il s’agit de Laurent Dejean, alors il a simulé la folie dans le but de pouvoir le cas échéant plaider l’irresponsabilité pénale et s’en sortir avec une privation de liberté d’une durée beaucoup plus courte que la peine encourue pour le crime commis.

 

 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/toulouse-proces-de-l-affaire-patricia-bouchon-certitudes-contre-incertitudes-1552940108

Toulouse – Procès de l’affaire Patricia Bouchon : certitudes contre incertitudes

 

mardi 19 mars 2019 à 5:50 Par Stéphanie Mora, France Bleu Occitanie

Difficile pour la cour d’assises d’y voir clair dans l’affaire Patricia Bouchon. Hier après l’audition de témoins qui n’ont rien vu, les jurés ont à nouveau entendu l’un des directeurs de l’enquête pour tenter de comprendre les certitudes des gendarmes. Pas toujours simple.

 

Plus de 70 témoins doivent se succéder à la barre jusqu'à la semaine prochaine.
Plus de 70 témoins doivent se succéder à la barre jusqu’à la semaine prochaine. © Radio France – Stéphanie Mora

 

Toulouse, France

Un témoin clé très attendu

La conduite de l’enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon a de nouveau été au coeur des débats devant les assises de Haute-Garonne.  Ce lundi après-midi, la cour a entendu le témoin qui a découvert le corps, le 29 mars 2011 (plus d’un mois après la disparition), un chasseur. Et surtout, elle a réentendu l’un des directeurs de la cellule Disparition 31 sur les conclusions de l’enquête de gendarmerie. Une audition qui a une nouvelle fois donné lieu à une passe d’arme entre le militaire, la défense et l’avocat général.  Ces derniers mettant en doute la solidité du témoin clé de cette enquête. Le jeune chauffeur routier (21 ans à l’époque) qui dit avoir vu Laurent Déjean près du lieu du crime, juste avant celui-ci (le 14 février 2011) et qui a permis l’établissement d’un portrait-robot. La famille de Patricia Bouchon attend beaucoup de son audition ce mardi matin.

Les conclusions des enquêteurs

LEntre les témoins qui ne se souviennent plus très bien huit ans après, ceux qui ont changé de version au fil de leurs dépositions et cette Renault Clio de couleur claire aperçue à l’heure du meurtre mais que l’on n’a jamais retrouvée… L’avocat de Laurent Déjean passe ses journées à maugréer.

Pourtant les gendarmes de la cellule Disparition 31 ont acquis la certitude que Patricia Bouchon est dépassée par une voiture vers 4h35 ce matin-là, route de Fronton.  Que cette voiture tourne brutalement dans l’impasse où la joggeuse est morte; que l’agression est « soudaine », « violente » dira le troisième directeur d’enquête à la barre. Elle se déroule au début du chemin, là où des cheveux et des bijoux sont retrouvés. La suite est moins claire. Le corps est probablement transporté 100m plus loin vers le fond de l’impasse le temps de le charger dans la voiture. Mais quatre des six riverains ont déclaré ce lundi n’avoir rien entendu.  Le dernier couple (celui qui a entendu des cris) s’exprimera la semaine prochaine.

À cinq heures du matin, un chauffeur de bus de Tisséo qui part travailler voit une voiture type Renault au croisement. Voiture dont les phares s’éteignent à son passage.  Autre élément troublant : la veille du meurtre Laurent Déjean achète pour un peu plus de 10€ d’essence sans plomb, alors qu’il dit avoir un véhicule diesel. Il ne s’expliquera jamais sur ce point, ni sur le fait d’avoir perdu dans la même période sa carte bleue et son portable. Il consulte une psychiatre neuf jours plus tard. Il en ressort avec un arrêt de travail mais selon les gendarmes il ment sur le motif et parle d’une tendinite alors qu’il souffre de troubles mentaux. Enfin, les débats de ce lundi ont permis d’apprendre que le témoin anonyme qui a dénoncé Laurent Déjean en 2013 était son meilleur ami. Ce dernier a raconté aux enquêteurs que l’accusé s’est débarrassé d’une Clio blanche et terré chez lui après le meurtre de la joggeuse.

Le verdict est attendu le 29 mars prochain.

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Par :

Stéphanie Mora

 

 

https://www.ladepeche.fr/2019/03/19/meurtre-de-la-joggeuse-de-bouloc-le-chef-denquete-sur-le-gril,8077287.php

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : le chef d’enquête sur le gril

 

Mes Pierre et Guy Debuisson, les avocats de Laurent Dejean./ Photo DDM Michel Viala
Publié le 19/03/2019 à 07:57 , mis à jour à 10:52

l’essentiel

Le dernier chef d’enquête dans le meurtre de la joggeuse de Bouloc, Patricia Bouchon, le 14 février 2011, s’est expliqué longuement hier après-midi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. Il a détaillé son travail face à des avocats de la défense virulents.

«Le rôle d’un enquêteur n’est pas de tirer des hypothèses mais de faire une analyse objective de la situation à partir des constatations», tonne Me Guy Debuisson devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. Hier, au troisième jour du procès de Laurent Dejean, 39 ans, suspect n° 1 dans le meurtre de Patricia Bouchon, une mère de famille de 49 ans tuée alors qu’elle faisait un footing nocturne, le 14 février 2011 à Bouloc au nord de Toulouse (nos éditions précédentes), le témoignage du dernier chef d’enquête a occupé la majorité des débats.

Il s’agissait notamment d’établir la façon dont le témoin clef, qui se présentera à la barre ce matin, a réalisé le portrait-robot du suspect croisé quelques minutes avant l’agression de la joggeuse, en pleine nuit, sur la route de Fronton. «Il croise d’abord Patricia Bouchon qui court normalement et ne semble pas inquiète, rapporte le gendarme. Quelques centaines de mètres plus loin, il freine brusquement pour éviter une collision avec un véhicule, une Clio première génération. Il parvient à s’arrêter, la contourne par la droite et s’arrête à hauteur du conducteur.»

Ce témoignage permet aux enquêteurs de la section de recherches d’affirmer que Patricia Bouchon se trouve à 253 mètres du chemin où elle sera agressée. Le véhicule, lui, est à 543 mètres. «Si Patricia court à 8 km/h, il lui faut 1mn53. Si elle est à 10 km/h, il lui faut 1mn31. Le véhicule, s’il roule à 80 km/h est à 24 secondes. À 90 km/h, il est à 21 secondes.»

Et de décrire un scénario de l’agression : «Elle a pu être rattrapée par le conducteur de la Clio au niveau du chemin. Ce qui nous frappe, c’est la soudaineté. L’entrée du véhicule dans le petit chemin est précipitée. Il y a un freinage brutal et, immédiatement, on retrouve des touffes de cheveux de la victime. Je pense qu’il lui a coupé la route. Je pense que l’agression est soudaine et violente».

«On vous demande une analyse objective, pas des supputations ou des analyses personnelles, s’agace Me Guy Debuisson. Je préfère un témoin visuel plutôt que quelqu’un qui fait des hypothèses derrière un bureau».

À l’analyse du dossier, l’avocat regrette la façon dont certaines questions ont été posées en garde à vue à son client à l’époque «sous curatelle». «Parce qu’au bout de quatre ans on n’a personne, le gendarme fait de Dejean le coupable idéal de manière insidieuse. Le procédé me heurte. Il est sous curatelle et on lui explique qu’il est coupable».

Le président Roussel tempère : «C’est une longue enquête de grande qualité». Droit à la barre, l’enquêteur résume le faisceau d’indices qui a conduit à Laurent Dejean et dévoile l’auteur du renseignement anonyme qui mènera Laurent Dejean en garde à vue : son meilleur ami. Pour le gendarme, au terme de l’enquête, «on a vérifié tout ce qu’il y avait à vérifier sur M. Dejean.»


Clio grise ou Clio blanche ?

Le témoin clef du procès de Laurent Dejean sera à la barre aujourd’hui, dès 9 heures, ce chauffeur-livreur qui partait au travail cette nuit-là devra fournir de nombreuses explications. Celui-là même qui a reconnu Laurent Dejean «à 90 % voire plus» lors de la reconstitution mais qui ne l’a pas désigné lors d’un tapissage, maintiendra-t-il son témoignage ?

La question cruciale de la couleur de la Clio que l’homme qu’il a croisé conduisait sera largement abordée. Claire, grise, gris anthracite… au cours de ses auditions, son témoignage a varié. Il devra le préciser aujourd’hui, 8 ans après.

Une trentaine de proches de Laurent Dejean lui attribue aussi une Clio autour de la période des faits. Mais pour eux, elle est blanche.

Les nombreuses investigations menées par les gendarmes jusqu’en 2017, en Haute-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne afin de retrouver ce véhicule n’ont jamais rien donné. La fameuse Clio n’a jamais été retrouvée.

Claire Lagadic

 

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/proces-du-meurtrier-presume-patricia-bouchon-temoin-ndeg1-barre-1641148.html

Procès du meurtrier présumé de Patricia Bouchon : le témoin n°1 à la barre

 

Le portrait-robot établi grâce au témoignage de Nicolas Gelis, le 19 février 2011. / © Gendarmerie nationale
Le portrait-robot établi grâce au témoignage de Nicolas Gelis, le 19 février 2011. / © Gendarmerie nationale

 

Nicolas Gelis a été longuement entendu mardi 19 mars 2019, au 4ème jour du procès de Laurent Dejean jugé pour le meurtre de Patricia Bouchon. C’est lui, ce matin du 14 février 2011, qui a croisé la joggeuse de Bouloc puis, immédiatement après, une voiture à l’arrêt, feux éteints.

Par Marie Martin Publié le 19/03/2019 à 14:49 Mis à jour le 19/03/2019 à 15:12

C’est son témoignage qui a permis d’établir le portrait-robot du suspect et donc de faire avancer l’enquête.

Nicolas Gelis, éducateur sportif en Bourgogne, doit faire appel à sa mémoire, huit ans après les faits.
Ce matin du 14 février 2011, ce jeune chauffeur-livreur quitte son domicile de Saint-Jory (Haute-Garonne) peu avant 4 heures du matin, pour rejoindre son lieu de travail à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Il traverse Bouloc vers 4h30 et à la sortie du village, croise une femme faisant son footing. Patricia Bouchon.
Immédiatement après, il doit faire un écart pour éviter une voiture arrêtée sur la route, moteur et phares éteints, et qui « mord » sur la voie de circulation sur laquelle roule Nicolas Gelis.

Surpris, il freine, puis s’arrête sur le bas-côté, à hauteur de l’autre véhicule. Il croise le regard d’un homme qu’il décrira comme étant âgé « entre 30 et 50 ans, portant un bonnet et une barbe de quelques jours« .

Immédiatement après, l’homme redémarre en trombe. Nicolas Gelis se souvient que « la première a souffert« . Il jette un oeil dans le rétro puis sur l’horloge de son tableau de bord. Il est 4h33.

Détails importants que rapportera Nicolas Gelis : le véhicule arrêté est une Clio, le témoin est formel, il a la même. Elle est de couleur claire et les sièges arrières sont rabattus.

De ces informations, Nicolas Gelis ne fait rien dans l’immédiat : il ignore la disparition de Patricia Bouchon. Lorsque celle-ci devient une affaire médiatisée, il se rend sur les conseils de sa mère à la gendarmerie de Fronton (Haute-Garonne). On est alors le 19 février 2011, soit cinq jours après la disparition de la mère de famille.

Un portrait-robot est établi (qui ne sera diffusé que bien plus tard) et un transport sur les lieux permet de situer la « rencontre » des deux Clio. On est à quelques mètres seulement de l’impasse dans laquelle on retrouve, quelques jours seulement après la disparition de Patricia, son chouchou, une de ses boucles d’oreille et plus loin, une importante trace de sang.

Seulement voilà, de déposition en déposition, il y a (comme souvent) des imprécisions, voire des contradictions dans les déclarations de Nicolas Gelis, qu’il ne peut expliquer, huit ans après les faits. Ces « dissonances », l’avocat général et les avocats de la défense de Laurent Dejean s’en emparent.

La couleur de la voiture ? Nicolas Gelis l’a décrite comme « claire, grise puis gris anthracite« . Celle que l’on suppose avoir appartenu à Laurent Dejean était blanche.

Comment Nicolas Gelis a-t-il pu si bien décrire l’homme aperçu quelques secondes ? « J’ai une excellente mémoire visuelle« , explique-t-il à la barre, ce mardi 19 mars 2019, 4ème jour d’audience du procès de Laurent Dejean devant la cour d’assises de Haute-Garonne. « Quand je vois quelqu’un une fois, je le retiens« . De plus, il explique lors d’une de ces dernières auditions, en 2015, que le plafonnier de la voiture arrêtée était allumé. « Mais pourquoi ne l’aviez-vous pas dit avant ?« , demande maître Guy Debuisson, avocat de la défense. Nicolas Gelis ne sait que répondre. Il semble que personne ne lui ait posé la question.

Autre « faille » : Nicolas Gelis, confronté à un « tapissage » soit à la photo de 12 hommes dont Laurent Dejean, en désigne deux mais pas l’homme qui comparaît aujourd’hui devant la cour d’assises de Haute-Garonne.

L’avocat général s’étonne que lors d’une de ses dernières auditions (là encore), Nicolas Gelis parle du « regard de psychotique » du suspect. « Je ne m’en souviens pas« , explique le jeune homme.
« Vous l’avez dit, pourtant« , réplique le magistrat. Qui précise que cette description intervient, dans la chronologie de l’affaire, après l’expertise psychiatrique de Laurent Dejean et le diagnostic posé de « psychose et schizophrénie« .

» Est-ce que vous voulez dire que j’ai été influencé dans mes réponses par les enquêteurs ?« , sourit Nicolas Gelis.
L’avocat général esquive.
Mais pas maître Guy Debuisson : « Toutes les évolutions de vos déclarations vont à l’encontre de Laurent Dejean. Cela interroge. Est-ce que vous vous rendez compte de votre responsabilité ? »

Nicolas Gelis ne se laisse pas impressionner. Lui qui a expliqué plus tôt n’avoir fait à l’époque aucun lien entre la joggeuse et la Clio arrêtée est clair : il a dit ce qu’il a vu, à plusieurs reprises, entre 2011 et 2015.
Commenter aujourd’hui ses déclarations de l’époque est un exercice difficile…

* Le procès de Laurent Dejean se tient devant la cour d’assises de Haute-Garonne jusqu’au 29 mars 2019.

 

https://www.ladepeche.fr/2019/03/19/meurtre-dune-joggeuse-pres-de-toulouse-le-principal-temoin-malmene-par-les-avocats-du-suspect,8078234.php

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : le principal témoin malmené par les avocats du suspect

 

  • Mes Pierre et Guy Debuisson, les avocats de Laurent Dejean.
Mes Pierre et Guy Debuisson, les avocats de Laurent Dejean. Photo DDM Michel Viala
Publié le 19/03/2019 à 19:09

l’essentiel

Le principal témoin au procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre d’une joggeuse à Bouloc en février 2011, a été pressé de questions mardi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, la défense pointant ses « contradictions » et ses « trous de mémoire ».

Le président Guillaume Roussel a averti Nicolas Gelis dès le début de l’audience: « Vous connaissez l’enjeu de vos déclarations », lui a-t-il signifié, le témoin soulignant que l’audience se tenait 8 ans après les faits.
« Avec ma mémoire, ça va pas être facile », a-t-il déclaré avant de se lancer dans le récit de cette journée du 14 février 2011, le jour de la Saint-Valentin.
Pour « démarrer » son travail à 05H00, raconte ce livreur, il prend une petite route, croise vers 04H30 « quelqu’un qui faisait un jogging », quelque chose « d’inhabituel à cette heure-là », puis « une voiture » stationnée un peu plus loin et empiétant sur sa voie.

Nicolas Gelis répète les déclarations qu’il a faites devant la police où il s’est rendu 5 jours après les faits, sur les conseils de sa mère : il s’arrête à la hauteur de cette voiture, « la même » que la sienne, « une Clio » qui redémarre rapidement, le chauffeur « faisant hurler le moteur ».
Mais il a eu le temps de l’apercevoir et se « rappelle de la personne à l’intérieur », son « regard fuyant, un regard « de peur et de surprise ». C’est grâce à sa description que sera établi un portrait robot du suspect.
Celui-ci ne sera diffusé publiquement que 2 ans et 8 mois plus tard mais permettra toutefois d’appréhender l’accusé, grâce à un coup de fil anonyme.

Mais à quelle hauteur de la Clio s’est-il arrêté ? Ses déclarations ont varié : 7 mètres, 5m, 3m et même 1,50m. « Soyez précis, lui enjoint le président, « l’enjeu est important ».
Le plafonnier de la Clio était-il allumé ? « Je crois », dit le témoin, alors qu’il l’a affirmé mais seulement trois ans après ses premières déclarations.
La couleur de la Clio ? Grise, avait-il déclaré. Mais sur ce sujet, sa mémoire va lui jouer à nouveau des tours, puisqu’il parle ensuite d’une voiture blanche.
« Vous avez dit lors de deux auditions, à six reprises, que la Clio était grise », va tempêter plus tard un des avocats de la défense, Me Guy Debuisson. « Toutes vos déclarations évoluent à l’encontre des intérêts de M. Dejean », tonne-t-il.
L’avocat s’étonnera aussi que lorsque pendant l’instruction on présentera douze portraits de suspects au témoin, il ne reconnaisse pas parmi eux l’accusé.

Mais mardi, personne ne lui a demandé s’il reconnaissait en M. Dejean le chauffeur de la Clio.
L’audition d’autres témoins –le directeur de l’association d’insertion pour laquelle l’accusé travaillait, la secrétaire-comptable, des collègues– n’apportera pas d’éléments supplémentaires, personne ne se souvenant s’il a travaillé le jour de la disparition de Patricia Bouchon, âgée de 49 ans.
Dans le box des accusés, M. Dejean, qui a toujours clamé son innocence, semble un peu éteint et n’a eu aucune réaction pendant les débats.
Le procès doit s’achever le 29 mars. Mais il a bien failli ne pas avoir lieu : en janvier 2018, l’avocat général de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse avait estimé qu’il n’y avait pas, dans le dossier, les éléments nécessaires pour un renvoi devant les assises. Ce réquisitoire avait été infirmé par la chambre de l’instruction.

La rédaction

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/meurtre-de-la-joggeuse-de-bouloc-j-ai-croise-le-regard-de-cet-homme-affirme-un-temoin-capital-19-03-2019-8035524.php

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : «J’ai croisé le regard de cet homme», affirme un témoin capital

 

>Faits divers|Julie Rimbert, correspondante à Toulouse (Haute-Garonne)| 19 mars 2019, 19h51 | MAJ : 19 mars 2019, 19h54 |1
A Toulouse, le procès de Laurent Dejean s'est transformé en celui des gendarmes dans Attentats 8035524_f4e32736-4a76-11e9-b01c-185c2a3a32bd-1_1000x625

Unique suspect qui a toujours nié les faits, Laurent Dejean, un ancien plaquiste de 39 ans, comparait jusqu’au 29 mars devant la cour d’assises de Haute-Garonne pour le meurtre de Patricia Bouchon. AFP/Manon BILLING

 

Nicolas Gélis, chauffeur-livreur, avait permis d’établir le portrait-robot qui a mené les enquêteurs à Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon près de Toulouse en 2011.

 

Son témoignage ce mardi devant la cour d’assises de Haute-Garonne était très attendu, car il avait été au cœur de l’enquête sur le meurtre de la joggeuse Patricia Bouchon en 2011 à Bouloc. C’est lui qui avait établi le portrait-robot qui avait mené à l’accusé. Huit ans après, Nicolas Gélis, chauffeur-livreur de 21 ans à l’époque, a fait appel à sa mémoire pour raconter ce qu’il avait vu ce matin du 14 février 2011, jour de disparition de la joggeuse.

Parti avant 4 heures du matin de son domicile de Saint-Jory pour aller sur son lieu de travail à Montauban, il a traversé la commune de Bouloc vers 4h30, où il a croisé Patricia Bouchon faisant son jogging sur la route. « J’étais en retard donc je regardais l’heure, souligne cet homme aujourd’hui âgé de 29 ans, au crâne chauve et portant de petites lunettes. Immédiatement après, il y avait un véhicule arrêté sur la route, phares et moteur éteint, qui mordait ma voie de circulation. J’ai freiné et je me suis retrouvé sur le bas-côté, à hauteur du véhicule. C’était la même voiture que moi, une Clio de couleur claire. J’ai croisé le regard de cet homme âgé entre 30 et 50 ans, portant un bonnet et une barbe de quelques jours. Il a redémarré en trombe, la première a souffert ! »

Ignorant la disparition de Patricia Bouchon, c’est cinq jours après cet étrange incident que Nicolas Gélis va voir les gendarmes et réalise un portrait-robot, qui mettra les enquêteurs sur la piste de l’accusé, Laurent Dejean. Selon ce témoin, cette rencontre avec un autre véhicule a eu lieu à quelques mètres de l’impasse où la joggeuse a été agressée mortellement.

« Il est égal à lui-même face à tous les procès-verbaux »

À l’aise devant la cour d’assises, Nicolas Gélis a pourtant été mis devant les contradictions de ses déclarations qui ont évolué au cours de l’enquête. Quand l’avocat de l’accusé lui demande comment il peut aussi bien décrire un homme aperçu quelques secondes dans l’obscurité, sa réponse est assurée. « J’ai une excellente mémoire visuelle, quand je vois quelqu’un une fois, je le retiens, assure-t-il. Et j’ai précisé lors d’une audition en 2015 que le plafonnier de l’autre voiture était allumé. »

Autre incohérence pour la défense : Nicolas Gélis n’a pas reconnu Laurent Dejean sur un tapissage de douze personnes. Le témoin ne l’explique pas. Pour Guy Debuisson, l’avocat de l’accusé, qui pointe depuis le début du procès le travail des enquêteurs toujours orienté vers le seul accusé, « le problème, c’est qu’on dit que c’est un témoin avec un grand T, mais il y a pourtant des contradictions successives et l’évolution de ce dossier est toujours au détriment de Laurent Dejean. C’est un cumul qui me laisse à penser que finalement ce témoin a été influencé dans ses dépositions par les gendarmes. L’audience n’a rien apporté si ce n’est que ce témoin ne se souvient que de ce qu’il veut se souvenir et ne dit pas pourquoi il a fait certaines déclarations à certains moments. »

La famille de Patricia Bouchon porte, elle, un autre regard sur Nicolas Gélis qui lui est apparu confiant et restant sur sa version. « Je suis rassurée par cette audition parce qu’on est face à un témoin qui rapporte exactement les mêmes choses lors de ses auditions, bien sûr avec des souvenirs qui ont été altérés mais il ne change pas de version, confie Carlyne, la fille de Patricia Bouchon. Il est égal à lui-même face à tous les procès-verbaux qui ont été réalisés auparavant. Pour nous, c’est le témoin principal, celui qui a vu Laurent Dejean, quelques secondes avant la disparition de ma mère donc évidemment c’est un témoignage capital. On est rassurés car même si les souvenirs ont été occultés, son témoignage reste identique. »

 

Assassinat de Patricia Bouchon à Bouloc en 2011 : un mobile connu depuis longtemps

Contrairement aux avocats des différentes parties au procès, je ne sais pas ce qu’il y a dans le dossier, hormis les éléments dont la presse s’est fait l’écho, et ceux que j’ai moi-même communiqués aux enquêteurs, s’ils ont bien été conservés, ce qui n’est pas certain.

En revanche, j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de m’entretenir avec le directeur d’enquête qui lui savait parfaitement bien ce qu’il avait dans son dossier.

Or, il m’a toujours certifié n’avoir strictement rien qui vienne contredire les thèses que je lui soumettais, se déduisant des faits certains que je lui rapportais pour en avoir été directement témoin, et pouvoir de plus en attester par des éléments irréfutables.

Jusqu’à preuve du contraire, Patricia Bouchon a donc bien été assassinée par mes harceleurs pour les avoir dérangés dans leurs entreprises criminelles à mon encontre.

Ce n’était pas la première. Ce ne fut pas non plus la dernière.

Tous mes témoins contre cette bande de criminels sont harcelés ou assassinés.

Il ne s’agit donc en aucun cas d’un crime de rôdeur, thèse finalement retenue par les enquêteurs après plusieurs années de recherches infructueuses… alors que je venais de leur livrer les coupables…

Ceci étant, je dois dire que le directeur d’enquête a toujours été très correct avec moi, il m’a notamment bien remerciée d’avoir pris la peine de lui écrire pour lui communiquer mes éléments, et je ne pense pas qu’il soit malhonnête. Par contre, je sais qu’il n’est pas seul…

C’est donc ainsi qu’on se retrouve aujourd’hui avec une accusation très faible contre un individu qui peut avoir été mêlé au crime, mais dont on ne voit pas quel serait le mobile, et dont l’ADN n’est retrouvé nulle part, car ce sont en effet trois autres individus restés non identifiés dont les ADN sont retrouvés sur la victime, ce qui vient non pas contredire mais au contraire très fortement accréditer ce que j’affirme depuis longtemps : l’assassin n’est pas seul, ils sont toute une bande et leur chef se nomme Pascal Edouard Cyprien Luraghi.

Qu’est-ce qui les lie à Patricia Bouchon ? C’est nécessairement mon affaire, et cela passe donc, soit par la toile, soit par le cabinet d’avocats où elle travaillait comme secrétaire, probablement les deux.

Dans la mesure où je ne la connaissais pas, ou du moins pas sous son identité véritable, j’ai bien du mal à être plus précise à ce sujet, mais le noeud du problème est bien là : elle a été assassinée par des cyberdélinquants pour qui elle représentait une sérieuse menace de dénonciation, poursuites judiciaires, procès et condamnation.

Les faits se sont produits alors qu’elle s’apprêtait à reprendre le travail après quinze jours d’arrêt en raison d’une opération – une hernie abdominale – et son mari a indiqué que ce jour-là elle était allée courir une heure plus tôt que d’habitude car elle avait une réunion très tôt au cabinet d’avocats. Quid de cette réunion matinale ? Pourquoi plus personne ne l’a évoquée par la suite ?

Un unique témoin dit avoir vu courir la joggeuse et avoir été surpris sitôt après par le comportement étrange d’un automobiliste dans une Clio de couleur claire arrêtée tous feux éteints au beau milieu de la chaussée, qu’il aura évité de justesse.

Supposons qu’il s’agisse de Laurent Dejean. Il n’existe pas 36000 manières d’expliquer sa présence à cet endroit-là à cette heure précise : soit il attend la joggeuse, ce qui implique qu’il sait qu’elle ne va pas tarder à passer et a été renseigné sur son emploi du temps – mais tous les complices du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi le sont de toute façon grâce aux écoutes illégales qu’ils pratiquent systématiquement contre leurs cibles, et cela vaut pour chacun d’entre eux, pas seulement pour Laurent Dejean – soit il a rendez-vous avec des tiers, qu’il attend de même – et dans ce cas, pourquoi ceux-ci n’ont-ils pas été recherchés ? On sait qu’il a pour habitude de sortir de nuit pour se fournir en cannabis. Or, les échanges entre les dealers et leurs clients se passent souvent ainsi, en un lieu de rendez-vous fixé sur une portion de route quasi déserte, de voiture à voiture – je l’ai vu faire même en plein jour dans mon quartier. Tous ses dealers ont-ils été bien recherchés, retrouvés et interrogés ? Qui Laurent Dejean pouvait-il bien attendre ? Patricia Bouchon, ou un de ses dealers ? Est-il l’assassin, ou bien s’est-il trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ? Aurait-il été piégé par les assassins de Patricia Bouchon ? De quoi, éventuellement, a-t-il été témoin ? Les cris entendus par des riverains de l’impasse où se serait produit l’attaque attestent qu’il y avait bien là au moins deux personnes.

Par ailleurs, plusieurs de mes harceleurs ont bien voyagé entre le 11 et le 14 février 2011, et l’un d’eux conduisait une Clio chaussée de pneus Michelin identiques à celui qui a effectivement laissé une trace dans l’impasse où ont aussi été retrouvés des effets et traces de sang de la victime. Il s’agit de Laurent Morillon, demeurant à Montluçon, dans l’Allier, où les enquêteurs ne sont pas allés rechercher le véhicule aperçu sur les lieux du crime. Mettez-lui un bonnet sur la tête et vous avez le portrait-robot du suspect, c’est bien lui autant que Laurent Dejean.

Or, ce monsieur qui durant les trois semaines ayant suivi le crime n’a pas cessé avec tous ses complices de plaisanter publiquement de toutes les violences infligées à la victime a aussi exceptionnellement fait publier par son ami et complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi, le 3 mars 2011, un texte de sa composition qui consiste en une critique d’un western comportant des scènes « de violence inouïe » (sic), « True Grit », des frères Coen (voir ci-dessous), qu’il avait tout spécialement dédicacé à sa complice « Manue », de son vrai nom Emmanuelle Thomas, demeurant à Toulouse ou alentour, en relation directe avec l’assassin de Patricia Bouchon, un spécialiste de la prise qui lui aura brisé la nuque…

Ainsi livrait-il encore des clés sur le crime… l’héroïne du western, « une histoire archi-classique de vengeance », étant « une gamine de 14 piges [qui] a décidé de venger la mort de son père assassiné et engage un marshal avec le fric qu’elle a amassé… »

Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait effectivement collecté beaucoup d’argent pour mener à bien toutes ses entreprises criminelles à mon encontre, il en avait même tellement qu’au mois de mai 2011 il annoncera à ses lecteurs avoir décidé de fermer définitivement son atelier de dépannage informatique, car cet argent lui suffisait pour vivre sans travailler jusqu’à la fin de ses jours… ce qui lui permettait aussi de ne plus se consacrer qu’à ses passions criminelles… et il se mettait dès lors à pirater comme un fou sous le pseudonyme de « SaMo_Dz »…

 

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/meurtre-de-la-joggeuse-de-bouloc-un-proces-un-accuse-pas-de-mobile_2066067.html

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : un procès, un accusé, pas de mobile

 

Par Thibaut Solano, publié le 14/03/2019 à 07:53 , mis à jour à 12:25

Reproduction faite le 15 février 2011 de l'avis de recherche émis pour Patricia Bouchon, une joggeuse de 49 ans disparue la veille dans la campagne du nord de Toulouse. Une centaine de gendarmes étaient mobilisés ce jour pour retrouver cette mère de famille dont on est sans nouvelles depuis qu'elle est partie avant le lever du jour faire son jogging quotidien autour de Bouloc.

Reproduction faite le 15 février 2011 de l’avis de recherche émis pour Patricia Bouchon, une joggeuse de 49 ans disparue la veille dans la campagne du nord de Toulouse. Une centaine de gendarmes étaient mobilisés ce jour pour retrouver cette mère de famille dont on est sans nouvelles depuis qu’elle est partie avant le lever du jour faire son jogging quotidien autour de Bouloc.AFP PHOTO

 

Huit ans après la mort de Patricia Bouchon près de Toulouse, son tueur présumé affronte les assises, sans preuve irréfutable.

 

C’était une enquête difficile, ce sera un procès incertain. La cour d’assises de Haute-Garonne juge à partir de ce jeudi 14 mars l’affaire de la « joggeuse de Bouloc », telle qu’elle avait été surnommée dans les médias. Il n’est pas impossible que l’accusé, Laurent Dejean, 40 ans, ressorte libre à l’issue des quinze jours d’audience : les investigations n’ont pas cerné le mobile qui l’aurait poussé à tuer Patricia Bouchon, une mère de famille de 49 ans, et n’ont pas non plus été en mesure de recueillir de preuve irréfutable.

Le mystère, qui a généré beaucoup d’articles et d’émissions télévisées, débute le 14 février 2011 à Bouloc, près de Toulouse. En se levant ce matin-là, Christian Bouchon s’inquiète de ne pas trouver son épouse, Patricia. Chaque jour, elle part courir à l’aube et revient à l’heure du petit-déjeuner. Pour elle, le footing dès 4h30 du matin est plus qu’un rituel : c’est un toc. Obsédée par son poids, comme par la propreté de sa maison, elle peut même courir plusieurs fois par jour durant le week-end. En ce 14 février, accomplir son jogging est d’autant plus important qu’elle en a été privé les quinze jours précédents, la faute à une hernie abdominale.

L’époux craint une mauvaise chute, part à sa recherche, appelle les hôpitaux, en vain. Et se résout à contacter la gendarmerie.

Plusieurs affaires de joggeuses tuées

La disparition est jugée d’autant plus inquiétante que plusieurs affaires de « joggeuses » tuées par un prédateur ont déjà alimenté la rubrique fait divers en France. Notamment celle de Nelly Crémel, six ans plus tôt, en Seine-et-Marne, tuée par deux hommes dont l’un en liberté conditionnelle malgré une condamnation à perpétuité. Alors ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy s’en était pris au juge qui avait libéré le coupable, accentuant d’autant plus l’écho du drame.

Pour retrouver Patricia Bouchon, l’enquête est donc confiée à un juge et la gendarmerie met en place une cellule spéciale composée de seize limiers. On dit souvent que les crimes les plus difficiles à élucider sont ceux où victime et mis en cause n’ont aucun lien. Le cas ne fera pas exception.

Ainsi, des recherches sont lancées dans un rayon de 10 kilomètres autour du domicile des Bouchon, mais ne donnent rien pendant quarante-deux jours. C’est finalement un chasseur qui découvrira la dépouille sous une buse d’écoulement à…12 kilomètres de son domicile. Très dégradé par son séjour dans l’eau, le cadavre présente de multiples ecchymoses et des marques de strangulation mais aucune trace d’agression sexuelle. Les gendarmes relèvent trois ADN sur le corps et quelques témoignages alentour. Un couple qui dormait fenêtres ouvertes a entendu les cris d’une femme puis une voix masculine, le matin de la disparition, répéter : « Excuse-moi, excuse-moi ». Un automobiliste a aussi croisé la joggeuse puis une voiture immobilisée, tous feux éteints, vers 4h30, avec un homme au volant, bonnet noir sur la tête et barbe naissante.

Un portrait-robot qui fait basculer l’enquête

Ce dernier témoin permettra d’établir un portrait-robot qui ne sera pourtant pas dévoilé au public pendant deux ans et demi. « Le procureur craignait que sa diffusion noie les enquêteurs sous des témoignages farfelus », indique à L’Express une source proche du dossier. Sous la pression des avocats de la famille de Patricia Bouchon, le portrait est finalement publié dans la presse en octobre 2013.

Un lecteur reconnaît alors un homme. Trente-six autres personnes abonderont dans le même sens. Après plusieurs fausses pistes, les gendarmes tiennent un suspect sérieux, qui avait déjà été entendu dans la procédure : Laurent Dejean. Le 9 février 2015, soit quatre ans après le meurtre, le trentenaire est mis en examen pour homicide volontaire.

Célibataire et sans enfant, Dejean n’a pas d’antécédent judiciaire. Peu après la mort de Patricia Bouchon, l’enquête montre qu’il a manifesté des troubles sévères du comportement. Durant trente jours, il est resté reclus dans son appartement et à l’automne 2011, il a même été hospitalisé d’office en psychiatrie. Diagnostiqué schizophrène, il est aussi toxicomane et son entourage le décrit comme colérique. Rien ne le relie à la victime sinon le village où ils résident tous les deux.

Pas de trace ADN

Au terme de l’instruction, Laurent Dejean n’a cependant jamais avoué. Aucun des trois ADN relevés sur le corps ne correspond au sien. A la veille de son procès, son avocat Guy Debuisson se montre offensif : « L’enquête a erré très longtemps, explique-t-il à L’Express. Il a fallu trouver un coupable potentiel sur la base de ce portrait-robot très discutable. Le témoin a vu de façon fugitive un automobiliste à quatre heures du matin en plein mois de février… Et en plus, il a changé plusieurs fois de version ». De même, ajoute-t-il, le couple qui a entendu un homme répéter « Excuse-moi, excuse-moi » n’a pas reconnu Laurent Dejean. Pour eux, la voix était plus grave que la sienne ».

En face, les avocats des parties civiles se montrent pourtant confiants : « Je sais ce qu’il y a dans ce dossier, souligne Lena Baro à l’attention de L’Express. Il n’y a pas d’ADN mais il y a un faisceau d’indices. Huit ans après les faits, la famille espère que la vérité jaillira enfin. » Reste à savoir si ce faisceau d’indices emportera l’ultime conviction des jurés. Le verdict est attendu le 29 mars.

 

 

http://www.mylittlediscoveries.com/article-quot-true-grit-quot-premier-western-freres-coen-118155650.html

« True Grit », le premier western des frères Coen

 

Publié dans Culture – Ciné

« True Grit » est le premier western d’Ethan et Joel Coen. L’occasion pour les deux frères de retrouver Jeff Bridges et Josh Brolin, avec qui ils avaient respectivement tourné « The Big Lebowski » en 1998 et « No Country for Old Men » en 2007, et de travailler avec Matt Damon. Mais la révélation de ce film s’appelle Hailee Steinfeld et elle n’a que 13 ans!

 

TG_affiche

True Grit, western américain réalisé par Ethan et Joel Coen avec Jeff Bridges, Matt Damon, Josh Brolin, Hailee Steinfeld… (2h05)

 

A l’affiche en Angleterre et en France.

Synopsis: 1870, juste après la guerre de Sécession, sur l’ultime frontière de l’Ouest américain. Seule au monde, Mattie Ross, 14 ans, réclame justice pour la mort de son père, abattu de sang-froid pour deux pièces d’or par le lâche Tom Chaney. L’assassin s’est réfugié en territoire indien. Pour le retrouver et le faire pendre, Mattie engage Rooster Cogburn, un U.S. Marshal alcoolique. Mais Chaney est déjà recherché par LaBoeuf, un Texas Ranger qui veut le capturer contre une belle récompense. Ayant la même cible, les voilà rivaux dans la traque. Tenace et obstiné, chacun des trois protagonistes possède sa propre motivation et n’obéit qu’à son code d’honneur. Ce trio improbable chevauche désormais vers ce qui fait l’étoffe des légendes : la brutalité et la ruse, le courage et les désillusions, la persévérance et l’amour…(source Allocine)

 

TG_Cogburn_Damon

 

L’histoire intitulée « True grit » (qui signifie « avoir du cran ») a d’abord été publiée en 1968 sous la forme de roman-feuilleton dans le Saturday Evening Post. L’auteur, Charles Portis, en fera un roman en 1969, qui sera ensuite adapté au cinéma par Henry Hathaway sous le nom « 100 dollars pour un shérif ». C’est d’ailleurs pour ce film que John Wayne a remporté le premier et seul Oscar de sa longue carrière.

« Nous ne faisons pas un remake du film; nous voulons faire notre version du livre tel que l’a écrit Charles Portis », déclarent les frères Coen. Ethan précise: « Le récit est fait par une fille de 14 ans pleine d’assurance, ce qui donne probablement au livre son côté étrange et drôle. Mais il y a aussi une dimension « Alice au pays des merveilles » parce que cette jeune adolescente évolue dans un environnement vraiment exotique et décalé pour nous ».

La jeune actrice qui interprète l’héroïne a été auditionnée juste avant le début du tournage. Hailee Steinfeld, 13 ans, a dû suivre un entrainement au tir à armes à feu ainsi que des leçons de montée à cheval « façon western ». Elle crève l’écran dans « True Grit », son premier long-métrage, à tel point qu’elle a été nominée aux Oscars.

Ceux qui ont vu   »La Nuit du chasseur« , de Charles Laughton (tourné en 1955), reconnaîtront la musique du générique de fin. Ce morceau est un hymne titré « Leaning on the Everlasting Arms » qui a été composé en 1888 par Anthony Showalter, de la Première Église Presbytérienne de Dalton en Géorgie. Le film de Laughton aurait beaucoup influencé les frères Coen avant et pendant le tournage.

 

TG_Mattie_Cogburn

 

Mon avis: n’étant ni une fan de western, ni une inconditionnelle des frères Coen, je n’attendais rien de particulier de « True Grit ». J’ai apprécié les points forts du film, à savoir le jeu des trois acteurs principaux (Hailee Steinberg, Jeff Bridges et Matt Damon) ainsi que la photo, qui est magnifique, mais je l’ai trouvé un peu trop long. Il faut dire que malheureusement je suis passée à côté de la plupart des blagues de Jeff Bridges, car en VO sans sous-titres je peux vous dire que ce n’est pas du gâteau! Ceux qui iront voir le film comprendront ;o)

Voici un petit aperçu avec la bande-annonce:

 

 

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Yin

cuy gracioso 3

Aime le potage

Avis du 3 février 2015

Ce blog a été créé le 6 janvier 2015 pour prendre le relais du Petitcoucou venant d'être suspendu sans préavis ni avertissement en milieu de journée. Ayant eu cette fonction jusqu'au 1er février 2015, il devient un doublon du Petitcoucou suite à la réouverture de ce dernier après trois semaines de suspension, et sa reprise d'activité à compter du 2 février 2015.

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Avis

Les statistiques de ce blog sont bloquées depuis le 21 janvier 2015. Plus aucun compteur n'est incrémenté, ceux des visites du jour restent à zéro, les mises à jour ne se font plus.

Avis du 24 janvier 2015

Mes statistiques "avancées" sont de retour et font apparaître un record de visites le 21 janvier 2015 - record très modeste, mais néanmoins record pour ce blog nouveau-né. En revanche, les statistiques "basiques" sont toujours bloquées. Tout cela m'évoque bien évidemment les petites manies de Cyprien Luraghi qui n'a jamais pu supporter de voir s'envoler le nombre de mes lecteurs, qu'il surveille comme le lait sur le feu depuis la création de mon premier blog, sur Le Post, début septembre 2009.

Avis du 26 janvier 2015

Mes statistiques "basiques" sont de retour. Tout se passe normalement. Le Chinois de Thaïlande est inactif sur ce blog.

Avis du 31 janvier 2015

Mes statistiques "basiques" sont de nouveau bloquées depuis le 29 janvier.

Avis du 1er février 2015

Retour de mes statistiques "basiques".

Avis du 3 février 2015

Statistiques "basiques" de nouveau bloquées depuis le 1er février.

Avis du 6 février 2015

Mes statistiques "basiques" sont de retour. Tout fonctionne.

Avis du 11 février 2015

Mes statistiques "basiques" sont de nouveau bloquées depuis le 8 février.

Avis du 26 février 2015

Statistiques "basiques" enfin débloquées !

Avis du 27 février 2015

Statistiques "basiques" de nouveau bloquées depuis le 26 février. Ce petit jeu pourrait-il cesser ? On n'en voit pas l'intérêt... Complément de 22 h: merci de m'avoir rendu ces statistiques !

Avis du 4 mars 2015

Statistiques "basiques" de nouveau bloquées depuis le 1er mars. Merci de les débloquer et ne plus les bloquer ou les oublier en cet état à l'avenir.

Avis du 7 mars 2015

Statistiques "basiques" bien débloquées. Merci.

Avis du 25 mars 2015

Statistiques "basiques" bloquées depuis le 14 mars.

Avis du 2 avril 2015

Mes statistiques "basiques" sont de retour.

Avis du 26 avril 2015

Les statistiques "basiques" de ce blog sont encore bloquées, depuis le 10 avril 2015.

Avis du 28 avril 2015

Statistiques de retour. Merci.

Avis du 7 mai 2015

Je n'ai de nouveau plus de statistiques "basiques" depuis le 2 mai. Comme pour Petitcoucou, les statistiques "avancées" ont également disparu depuis deux jours.

Avis du 10 mai 2015

Statistiques "basiques" débloquées. Merci. Me manquent encore les statistiques "avancées".

Avis du 14 mai 2015

Toutes mes statistiques sont de retour depuis hier. Merci.

Avis du 3 octobre 2015

Les compteurs de mes statistiques avancées sont tous à zéro depuis le 1er octobre. Merci de me les rendre.

Avis du 5 octobre 2015

Statistiques "avancées" de retour ce soir. Merci.

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