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Archives pour janvier 2021

Procès de Balladur et Léotard : que des menteurs !

Ouh la, les vieux… à 90 ans passés ou presque, ils mentent encore comme des arracheurs de dents après avoir dit « Je le jure » à la plus haute cour de justice de la République, lui donnant pour le coup des allures de cour de récré…

Galy-Dejean, au piquet !

Tu reviendras quand tu auras cessé ton cirque !

A noter : un de mes harceleurs des années 1993 et 1994 est un de ses proches du groupe RPR du XVème arrondissement de Paris.

 

https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/un-menteur-au-proces-balladur

Un menteur au procès Balladur
Edouard Balladur
AFP

 

Un menteur au procès Balladur

 

Récit

Par

Publié le 28/01/2021 à 9:11

 

Même si l’ancien Premier ministre se dit étranger à tout financement occulte de sa campagne, son ancien trésorier et son ancien chef de cabinet s’écharpent à distance. Une ombre de dix millions de francs en cash d’argent sale pèse sur les débats.

 

Il y a un menteur dans la salle. Des deux témoins du jour au procès Balladur, un des deux ment. Il ment avec aplomb. Il ment comme un arracheur de dent. Et il ment sous serment. Là, droit dans les yeux de la Cour de Justice de la République, ses trois juges  professionnels et ses douze juges parlementaires, après avoir levé la main droite et dit « Je le jure ». Il ment pour cacher quelque chose. C’est une certitude. Et l’écho de ce mensonge, dans cette salle d’audience solennelle du vieux palais de justice de Paris, claque comme un aveu de culpabilité.

Oui, même 25 ans après, même si le conseil constitutionnel a validé ses comptes, même si Edouard Balladur en personne, avec un aplomb intact de chef d’État, vient dire qu’il ignorait tout, de ce mensonge naît une conviction : les comptes de sa campagne présidentielle de 1995 étaient inexacts. Ils ont été grossièrement renfloués en dernière seconde puisque l’origine des dix millions et deux cent cinquante mille francs en espèces qui ont été déposés au lendemain de la défaite du premier tour, reste inconnue.

Mais lequel des deux témoins est le menteur ? René Galy-Dejean, l’ancien chef de cabinet de Georges Pompidou, ex-maire RPR du XVe arrondissement de Paris, et trésorier de l’association de financement de la campagne Balladur en 1995 ? Ou Pierre Mongin, énarque, ancien préfet, ancien patron de la RATP, et ancien chef de cabinet à Matignon entre 1993 et 1995 ? Qui de l’ancien élu ou de l’ancien haut fonctionnaire ment sous serment ?

À LIRE AUSSI :« C’était lui, Léotard ? » : au début du procès Balladur, premier inventaire d’une époque révolue

Ce mercredi, Edouard Balladur s’avance le premier à la barre. À 91 ans, en huit petits pas, l’ancien Premier ministre vient s’agripper des deux mains au pupitre en plexiglas qui fait face au président de la Cour de Justice. « Matignon a été pour moi une période heureuse », confie-t-il d’entrée dans une conversation préliminaire où il évoque à haute voix les coulisses de sa vie politique. De l’histoire ancienne pour les moins de cinquante ans, mais la moindre de ses anecdotes aurait fait les délices de la presse des années 90. Voire la une des journaux.

« En 1993, François Mitterrand m’a nommé sans qu’il n’y ait eu la moindre négociation préalable avec qui que ce soit », jure Edouard Balladur, tordant le cou à l’idée d’un accord préalable avec celui qui deviendra son rival de 1995, Jacques Chirac. « Au début avec François Mitterrand, les choses étaient faciles, il était coopérant et aimable… » Mais quand le Premier ministre empiète sur les prérogatives présidentielles, au sujet de la vente de frégates à Taïwan, il se fait taper sur les doigts : « Monsieur Mitterrand m’a dit que j’étais allé trop vite, que j’aurais dû lui en parler, et que les virages diplomatiques ne se prenaient pas en épingle à cheveux ». L’ombre de l’ancien président flotte sur la salle. Edouard Balladur se souvient aussi du « conseil » du vieux président malade quand sa courbe des sondages a commencé à baisser : « Il m’a dit de faire trois déplacements par jour ! »

Autre digression préliminaire, Edouard Balladur se confie sur sa conception du travail en équipe : « Mon seul désir était de ne pas entendre parler de disputes. Je ne suis pas de ceux qui ont besoin d’organiser des rivalités dans leur entourage pour pouvoir montrer ensuite qu’ils ont de l’autorité.  C’est à mes yeux une sorte de faiblesse. »

« De l’épicerie »

Entre les digressions, le juge Pauthe tente de revenir au dossier. « La malveillance y est constante », siffle l’ancien chef du gouvernement estimant que cette affaire est « un ramassis de complications infinies, de dates, de sigles, de contrats » dans lequel il est « bien incapable de se retrouver ». « Le Premier ministre n’avait pas vocation à s’occuper de tout, mais doit se limiter à l’essentiel. » En clair, Edouard Balladur ignorait tout des intermédiaires désignés en marge des contrats de vente d’armes au Pakistan et Arabie saoudite, Ziad Takieddine en tête. « Il faudrait d’ailleurs écrire un opuscule sur la façon d’interpréter les déclarations de Monsieur Takieddine », ironise-t-il, raillant les multiples versions tenues par l’intermédiaire libanais aujourd’hui en cavale.

À l’entendre, Edouard Balladur ne s’est jamais occupé le moins du monde ni de ces contrats, ni de leur cuisine. « De l’épicerie », a résumé son ancien ministre de la Défense, François Léotard avec la pointe de mépris que la formule charrie dans la bouche d’un ministre concernant les tâches déléguées à son entourage.

Ventes de tee-shirt et briquets

Seul hic pour Balladur ces 10,250 millions de francs déposés au lendemain du premier tour de 1995 sur son compte de campagne. Selon l’accusation, ces fonds en espèces sont liés à Takieddine, qui a retiré des sommes équivalentes sur un compte suisse quelques jours auparavant. Mais Edouard Balladur s’accroche à sa version, celle qu’il a d’ailleurs présentée au conseil constitutionnel en 1995 : ces fonds en liquide provenaient des ventes de tee-shirt et briquets réalisées lors de ses meetings. « J’aurais pris le risque de participer à des opérations frauduleuses de 610 millions de francs, pour que me fussent alloués ces dix millions ? », ironise-t-il. « Et puis ces 10 millions, si on y réfléchit, cela représente 15.000 euros par département. »

Autre axe de défense, « le conseil constitutionnel a avalisé cette thèse », insiste l’ancien candidat, suggérant qu’il n’y aurait pas lieu aujourd’hui d’en reparler. Le président Pauthe n’insiste guère et ne revient pas sur les intenses discussions de l’époque au sein du conseil présidé par Roland Dumas, optant pour n’invalider ni le compte Balladur ni le compte de Jacques Chirac…

« Campagne désordonnée »

À la barre, Edouard Balladur admet néanmoins que sa campagne s’est conduite de façon « un peu désordonnée ». Il se souvient avoir été alerté sur une explosion des dépenses et des recettes insuffisantes. « J’avais davantage le souci des dépenses, pour les recettes, j’étais confiant. Mais vous croyez que c’était à moi de m’occuper de tout cela ? » Sur tous ces détails, il est « incapable de répondre ». Et si aucune pièce justificative n’est jamais venue justifier le moindre dépôt d’espèce ou la vente du moindre tee-shirt, cela résulte selon lui « davantage d’un certain désordre que d’une intention maligne ».

Au micro aujourd’hui, sa voix est la même celle des documentaires d’époque. Cette voix calme et posée de son célèbre « Je vous demande vous arrêter », réclamant le silence, ce 23 avril 1995 à ses supporters sifflant Chirac… Mais interrogé par le procureur général François Molins sur l’hypothèse selon laquelle ces 10 millions suspects en espèces proviendraient des fonds spéciaux de Matignon, Edouard Balladur, cette fois-ci, hausse le ton. Il se souvient d’avoir utilisé les fonds spéciaux lors de la prise d’otage à Neuilly, quand « Human Bomb » réclamait une rançon de 43 millions de francs et le jour où « les autorités du pays où se cachait le terroriste Carlos sollicitaient des espèces pour son arrestation ». « Voilà à quoi servaient les fonds spéciaux », insiste-t-il. Pas à financer sa campagne !

Conscience tranquille et mains blanches

Pourtant, c’est ce que suggère désormais son ancien directeur de cabinet, Nicolas Bazire (condamné dans ce même dossier à cinq ans de prison dont trois ferme par le tribunal correctionnel) dans un courrier adressé à la Cour de Justice. « Un jeu de coïncidences et de rapprochements », se défend Edouard Balladur. « Je me sens pour ma part la conscience totalement tranquille. »

Son audition a duré un peu moins de deux heures. Il s’est rassis, a posé délicatement ses mains sur la table devant lui. Des mains blanches sans tache, très longues et très fines de quelqu’un qui plaide justement les mains propres. Puis il demande à rentrer chez lui. L’âge lui permet d’échapper à ce qui va suivre : un violent désaccord sur des questions d’épicerie qui pourtant le concernent tant.

Le ton se tend

Dans le match qui se joue à la barre, le premier à monter sur le ring s’appelle René Galy-Dejean. « Je vais avoir 89 ans dans quelques semaines », commence celui qui fut maire RPR de l’arrondissement le plus peuplé de Paris de 1983 à 2008. Il connaît Edouard Balladur depuis 1967 et leur passage au cabinet du Premier ministre d’alors Georges Pompidou. Puis en 1995, René Galy-Dejean est désigné trésorier de l’association de financement du grand favori de tous les sondages. « J’ai été plaqué sur un système qui existait déjà, prévient-il d’entrée, la voix lente et hésitante. Nicolas Bazire m’avait prévenu que ma mission ne consistait pas à s’occuper des recettes ».

Puis assez vite, en mars 1995, René Galy-Dejean demande à voir le candidat : « C’est d’ailleurs la seule fois où je l’ai vu durant la campagne, pour attirer son attention sur la dérive exponentielle des dépenses. » Galy-Dejean décrit un fonctionnement « désordonné » avec des dépenses de campagnes plafonnées à 90 millions de francs, qui dérivent, d’autant plus incontrôlées que le favori commence sa dégringolade. Même coté recettes, selon lui, les choses se grippent. « Pendant la campagne, il n’y avait pas de don anonyme », jure-t-il. « On avait les recettes que j’appelle celles du 2e étage, parce qu’au 2e étage du QG de campagne il y avait l’étage dirigé par Brice Hortefeux qui s’occupait des meetings, et il leur arrivait de nous apporter des sommes de l’ordre de 100 000 ou 200 000 francs. » Mais René Gally-Dejean admettra aussi n’avoir « jamais cru » que ces fonds provenaient réellement des meetings. Petit à petit, le ton de cette audience se tend. Comme toujours dans ces procès politiques, c’est le passage en cuisine qui change la donne. Quand les billets se comptent…

« Des liasses toutes neuves sorties des caisses de la banque de France »

À la barre, Galy-Dejean se tortille. La voix du président Pauthe s’est raffermie. Le magistrat détaille les « thèses » avancées jusque-là par l’ancien trésorier sur ces fameux 10 millions deux cent cinquante mille francs en espèces déposés le 26 avril 1995 sur le compte de campagne du candidat battu. « Le lendemain du premier tour, l’immeuble de campagne s’est vidé. Seule la cellule du 4e étage, où j’étais, est restée en place, commence René Galy-Dejean. Pierre Mongin m’appelle et me demande de venir le voir. » Ce lundi 25 avril, vers 11 heures, le trésorier se retrouve à Matignon, dans le bureau du chef de cabinet du Premier ministre.

La suite a des allures de thriller : « Pierre Mongin me dit qu’il y a lieu de faire un important dépôt d’espèces sans quoi Edouard Balladur va se retrouver dans une situation grave et terrible pour lui à titre personnel ». Le candidat a en effet contracté un emprunt de 31 millions de francs, garanti sur ses propres deniers. En clair, explique Galy-Dejean, si le compte de campagne n’est pas renfloué en urgence, alors qu’il est déficitaire d’environ dix millions de francs, Edouard Balladur risque de tout perdre. « J’ai dit à Pierre Mongin que j’étais d’accord pour déposer une forte somme mais j’y mets une condition. J’espère qu’on ne va pas me faire déposer des liasses toutes neuves sorties des caisses de la banque de France en me demandant de dire ensuite que ce sont des fonds des militants ! »  L’ancien trésorier l’assure, dans ce bureau du chef de cabinet du Premier ministre, celui en charge des fonds spéciaux, il a immédiatement flairé un piège. « Pierre Mongin était embarrassé, il m’a dit qu’il me rappellerait à 15 heures. C’est ce qu’il a fait. Il m’a alors demandé de venir chercher une somme de trois millions de francs en coupures usagées ».

Une valise pleine de cash sort de Matignon

Nous y voilà dans le vif du sujet. Cette fois-ci, alors qu’aucun des parlementaires n’a posé la moindre question à l’ancien Premier ministre, la plupart se mettent à prendre des notes. Tous interrogeront tout à l’heure les deux témoins. Ont-ils estimé que le procès était en train de se jouer là, sur ces espèces, cet argent sale de la campagne ?

Galy-Dejean raconte la suite, détaille cette valise en faux cuir marron d’un mètre de long et cinquante centimètres de large, pleine de cash en sortant de Matignon. L’ancien trésorier transporte l’auditoire de la salle d’audience dans une épicerie de Palerme : « J’ai ramené les billets au 4e étage de l’immeuble de campagne, je les ai étalés sur des tables, et il a fallu recompter, cela a pris des heures. » Il est formel, il n’y avait pas 10 millions, mais « seulement » trois millions de francs. Ce soir du 25 avril, « ces trois millions enliassés proprement » sont ensuite déposés dans une armoire forte du QG. Puis le lendemain, le trésorier et son assistant parlementaire transportent la valise au siège du Crédit du Nord, où dans un sous-sol, les machines à compter les billets effectuent « en un quart d’heure » un nouveau calcul. « Il y avait trois millions », insiste Galy-Dejean.

L’embarras de la banque

Sauf que le directeur du Crédit du Nord assure que le dépôt du 26 avril est de 10 250 000 francs. « Qui aurait déposé les sept millions restants ? »interroge le président Pauthe. « Ils ont été déposés à mon insu, on ne m’en a pas parlé », maintient Galy-Dejan qui raconte d’ailleurs avoir ensuite été mis à l’écart. Il n’a pas signé les comptes définitifs. Et Edouard Balladur a finalement désigné quelqu’un d’autre pour aller détailler les factures de la campagne devant le conseil constitutionnel. « Cette personne ne m’a jamais appelé, elle a tout traité avec Nicolas Bazire », poursuit l’ancien trésorier, comme amer. Pressé de questions sur l’identité du dépositaire des sept millions, il hésite à formuler ses suppositions. « C’est une personne qui avait accès au Premier ministre et au banquier », raisonne-t-il. Du bout des lèvres, René Galy-Dejean cite les noms de Nicolas Bazire et de Pierre Mongin. Il évoque aussi « l’embarras de la banque ». « Pour le Crédit du Nord, il valait mieux un gros versement que deux versements en espèces, sinon elle aurait dû faire une déclaration à Tracfin », avance-t-il, évoquant l’organisme en charge de la lutte contre le blanchiment.

Accroché à son pupitre, Galy-dejean se tortille de plus en plus et revient en arrière. « À partir du 15 mars 1995, je n’ai plus été convoqué aux réunions, j’ai eu un passage difficile », raconte-t-il la voix basse. « Effectivement, j’aurais pu prendre une décision, et la gravité d’une telle décision ne pouvait pas m’échapper, elle anéantissait la campagne », poursuit-il. Entre les lignes, l’ancien trésorier est en train d’avouer qu’il était conscient d’un malaise concernant le financement de cette présidentielle qui, s’il le révélait, aurait provoqué « la défaite du candidat » dont il « souhaitait la victoire ». « A partit du moment où j’ai fait savoir que je ne maîtrisais plus rien, la campagne s’est continuée sans moi. Et à partir du moment où un dépôt a été effectué ensuite sans moi à la banque, c’est qu’on a considéré qu’on pouvait se passer de mes services », estime-t-il.

« Je ne peux pas dire qui »

L’ambiance s’est alourdie dans la salle. « Qui vous a manipulé ? » insiste une des juges. Le trésorier observe un long silence. Cherche ses mots. Hésite. La juge revient à la charge à plusieurs reprises. « Je pense le responsable de la campagne », avance-t-il, désignant Nicolas Bazire, puis reculant aussitôt, modulant d’un « je ne peux pas dire qui ». Une tempête semble s’agiter sous le crâne du témoin. Il se ravise : « J’ai tout lieu de penser qu’Edouard Balladur n’était pas au courant de tout cela. »

A tour de rôle, les juges se disputent le micro. Les questions fusent de chaque côté, autour d’un ancien trésorier qui semble comme épouvanté des perspectives qu’il a ouvertes. « Oui, les fonds en espèce, je me doutais bien que cela ne venait pas des collectes dans les meetings », admet-il. « À mon avis, le vrai patron de la campagne était Nicolas Bazire, et Pierre Mongin détenait les fonds », reconnait-il. « J’ai considéré que je ne pouvais pas démissionner en pleine campagne, je sabordais la campagne je n’en avais pas le droit. » Il maintient sa ligne : jamais il n’a été informé du dépôt de sept millions, et pour lui, les trois millions reçus à Matignon dans le bureau de Pierre Mongin provenaient des fonds spéciaux, ces fameuses espèces mises à disposition du Premier ministre. « Ce n’était pas illicite », tente de nuancer Galy-Dejean, puisque le Premier ministre était selon lui libre d’en faire ce qu’il voulait. « Mais alors pourquoi avoir refusé des billets neufs de la banque de France si ce n’était pas illicite ? » s’étonne le président Pauthe. « Devant le conseil constitutionnel, cela aurait été invraisemblable de dire que de l’argent des meetings était en billets de 500 francs neufs », se défend René Galy-Dejean.

Le président sort une lettre, celle adressée à la Cour par Nicolas Bazire. Dans ce courrier, il estime que René Galy-Dejean a bien exercé « la plénitude de ses fonctions de trésorier » et qu’il a validé le dépôt total de treize millions en espèces, dont les dix millions du 26 avril. « Il est bien bon Nicolas Bazire, ironise Galy-Dejean, après avoir dit que j’étais totalement incompétent, il vient dire maintenant que j’étais un trésorier extraordinaire ! » Mais il persiste et signe : Pierre Mongin lui a bien remis trois millions en espèces, des coupures usagées à sa demande, qu’il pensait provenir des fonds spéciaux.

« Cette histoire est une fable »

Il est 18 h 30. Arrive à la barre, depuis la salle des témoins où il est enfermé depuis 14 heures, Pierre Mongin. « J’ai 66 ans, je suis préfet honoraire », dit-il avant de prêter serment à son tour. Oui, il était en charge à Matignon, comme les 41 chefs de cabinet entre 1946 et 2002 date de leur suppression, de l’utilisation des fonds spéciaux, ces billets neufs qui servaient à faire tourner la machine administrative. « Je n’avais aucune marge de manœuvre, prévient-il, juste la procuration sur le compte. Je sortais les fonds et je les remettais à qui on me disait de les remettre. » Autant à ce micro, René Galy Dejean parlait à voix basse et lentement, autant Pierre Mongin, a la voix qui porte et débite des phrases à la mitraillette.

Après avoir écouté ses explications générales, façon exposé de l’ENA, le président avance une première question concrète : « Est-ce que la campagne d’Edouard Balladur a bénéficié de fonds spéciaux ? » « Pas à ma connaissance », réplique l’ancien préfet. Le président détaille le récit que vient de faire à la Cour, lui aussi sous serment, René Galy-Dejean… Cette fois-ci, Pierre engin s’emporte : « Je n’ai jamais donné d’argent à M. Galy-Dejan ! Cette histoire est une fable. C’est absurde. Cela n’a aucune base rationnelle. Je suis exaspéré et indigné de cette histoire. Elle est sortie du chapeau de M. Galy-Dejean. Cela ne tient pas la route. »

« Les bras m’en tombent »

À lui aussi, le juge Pauthe lit la lettre de Nicolas Bazire envoyée à la Cour. Dans ce courrier, l’ancien directeur de campagne énumère tout ce qu’a pu faire Pierre Mongin lors de la présidentielle, choisissant le trésorier, rémunérant certains permanents, à son initiative, à l’aide de fonds spéciaux et se chargeant même de faire « nettoyer » ensuite les ordinateurs … « Comment ça ? réagit l’intéressé, comme médusé. Les bras m’en tombent ! » Pressé de questions sur des retraits en espèces de fonds spéciaux début 1995, l’ancien préfet semble avoir du mal à reprendre ses esprits. Pierre Mongin ne se souvient ni des montants, ni des détails, mais il jure sur tous les tons qu’il n’a jamais remis de fonds à René Galy-Dejean. « Je trouve cela déraisonnable… indamissible. » Il certifie aussi que les billets en provenance de la banque de France étaient exclusivement « des billets neufs ». « Les fonds spéciaux ont bon dos, raille l’ancien chef de cabinet. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la République qu’on les évoque. Mais je le redis devant votre Cour sous serment, je n’ai pas financé M. Galy-Dejean, ni cette campagne. »

Une autre juge vient à la charge : « Nous sommes dans une affaire rocambolesque. Y a-t-il eu un cambriolage à Matignon et une disparition de fonds ? »  « Non » , réplique du tac au tac le témoin. « D’autres que vous avaient accès au coffre des fonds spéciaux ? » Cette fois-ci, alors qu’avec Pierre Mongin les réponses fusent, un long silence se fait. Il semble hésiter et réfléchir à ce qu’il va dire. « Je ne crois pas », répond-il finalement. « Enfin j’espère », nuance-t-il aussitôt. Pierre Mongin semble désarçonné. Et l’ombre de ces 10 millions en cash, même si le principal intéressé a quitté l’audience depuis plusieurs heures, a maintenant tout envahi. Comme une odeur d’arrière-cuisine sale…

 A LIRE AUSSI : Procès Balladur : le vieillard sublime, le retraité grincheux et le témoin gênant

 

 

https://www.lejdd.fr/Societe/Justice/au-proces-balladur-la-note-qui-peut-tout-changer-4022080

Au procès Balladur, la note qui peut tout changer

 

09h04 , le 31 janvier 2021

ABONNÉS

 

Le trésorier de la campagne de 1995 jurait avoir tout ignoré des versements en espèces. C’était faux.

 

L'ancien député (RPR) René Galy-Dejean.

L’ancien député (RPR) René Galy-Dejean. (Christophe Morin / IP3/MAXPPP)

 

Un seul être vous ment et tout est dérangé. Le procès d’Edouard Balladur devant la Cour de justice de la République (CJR) pour le financement de sa campagne présidentielle de 1995 a soudain dévié de sa route, mercredi, quand un document oublié a placé l’un des principaux témoins à charge devant ses contradictions. Le témoin confondu est l’ancien député (RPR) René Galy-Dejean, 88 ans, qui fut le trésorier de ladite campagne. Quant à la pièce décisive, c’est une note signée par lui le 13 juin 1995, peu avant la clôture des comptes du candidat, dont il avait la charge.

« Avez-vous adressé une note à Edouard Balladur? », a demandé le président de la CJR à l’ancien parlementaire. « Non », a-t-il répondu… avant qu’on lui mette la note sous les yeux. « C’est ce que je considérais devoir faire, je n’ai plus en mémoire les éléments », a-t-il alors concédé, embarrassé.

Un « nettoyage » des disques durs

D’où vient ce document? C’est Nicolas Bazire, jadis directeur du cabinet de Balladur à Matignon (et à présent haut dirigeant du groupe LVMH) qui l’a fait remettre à la justice, comme l’a révélé cette semaine Le Canard enchaîné. Que contient-il? Le bilan des opérations financières effectuées pour le candidat avant la présentation des comptes officiels au Conseil constitutionnel. « A détruire après lecture, est-il précisé par Galy-Dejean. Il n’en existe qu’un autre exemplaire, sous coffre, et qui sera prochainement détruit par mes soins. » Le courrier – dont le JDD détient une copie – indique aussi que « les disques durs des ordinateurs utilisés ont fait l’objet d’un ‘nettoyage’ par les soins d’un spécialiste du ministère de l’Intérieur », signe que la plus grande discrétion s’imposait.

Surtout, dans le récapitulatif des « ressources » annexé à la note figure la somme de 13,2 millions de francs, présentée comme le produit de « collectes et ventes » durant les meetings du candidat. Or René Galy-Dejean a toujours affirmé, durant l’enquête, n’avoir pas eu connaissance d’un tel versement. Interrogé à plusieurs reprises, l’ex-trésorier n’a revendiqué qu’un seul dépôt d’argent liquide de 3 millions de francs, extraits selon lui des « fonds spéciaux » du gouvernement et remis par le chef du cabinet de Balladur, Pierre Mongin, qui animait aussi la « cellule trésorerie » du Premier ministre-candidat.

A l’en croire, les 10,2 millions restants auraient été apportés sans qu’il le sache peu après la défaite, pour mettre le compte à l’équilibre. Galy-Dejean a même soutenu avoir été tenu dans l’ignorance des recettes de la campagne, a fortiori de tout versement d’espèces, et carrément « écarté de l’achèvement des comptes de campagne ». Et c’est seulement en 2010, par deux journalistes du site Mediapart, qu’il aurait appris les mouvements qu’on lui avait cachés. La note exhumée de 1995 prouve qu’il n’en était rien.

Une relecture de l’affaire?

Outre qu’il compromet l’ancien trésorier, pris en flagrant délit de mensonge sous serment, le document pourrait donc imposer une relecture de l’affaire. En effet, les protestations de René Galy-Dejean ont nettement contribué à faire naître le soupçon originel : si l’apport des fonds était dissimulé au trésorier lui-même, n’était-ce pas en raison de leur origine inavouable? D’où la thèse selon laquelle les millions de la campagne devaient provenir de commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan. A la même époque, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine retirait de son compte à Genève une somme avoisinante ; le rapprochement était tentant.

Maintenant que les déclarations du trésorier ont pris l’eau, l’hypothèse d’un financement puisé dans la réserve des « fonds spéciaux » peut refaire surface. Dans sa lettre à la CJR, Nicolas Bazire souligne qu’entre mars et avril 1995, à la veille du premier tour de la présidentielle, 29,74 millions de francs avaient été retirés « du compte de ces fonds spéciaux ». Condamné dans le volet non ministériel de cette affaire (il a interjeté appel), il désigne Pierre Mongin, son ancien subordonné, comme l’opérateur de ces retraits et la cheville ouvrière du financement de la campagne.

« Je n’ai eu strictement aucun rôle », a répondu l’intéressé devant la CJR, se disant « exaspéré et indigné ». Pour la justice, l’utilisation de fonds secrets dans une campagne pourrait être aussi illégale que celle de commissions occultes. Mais si la CJR en venait à valider ce scénario, les poursuites lancées contre Edouard Balladur auraient emprunté la mauvaise voie. Elles pourraient alors s’achever sur une impasse.

 

Le tueur de DRH reste totalement muet

Cependant, les investigations avancent sur ses licenciements successifs, le premier entre 2006 et 2008, le second en 2010, et sur sa radiation de Pôle emploi en 2013.

Les deux licenciements étaient individuels, prononcés pour faute ou cause réelle et sérieuse.

Aucune contestation du salarié n’est pour l’heure évoquée.

Il faut savoir à ce sujet que l’absence d’une procédure prud’homale ou autre à la suite d’un licenciement ne signifie pas pour autant que celui-ci est nécessairement pleinement justifié, surtout quand le salarié est ingénieur ou cadre.

En effet, en règle générale, celui qui conteste son licenciement, même avec d’excellentes raisons pour ce faire, et au final, une victoire judiciaire, se retrouve ensuite « grillé » dans le monde du travail, c’est-à-dire qu’il ne pourra jamais retrouver aucun emploi, ou seulement avec d’énormes difficultés, car pour la plupart, les employeurs n’ont pas besoin de salariés qui contestent leurs décisions. Ceci est encore plus vrai pour les ingénieurs et cadres que pour les autres car ils sont censés être plus proches de leurs employeurs.

A peu de choses près, donc, les ingénieurs et cadres victimes de licenciements abusifs, injustifiés ou sans cause réelle et sérieuse se voient en fait confrontés à la nécessité de choisir la manière dont ils vont se faire « griller » ou véritablement tuer socialement : par les fautes imaginaires invoquées pour les licencier sans indemnités, lesquelles vont circuler comme des fautes réelles dans leur milieu professionnel ou auprès de tous leurs nouveaux employeurs potentiels et en donner l’image de mauvais professionnels, ou par la solide réputation de contestataire acquise à l’occasion d’un procès prud’homal, laquelle est également rédhibitoire pour tout nouvel emploi.

Les agents de Pôle emploi, ou anciennement l’ANPE, le savent parfaitement, mais s’en moquent. Leur mission consiste à pourvoir aux besoins exprimés par les employeurs, et pour le reste, à gérer le troupeau de demandeurs d’emploi selon les dernières règles en vigueur et les consignes de leur direction.

On notera enfin comment le non ingénieur, non cadre, non informaticien et tout juste titulaire d’un CAP de coiffeur Jean-Marc Donnadieu me harcèle à propos de cette affaire depuis le 28 janvier à 18h01 :

 

http://satanistique.blogspot.com/2021/01/attention-cyprien-luraghi-disparu-de.html#comment-form

3 commentaires:

Le tueur de DRH reste totalement muet dans AC ! Brest blank

https://www.20minutes.fr/societe/2964115-20210128-tuerie-valence-sait-apres-mort-deux-femmes-abattues-arme-feu-homme

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Réponses

 

http://satanistique.blogspot.com/2021/01/assassinats-de-drh-en-alsace-et-dans.html#comment-form

2 commentaires:

  1. blank dans Folie

    C’est un ingénieur et il a tué trois femmes.

    https://www.bfmtv.com/police-justice/double-meurtre-a-valence-des-liens-averes-avec-un-autre-homicide-en-alsace_AN-202101290146.html

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  2. blank dans LCR - NPA

    Vous allez faire pareil ?

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https://www.lefigaro.fr/faits-divers/le-parcours-sanglant-de-gabriel-f-le-tueur-de-drh-mis-en-examen-pour-assassinats-20210130

Le parcours sanglant de Gabriel F., le tueur de DRH mis en examen pour «assassinats»

 

Tout au long de sa garde à vue, le suspect est resté muet. Il a été écroué.

 

Par Le Figaro avec AFP

Publié il y a 8 heures, Mis à jour il y a 6 heures

 

Gabriel F., soupçonné d’avoir tué deux personnes jeudi dans la Drôme et en Ardèche, a été mis en examen pour «assassinats», a annoncé ce samedi 30 janvier le procureur de Valence, Alex Perrin. Tout au long de sa garde à vue, le suspect est resté muet. Il a été incarcéré. L’information judiciaire sera dirigée par deux juges d’instruction en raison de «l’extrême gravité des faits commis et de l’ampleur des investigations à réaliser», selon le procureur.

«Célibataire sans enfants, ingénieur sans emploi et inconnu des services judiciaires et des services de renseignements», Gabriel F., 45 ans, a tué jeudi une employée de l’agence Pôle emploi de Valence, dont il avait été radié en 2013. «Rien n’établit en l’état qu’il la connaissait», a précisé le procureur dans un communiqué.

Il a par la suite tué la DRH de l’entreprise Faun, dans la commune voisine de Guilherand-Granges (Ardèche), où il avait été salarié entre 2008 et 2010, en qualité d’ingénieur, avant d’en être licencié. Il avait connu la DRH durant sa période d’activité au sein de l’entreprise, selon Alex Perrin. «La préméditation sur les deux faits est parfaitement avérée», selon le procureur.

À lire aussi :Drôme-Ardèche : une conseillère Pôle Emploi et la DRH d’une entreprise tuées par balle

Au fil de l’enquête, la police a fait le lien avec le meurtre d’une autre responsable des ressources humaines, mardi dans le Haut-Rhin, suivi de l’agression d’un cadre RH dans le même département, selon une source proche du dossier. Ce samedi 30 janvier, le procureur n’a pas confirmé le lien entre le double assassinat et ce meurtre, mais a indiqué que cette «possibilité» était examinée.

La presse du Grand Est a révélé que les personnes visées dans le Haut-Rhin avaient travaillé au milieu des années 2000 pour une entreprise d’Eure-et-Loir où Gabriel F. aurait alors fait les frais d’un plan de licenciement. Il est aussi établi que le suspect a fait l’objet en 2010 d’un «licenciement individuel» dans l’entreprise ardéchoise où il a achevé son expédition sanglante.

À voir aussi – Tireur de Valence: il n’y a «pas de logique particulière» à son geste, selon le procureur

Tireur de Valence: il n’y a «pas de logique particulière» à son geste, selon le procureur

 

Meurtre mystérieux à Wolfgantzen

Mardi vers 18h40 à Wolfgantzen, une femme de 39 ans a été découverte morte dans sa voiture, sur le parking de son entreprise, par d’autres salariés, avait indiqué mercredi la procureure de la République de Colmar, Catherine Sorita-Minard. Une autopsie devait avoir lieu vendredi à Strasbourg, mais selon les «premiers éléments», la victime a été «tuée par arme à feu».

Selon plusieurs médias, Estelle L., était DRH de l’entreprise Knauf, fabricant de matériaux d’isolation. Le nom de cette mère de deux filles de 9 et 13 ans avait été diffusé sur les réseaux sociaux en 2018, avec le hashtag #BalancetonDRH. Une enquête pour assassinat a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Strasbourg et à la brigade de recherches de la gendarmerie de Colmar.

Un peu plus tard dans la soirée de mardi à Wattwiller, à une quarantaine de kilomètres de Wolfgantzen, un homme a été victime d’une tentative d’homicide chez lui.

«Je suis chez moi en train de travailler, ça sonne à la porte, je vais ouvrir. Quelqu’un masqué, comme cela doit se faire avec le Covid, tient un carton dans les mains. Il y a un coup de feu qui part, visiblement il y avait un pistolet, semblerait-il sous le carton à pizza», a raconté la victime à Europe 1. «Il n’a pas réussi à tirer un deuxième coup. Il part en courant, je le suis, je le rattrape, je le plaque au sol, je voulais simplement le retenir et le maîtriser. Se déclenche une bagarre, il arrive à m’échapper des mains, (…) je continue à lui courir après, mais il s’était enfermé dans sa voiture. J’étais chez moi en chaussettes… je n’ai pas réussi à le retenir, et voilà», a-t-il poursuivi.

L’homme a indiqué que lui et la femme tuée à Wolfgantzen étaient «d’anciens collègues» et «étaient encore en relation». Une enquête a été ouverte pour «tentative d’assassinat» par la procureure de Mulhouse Edwige Roux-Morizot.

Stupeur à Pôle emploi

Deux jours après, jeudi vers 08h30, le suspect, inconnu des services de police, est entré dans une agence Pôle emploi à Valence. Comme le rapporte Le Parisien , cet homme d’origine antillaise, au crâne chauve, s’est présenté à l’hôtesse comme un certain «Rachid» mais l’employée ne l’a pas trouvé pas dans les fichiers. Il a ensuite insisté avec courtoisie avant de se diriger subitement vers l’issue de secours. Il a alors touché mortellement une femme de 53 ans, plongeant employés et visiteurs dans l’effroi.

Il «s’est adressé à une employée, sans qu’on sache s’il la connaissait et, très vite, il a fait feu à une reprise avec une arme, la blessant mortellement au thorax», selon le procureur de la République à Valence, Alex Perrin. «À priori, il n’avait pas un comportement agressif, jusqu’au moment où il fait feu avec une détermination réelle pour tuer», a ajouté le magistrat. L’agresseur est reparti en voiture. La victime, elle, n’a pas pu être réanimée.

L’homme a ensuite parcouru 10 km et rejoint Faun Environnement, entreprise qui fabrique des véhicules de collecte de déchets à Guilherand-Granges (Ardèche), sur l’autre rive du Rhône. Là, «il a demandé à avoir un contact avec un cadre et a rapidement fait feu sur une employée de 51 ans, atteinte à deux reprises mortellement» à l’abdomen et au visage, a précisé Alex Perrin.

«Sauvage et renfermé»

«C’est un ancien salarié qui est venu se faire justice», a assuré à l’AFP Philippe Fayat, délégué syndicat CFDT de l’entreprise. Selon lui, le tireur avait fait l’objet en 2010 d’un «licenciement individuel». «C’est (la victime) qui l’avait licencié. Ce n’était pas elle qui avait pris la décision, mais elle était là quand il a quitté l’entreprise», a-t-il précisé. Gabriel F. a ensuite été interpellé après avoir été percuté en voiture par un véhicule de police, alors qu’il empruntait un pont à contre-sens, en direction de Valence. Une perquisition de sa voiture a permis la découverte d’une seconde arme de poing et de multiples cartouches 9 mm.

Son voisinage – l’homme réside à Nancy -, décrit un individu solitaire. «C’est un homme qui était bien élevé mais plutôt sauvage, renfermé. Nous sommes vraiment bouleversés par ce qui s’est passé », raconte une voisine à Vosges Matin . «On ne l’a jamais vu avec quelqu’un, pas de femme, pas d’ami, il était toujours seul. Toujours bien habillé, il sortait se promener puis rentrait à 17 heures et ne sortait plus», indique une deuxième voisine.

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/mis-en-examen-et-ecroue-le-tueur-de-drh-reste-muet-sur-ses-motivations-30-01-2021-2411919_23.php#

Mis en examen et écroué, le tueur de DRH reste muet sur ses motivations

Mis en examen et ecroue, le tueur de DRH reste muet sur ses motivations
Mis en examen et écroué, le tueur de DRH reste muet sur ses motivations © AFP/PHILIPPE DESMAZES

 

Source AFP

Publié le 30/01/2021 à 13h46

 

Gabriel Fortin, meurtrier présumé d’une DRH et d’une employée de Pôle Emploi, jeudi dans la Drôme et l’Ardèche, a été mis en examen samedi pour « assassinats » et écroué, restant muet sur les raisons de son geste.

« La préméditation sur les deux faits est parfaitement avérée », a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, ne pouvant cependant confirmer, tout comme ses homologues de Mulhouse et Colmar, le lien entre ce double assassinat et un meurtre, ainsi qu’une agression, survenus dans le Haut-Rhin en début de semaine.

Cette « possibilité » est encore en train d’être examinée, a simplement ajouté M. Perrin.

Vendredi, une source proche du dossier avait confirmé à l’AFP que M. Fortin était également soupçonné du meurtre d’une autre DRH, Estelle L., tuée par balle mardi sur le parking de son entreprise, Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), tout comme de l’agression d’un homme travaillant aussi dans les ressources humaines, attaqué chez lui à Wattwiller, dans le même département. Et ce sur la foi de « la voiture, les armes et les munitions ».

Son agresseur, qui l’a raté, a fui dans une voiture de la même couleur - rouge-orangé - que celle utilisée par M. Fortin. La presse alsacienne indique que ces deux personnes ciblées sont liées à un plan social ayant touché, dans les années 2000, une entreprise d’Eure-et-Loir dont le suspect de Valence était salarié à l’époque.

Selon une autre source proche du dossier, l’homme attaqué à Wattwiller est employé chez General Electric à Belfort, où il est DRH de la branche Gaz.

« Durablement choqués »

Le mis en examen, resté mutique durant ses 48 heures de garde à vue, « n’a pas souhaité davantage s’exprimer » lors de son déferrement, précise M. Perrin, évoquant « l’ampleur des investigations à réaliser » qui nécessitera la mobilisation de deux juges d’instruction.

Côté balistique, « en l’état, nous n’avons pas encore la certitude » que l’arme « légère » qui a servi à tuer Estelle L., un Luger de 9 mm, est celle retrouvée sur Gabriel Fortin lors de son interpellation, a indiqué vendredi à l’AFP la procureur de Colmar, Catherine Sorita-Minard. « Une expertise balistique va être menée et permettra peut-être de le confirmer », a-t-elle ajouté.

« Célibataire sans enfants, ingénieur sans emploi et inconnu des services judiciaires et des services de renseignements », Gabriel Fortin avait été inscrit à l’agence Pôle Emploi de Valence avant d’en être radié en 2013 mais « rien n’établit en l’état qu’il connaissait » l’employée qu’il a froidement tuée, Patricia P., 54 ans, a précisé le procureur de Valence.

En revanche, il connaissait Géraldine C., 51 ans, la directrice des ressources humaines qu’il a par la suite abattue dans l’entreprise Faun, à Guilherand Granges (Ardèche), à environ 10 km de Valence. Cette société avait employé M. Fortin entre 2008 et 2010, en qualité d’ingénieur, avant d’en être licencié, précise M. Perrin.

Après ce deuxième meurtre, le tueur avait quitté l’entreprise « sans empressement particulier » au volant d’une Hyundai de couleur rouge-orangé. Vite repéré par la police, à qui le numéro d’immatriculation avait été donné par un témoin du premier assassinat, il a été finalement arrêté dans sa fuite par une voiture banalisée, un policier prenant la décision de provoquer une collision afin de stopper sa course.

Une perquisition de son véhicule a permis « la découverte d’une seconde arme de poing et de multiples cartouches 9 mm », selon M. Perrin.

A Valence et Guilherand Granges, des cellules d’urgences médico-psychologiques ont été mises en place en vue d’assister et d’accompagner les familles des victimes et leurs collègues, « fortement et durablement choquées par les faits », a encore précisé le procureur.

Les 900 agences Pôle Emploi de France sont restées fermées au public vendredi. Celle de Valence où a été tuée la conseillère demeurera portes closes « jusqu’à nouvel ordre », comme l’indique un écriteau apposé sur sa porte d’entrée.

burx-lv-apz/ag/shu

30/01/2021 13:44:48 -          Lyon (AFP) -          © 2021 AFP

 

 

https://www.leparisien.fr/faits-divers/drame-de-pole-emploi-les-licenciements-de-gabriel-f-au-coeur-du-periple-sanglant-29-01-2021-8422057.php

Drame de Pôle emploi : les licenciements de Gabriel F. au cœur du périple sanglant

 

Alors que Gabriel F., soupçonné de trois assassinats et d’une tentative, est resté silencieux ce vendredi lors de sa garde à vue, gendarmes et policiers tentent de reconstituer sa vie et sa carrière professionnelle.

 

 Devant l’entreprise Faun Environnement, dans laquelle Géraldine Caclin travaillait, des bouquets de fleurs ont été déposés.
Devant l’entreprise Faun Environnement, dans laquelle Géraldine Caclin travaillait, des bouquets de fleurs ont été déposés. AFP/Philippe Desmazes

 

Par Jean-Michel Décugis, Ronan Folgoas et Jérémie Pham-Lê, avec Doris Henry, correspondante à Nancy (Meurthe-et-Moselle)

Le 29 janvier 2021 à 22h06, modifié le 30 janvier 2021 à 07h07

Gabriel F. a-t-il ruminé sa vengeance pendant plus de dix ans? Ou la crise sanitaire a-t-elle réveillé brutalement des blessures enfouies? Le mystère demeure autour des raisons qui auraient poussé cet ancien ingénieur de 45 ans à se lancer dans une incroyable cavale meurtrière de deux jours à travers trois départements : le Haut-Rhin, la Drôme et l’Ardèche. Ce vendredi soir, en garde à vue à l’antenne de Valence de la PJ de Lyon, Gabriel F. restait, selon une source proche de l’enquête, « totalement muet ».

Mais les investigations avancent en parallèle. Le tueur présumé, inconnu de la police, est désormais soupçonné d’être l’auteur de trois assassinats et d’une tentative d’assassinat visant trois directeurs de ressources humaines (DRH) et une conseillère Pôle emploi. Avec cette particularité glaçante : les victimes ou les lieux des crimes sont liés à deux périodes de sa vie marquée par des licenciements. Elles remontent à la fin des années 2000.

LIRE AUSSI > « Ces derniers jours, il était bizarre » : les voisins du tueur de Pôle emploi décrivent un homme solitaire

Pour les faits commis jeudi matin, il apparaît que Gabriel F. ne connaissait pas Patricia Pasquion, 54 ans, la responsable de l’agence Pôle emploi Victor Hugo de Valence (Drôme), qu’il a tué de deux balles de Taurus 9 mm. C’est ce qu’a déclaré le mari de la victime aux enquêteurs. En revanche, l’ex-ingénieur avait été inscrit entre 2010 et 2013 en tant que chômeur à l’un des organismes pour l’aide à l’emploi de Valence – qui a changé depuis – après son limogeage de l’entreprise Faun environnement.

Géraldine Caclin et Bertrand M. avaient participé à ses licenciements

A-t-il voulu s’en prendre à un symbole de son échec professionnel ? L’hypothèse est jugée très probable puisque, immédiatement après ce meurtre, Gabriel F. s’est rendu à son ancienne société, spécialisée dans la fabrique des véhicules de collecte de déchets, à 10 km de là, sur la commune de Guilherand-Granges (Ardèche). Il y a travaillé entre 2008 et 2010. Là, il demande à voir un cadre du site mais celui-ci a pris sa retraite depuis. Il abat alors Géraldine Caclin, responsable des RH de Faun. De source policière, Gabriel F. a bien connu cette femme de 51 ans : elle avait formalisé son licenciement il y a onze ans, bien que la sanction ne relevait pas de son initiative.

VIDÉO. Valence : une conseillère Pôle emploi tuée par balle, une deuxième victime décédée

Cette haine des représentants du monde du travail a poussé les enquêteurs à établir un lien avec les deux attaques survenues dans le Haut-Rhin mardi soir. Gabriel F. est soupçonné d’avoir tué, dans un premier temps, Estelle Luce, DRH de 39 ans, dans son véhicule sur le parking de son entreprise de matériaux d’isolation à Wolfgantzen. Il aurait ensuite tenté de tirer sur Bertrand M., également DRH d’une autre société du secteur, à son domicile sur la commune voisine de Wattwiller, en se présentant comme un livreur de pizzas. Mais la victime était parvenue à le mettre en fuite.

Interrogé par les gendarmes de la section de recherches de Strasbourg, Bertrand M. a confirmé avoir identifié Gabriel F. comme son agresseur. L’ADN de l’ex-ingénieur a d’ailleurs été décelé sur les effets personnels qu’il a abandonnés en s’enfuyant – un masque chirurgical, des lunettes de vue et une casquette. Aux enquêteurs, Bertrand M. a déclaré qu’il se souvient d’avoir procédé à son licenciement entre 2006 et 2008. C’était au sein de l’entreprise Francel, alors installée à Gaillardon (Eure-et-Loire), et spécialisée dans la conception de détendeurs de gaz. A l’époque, Bertrand M. est DRH du site et Estelle Luce, la femme tuée à Wolfantzen, son assistante. Ensemble, ils diligentent des plans sociaux en vue du rachat de l’entreprise française par l’Américain Emerson. Ce qui aboutira à une centaine de départs de salariés. Dont l’ingénieur en bureau Gabriel F.

Aucun écrit retrouvé pour expliquer son geste

« Son licenciement s’était mal passé », confie un ex-collègue de Francel. Le motif invoqué par le service des ressources humaines n’aurait pas été économique mais lié à une faute grave ou à « une cause réelle et sérieuse ». S’agissait-il d’une manœuvre managériale pour écarter sans frais un salarié? Francel évoquait à l’époque une baisse de compétitivité pour justifier ses plans. En tout cas, Gabriel F. avait pris la porte sans bénéficier des accords d’indemnités généreux négociés par les syndicats. Il s’était ensuite installé à Valence puis, après son second licenciement, à Nancy (Meurthe-et-Moselle) au domicile familial.

Les enquêteurs devraient procéder dans les prochains jours aux auditions de ses anciens collègues de Faun environnement et de Francel pour comprendre les motifs précis de ces deux limogeages quasi successifs. Mais aussi son entourage pour éclairer son état psychologique ces derniers mois. Les enquêteurs s’interrogent sur un effet possible de la crise sanitaire sur le passage à l’acte brutal de cet homme décrit comme « solitaire et renfermé », un tueur déterminé qui n’a pas hésité à parcourir des centaines de kilomètres pour régler des contentieux professionnels vieux de dix ans. Gabriel F. n’a laissé aucun écrit à son domicile nancéien, perquisitionné par la PJ, pour expliquer son probable geste de vengeance.

 

Assassinats de DRH : une vengeance personnelle ?

Les derniers résultats de l’enquête rendus publics tendent à l’accréditer, le tueur ayant apparemment visé à chaque fois des personnes qu’il connaissait ou auxquelles il avait eu affaire dans le cadre de deux licenciements, et peut-être à la suite de son dernier licenciement en 2010 pour la gestion de son dossier à Pôle emploi.

Si, comme tout semble actuellement l’indiquer, il n’avait pu retrouvrer le moindre emploi en dix ans en dépit de ses compétences d’ingénieur, c’est effectivement le signe d’un gros problème, peut-être lié à son dernier licenciement.

Il reste que le moment qu’il a choisi pour commettre ses crimes continue à m’interroger, comme je l’ai déjà dit dans ce précédent article :

http://petitcoucou.unblog.fr/2021/01/29/assassinats-de-drh-en-alsace-et-dans-lardeche-nouvelle-serie-tres-intrigante/

Les polémiques ayant fait suite à la sortie de l’ouvrage de Didier Bille remontant à 2018, il n’est pas possible de les retenir comme faits déclencheurs du passage à l’acte d’un individu isolé deux ou trois ans plus tard. En revanche, elles peuvent bien avoir alimenté une réflexion commune ayant débuté à cette époque, tout comme il y a quelques années l’engagement militaire de la France en Afghanistan, cause alléguée pour sa série d’assassinats de mars 2012 par le djihadiste Mohammed Merah, lequel était alors qualifié de « loup solitaire », ce qu’en réalité il n’était pas.

Notons à cet égard que le dénommé Gabriel Fortin s’est bizarrement présenté à Valence comme un certain « Rachid ».

Par ailleurs, plusieurs des attentats islamistes de ces dernières années apparaissent bien comme des vengeances personnelles maquillées en attentats islamistes, et l’un d’eux avait déjà consisté en l’assassinat de son employeur par un salarié à la suite d’une réprimande deux jours plus tôt (attaque islamiste du 26 juin 2015 à Saint-Quentin-Fallavier).

Dans tous ces cas, celui qui a décidé de se faire justice lui-même est supporté par un mouvement qui encourage son passage à l’acte et le manipule avec des objectifs différents.

 

 

https://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/la-garde-a-vue-de-gabriel-f-le-tueur-de-drh-a-ete-prolongee-4021810

La garde à vue de Gabriel F, « le tueur de DRH », a été prolongée

 

17h38 , le 29 janvier 2021, modifié à 17h50 , le 29 janvier 2021

La garde à vue de Gabriel F, qui a tué trois personnes du Haut-Rhin à l’Ardèche, a été prolongée. Cet ingénieur de 45 ans sera présenté à un magistrat samedi.

 

Devant l'entrée de l'entreprise Faun à Guilherand-Granges ce vendredi.

Devant l’entrée de l’entreprise Faun à Guilherand-Granges ce vendredi. (AFP)

 

Gabriel F., auteur de trois assassinats et d’une tentative en trois jours, sera présenté à un magistrat samedi à l’issue de sa garde à vue qui a été prolongée ce vendredi. Comparaison ADN à l’appui, les enquêteurs ont désormais la certitude que cet ingénieur de 45 ans, né et domicilié à Nancy (Meurthe-et-Moselle), a débuté son périple meurtrier dès mardi en Alsace en tuant la responsable des ressources humaines de l’entreprise Knauf. Sa tentative de meurtre du directeur des ressources humaines de General Electric Belfort a en revanche échoué. Il a ensuite mortellement blessé jeudi matin une responsable d’équipe à l’agence Pôle Emploi de Valence (Drôme), puis la DRH de l’entreprise Faun Environnement à Guilherand-Granges (Ardèche) où le tireur, qui disposait légalement de deux armes de poing, avait été employé.

Le suspect reste mutique

Le choix des victimes ne semble en effet rien devoir au hasard. Ses deux cibles alsaciennes avaient toutes deux travaillé comme DRH pour le compte du groupe Emerson lorsque la multinationale américaine avait racheté la société Francel SA, basée à Lucé (Eure-et-Loire). S’en était suivi un plan social en 2006 dont aurait fait les frais Gabriel F.. Ce dernier a encore été licencié en 2010 de la société Faun Environnement et ce serait bien la responsable des ressources humaines de l’entreprise tuée jeudi, une mère de famille âgée de 51 ans, qui lui avait notifié son renvoi. Gabriel F. s’est ensuite inscrit à Pôle Emploi à Valence (Drôme) mais pas dans l’agence où il s’est rendu armé jeudi. Les policiers cherchent à vérifier si la responsable d’équipe de Pôle Emploi, tuée, encore une mère de famille âgée de 53 ans, s’était occupée à l’époque de lui dans une autre agence.

Face à un suspect mutique, les enquêteurs cherchent à déterminer quel pourrait être l’élément déclencheur qui a poussé cet ancien élève de l’école d’ingénieur de Metz (ENIM), présenté comme solitaire et dépressif, à se lancer dans cette entreprise de vengeance meurtrière.  Une autre question reste pour l’heure sans réponse : Gabriel F. comptait-il s’arrêter là ou avait-il d’autres cibles?

 

 

https://www.leparisien.fr/economie/emploi/drame-au-pole-emploi-de-valence-je-ne-me-sens-ni-coupable-ni-inquiet-confie-le-drh-didier-bille-28-01-2021-8421858.php

Drame au Pôle Emploi de Valence : «Je ne me sens ni coupable ni inquiet», confie le DRH Didier Bille

 

Didier Bille est l’auteur de «DRH, la machine à broyer» qui a donné naissance au mouvement #BalancetonDRH sur les réseaux sociaux en 2018.

 

 Le mouvement #BalanceTonDRH avait circulé en 2018 sur les réseaux sociaux après la sortie du livre choc de Didier Bille, «DRH, la machine à broyer».
Le mouvement #BalanceTonDRH avait circulé en 2018 sur les réseaux sociaux après la sortie du livre choc de Didier Bille, «DRH, la machine à broyer». LP/Jean Nicholas Guillo

 

Par Bérangère Lepetit

Le 28 janvier 2021 à 22h33, modifié le 29 janvier 2021 à 08h36

A la suite du drame survenu ce jeudi à Valence, les enquêteurs cherchent à établir un lien avec d’autres faits survenus plus tôt cette semaine dans l’est de la France. Mardi soir, une cadre dans les ressources humaines, Estelle L., a été retrouvée tuée par arme à feu sur un parking devant son entreprise de Wolfgantzen, près de Colmar (Haut-Rhin). Peu après ces faits, un homme d’une cinquantaine d’années a été agressé à son domicile par une personne armée. La victime présente la particularité d’être un ancien collègue d’Estelle L.

VIDÉO. Drame au Pôle emploi de Valence : «L’acte ne relève pas d’une logique particulière», selon le procureur

Tous deux avaient été missionnés pour mener une opération de restructuration du groupe Emerson en 2006 dans la banlieue de Chartres (Eure-et-Loir) et leurs deux noms, accolés au hashtag #BalanceTonDRH, avaient circulé en 2018 sur les réseaux sociaux. Le mouvement était apparu sur Twitter quelques semaines après la sortie du livre choc de Didier Bille, « DRH, la machine à broyer » (éditions Cherche-midi).

Harcèlement moral, évaluations truquées… dans cet ouvrage, l’homme, qui travaille toujours dans le même secteur, décrivait avec force détails et anecdotes les pratiques à la frontière de la légalité qu’il a utilisées durant vingt-deux ans dans plusieurs grands groupes industriels (General Electric, Nortel, XP, une filiale de Bosch…).

LIRE AUSSI > Drame de Valence : les DRH et conseillers Pôle emploi, boucs émissaires de la crise sociale

Joint ce jeudi soir, ce dernier s’est déclaré « choqué » par les faits qui se sont déroulés durant la semaine. « Le fait que ce soit une agente de Pole emploi et une cadre des ressources humaines n’accentue ou ne minimise pas le choc que j’ai ressenti, poursuit-il. C’est un acte atroce. »

Didier Bille surnommé par notre journal en 2018 « l’homme aux 1000 licenciements » estime que ce drame a sans doute pu être commis par « un homme fragile qu’un rien peut pousser à passer à l’acte ». « Si ce n’est pas #BalanceTonDRH aujourd’hui, ce sera #BalanceTonComptable demain », glisse-t-il.

«Dans mon livre, je dénonçais ces pratiques»

Se sent-il coupable que ces faits se soient déroulés dans le sillage de la sortie de son livre ? « Je ne me sens pas coupable. Dans ce livre, je ne faisais pas l’apologie de ces pratiques, je les dénonçais » », affirme-t-il calmement. « Je ne me suis pas senti menacé à l’époque et je ne me sens toujours pas menacé », confie-t-il par ailleurs.

Il rappelle en passant qu’en 2018, un internaute l’avait contacté et avait menacé de le jeter en pâture sur les réseaux sociaux par l’intermédiaire de #BalanceDidierBille. « J’ai gardé les mails. Mais je n’ai jamais été de nature inquiète. A l’époque, ça ne m’avait pas inquiété et ça ne m’inquiète toujours pas. »

 

Assassinats de DRH en Alsace et dans l’Ardèche : nouvelle série très intrigante

A la suite des deux meurtres ou assassinats qui se sont produits hier matin à Valence et dans l’Ardèche, les enquêteurs établissent un rapprochement avec une tentative d’assassinat et un assassinat de DRH commis mardi soir dans le Haut-Rhin.

« On est tenté de faire le lien », disent-ils.

Pour ma part, je suis très tentée de faire le lien avec la disparition de Twitter de Cyprien Luraghi depuis lundi soir, que j’ai signalée mercredi soir comme très inquiétante :

http://petitcoucou.unblog.fr/2021/01/27/attention-cyprien-luraghi-a-disparu-de-twitter/

En effet, tous les éléments d’information publiés jusqu’à présent sur cette nouvelle série d’assassinats ne font que renforcer mes soupçons d’un nouveau coup de Luraghi et ses amis, dont des « antifascistes » de Nancy avec qui il discute régulièrement sur Twitter et qui font aussi partie des amis « ufosceptiques » de son complice de longue date Jean-Marc Donnadieu.

Les deux premières victimes, en Alsace, auraient d’ailleurs été repérées exactement comme Samuel Paty au mois d’octobre dernier, à la suite d’une polémique sur Twitter.

P.S. : Il y a notamment ceux-là auxquels les enquêteurs seraient bien inspirés de s’intéresser :

https://twitter.com/lafleurdu54

 

https://www.leparisien.fr/faits-divers/drame-au-pole-emploi-de-valence-la-vengeance-meurtriere-de-gabriel-f-ancien-ingenieur-28-01-2021-8421855.php

Drame au Pôle emploi de Valence : la vengeance meurtrière de Gabriel F., ancien ingénieur

Ce jeudi matin, un homme de 45 ans a semé la mort dans la Drôme et l’Ardèche, tuant une conseillère de Pôle emploi et une DRH. Il pourrait être lié à un autre assassinat et une tentative mardi en Alsace. Les enquêteurs privilégient un acte de vengeance.

 

 L’agence Pôle emploi de l’avenue Victor-Hugo à Valence a été la première étape du périple meurtrier de Gabriel F. ce jeudi.

L’agence Pôle emploi de l’avenue Victor-Hugo à Valence a été la première étape du périple meurtrier de Gabriel F. ce jeudi. AFP/Philippe Desmazes

Par Jean-Michel Décugis, Vincent Gautronneau, Zoé Lauwereys et Jérémie Pham-Lê

Le 28 janvier 2021 à 22h19, modifié le 28 janvier 2021 à 23h04

Il s’est mué en impitoyable tueur à la haine dirigée contre les représentants du monde du travail. Un tueur de DRH(s) et d’une conseillère de Pôle emploi – dont les enquêteurs se demandent si la liste de ses victimes n’est pas plus longue. Ce jeudi matin, Gabriel F., ancien ingénieur sans emploi de 45 ans, s’est livré à un effroyable parcours meurtrier en tuant deux femmes dans la Drôme et en Ardèche. Alors que les motivations de cet homme sans antécédents judiciaires ni psychiatriques, mais profondément marqué par un ancien licenciement, restent inconnues, la police judiciaire de Lyon a acquis la conviction qu’il est également lié à un autre meurtre et une tentative de meurtre en Alsace survenus deux jours plus tôt.

Il est environ 8h30 lorsque Gabriel F. se présente à l’agence Pôle emploi de l’avenue Victor-Hugo de Valence (Drôme). Cet homme d’origine antillaise, au crâne chauve, la connaît bien puisqu’il y pointait jusqu’en 2013 après son licenciement d’une entreprise de recyclage ardéchoise. A l’accueil, masque anti-Covid sur le visage, il se présente à l’hôtesse comme un certain « Rachid » et vient réclamer le versement d’indemnités. L’employée ne le trouve pas dans les fichiers. Mais l’imposteur insiste avec courtoisie, feint l’étonnement et pianote sur une tablette distraitement. Jusqu’à ce que, subitement, il se dirige vers l’issue de secours, ouvre la porte d’un bureau fermé et dégaine un pistolet Taurus 9 mm sans crier gare. Là, il tire deux balles sur Patricia P., une conseillère Pôle emploi de 53 ans, visant le thorax et la tête. Cette mère de deux grandes filles décède sur place.

VIDÉO. Drame au Pôle emploi de Valence : « L’acte ne relève pas d’une logique particulière », selon le procureur

Le tireur prend ensuite la fuite à bord d’une Hyundai rouge louée quelques jours auparavant. Un agent a le réflexe de noter le modèle et la plaque d’immatriculation. L’alerte est donnée. Mais Gabriel F. a déjà traversé le pont Mistral qui enjambe le Rhône et fonce désormais en direction d’une zone industrielle de la commune limitrophe de Guilherand-Granges (Ardèche). A 9h15, le voilà devant son ancienne entreprise Faun, dont il a été employé de 2008 à 2010 avant d’être remercié. Dans cette société qui produit des bennes à ordure, il demande à voir deux personnes dont il donne les noms mais celles-ci sont absentes. Il ouvre alors le feu sur Géraldine C., 51 ans, directrice des ressources humaines (DRH) du site. Atteinte d’une balle au thorax, elle succombera à ses blessures.

Une détermination implacable et un sang-froid glaçant

Abandonnant son pistolet Taurus sur place, Gabriel F. s’enfuit à nouveau au volant de sa voiture vers Valence. Il est alors pris rapidement en chasse par un fourgon de police. Alors qu’il zigzague sur l’autoroute, il percute dans l’autre sens une autre voiture de police, une Peugeot, vers 9h30, au niveau du pont. Les trois fonctionnaires présents, légèrement blessés, parviennent à menotter le forcené, visiblement sonné par la violence de l’impact avec les airbags, et à l’interpeller. Ils retrouvent à proximité de son tableau de bord un pistolet Glock qui n’a pas servi. C’est la fin d’un périple meurtrier express au cours duquel le suspect fera preuve d’une détermination implacable et un sang-froid glaçant.

Drame au Pôle emploi de Valence : la vengeance meurtrière de Gabriel F., ancien ingénieur

 

Saisis de l’enquête pour « assassinats », les policiers de la PJ de Lyon tentent d’établir si Gabriel F. connaissait les deux femmes ou s’il a tiré au hasard au gré d’une rancœur profonde. Ils privilégient la seconde hypothèse : l’ancien ingénieur avait quitté Valence depuis 2013 et réside désormais à 500 kilomètres de là, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Il est probable que les employés du Pôle emploi et de l’entreprise Faun aient changé entre-temps. L’enquête révèle en tout cas que le tireur est arrivé à Valence la veille de la tuerie et a séjourné pour la nuit dans un hôtel de la ville.

Dans le Haut-Rhin, deux cibles également liées au monde du travail

Plus troublant encore, les enquêteurs viennent de faire le rapprochement avec une autre série d’attaques commises le 27 janvier, mardi, dans… le Haut-Rhin. Ce jour-là, vers 18h50, les gendarmes de la section de recherches de Strasbourg découvrent le corps d’une femme tuée par arme à feu dans sa voiture à Wolfgantzen. Dans le même temps, un homme vivant dans la commune voisine de Wattwiller, appelle en panique la gendarmerie : un forcené vient de se présenter chez lui et, après s’être assuré de son identité, a tenté de lui tirer dessus. La victime parvient à arracher le masque chirurgical de son agresseur mais ce dernier, après avoir ouvert le feu sans toucher sa cible, parvient à s’enfuir. Ce masque a été saisi par la police qui a extrait l’ADN afin de le comparer à celui du suspect. Ces faits avaient poussé les gendarmes à mettre sous protection deux autres personnes ayant le même lien professionnel.

Pour les enquêteurs, il s’agit là probablement de l’œuvre de Gabriel F. L’homme agressé a en effet signalé aux gendarmes une voiture rouge similaire à celle utilisée par le tueur présumé dans la Drôme et en Ardèche. L’analyse des douilles retrouvée sur place semble aussi correspondre. L’ingénieur ne vivait qu’à 2 heures de là. Surtout, le profil des deux victimes alsaciennes est, encore une fois, lié au monde du travail.

«La crise actuelle a été l’élément déclencheur»

Estelle L., la femme décédée, et Bertrand M., l’homme qui a échappé à la mort, ont tous les deux travaillé ensemble en tant qu’assistante RH et DRH pour une entreprise où ils ont mené un plan de licenciements très contesté. En 2018, leur identité avait été divulguée sur les réseaux sociaux par d’anciens salariés licenciés avec le hashtag #BalanceTonDrh. Ils étaient alors présentés comme des « killer/mercenaire (sic) »… Gabriel F. a-t-il travaillé avec ces deux victimes ? Ou aurait-il été influencé par la polémique sur Internet ? Mystère.

Seule certitude : l’ancien ingénieur n’avait jamais éveillé les soupçons de la police ou des services de renseignement. Il disposait légitimement de ses revolvers dans le cadre d’un permis de tir sportif accordé en 2015 et renouvelé en 2019. Placé en garde à vue, Gabriel F. n’avait pas encore fourni d’explications ce jeudi soir sur son geste, étant encore perturbé par les événements et son arrestation. Les enquêteurs n’excluent pas que la crise sanitaire ait exacerbé une vengeance personnelle. « Le périple meurtrier de l’auteur est très probablement le fruit d’une longue maturation dont la crise actuelle a été l’élément déclencheur, relève une source policière. Il semble avoir ruminé sa rancœur d’avoir été licencié pendant des années et entretenu une forme de psychose. C’est une dérive personnelle, humaine et tragique. »

Le tueur présumé, « un garçon très discret » selon ses voisins de Nancy

Ses voisins l’ont vu charger le coffre d’une voiture et partir il y a deux jours. Une situation inhabituelle car Gabriel F. ne possédait pas de voiture et se déplaçait toujours à pied, selon son voisinage. « Je me suis demandé où il pouvait bien aller, j’ai pensé qu’il partait peut-être se confiner à la campagne ». L’homme habite au deuxième d’un immeuble de quatre étages situé en retrait du boulevard Lobau, l’artère principale pour entrer dans la ville de Nancy. « Je l’ai vu pour la dernière fois avant-hier (NDLR : mardi), il avait fait des courses, il était chargé », se souvient Jeannine, une de ses voisines du dessous.

Gabriel F. a grandi dans ce logement social géré par la société Lorraine d’Habitat. Un F 2 qu’il a longtemps partagé avec son frère aîné et sa mère, séparée de son père, un Antillais. Depuis la retraite de sa mère, partie vivre ailleurs dans la ville, il vivait seul dans l’appartement. « C’est un garçon très discret mais toujours correct et poli », raconte Jeanine.

« On ne l’a jamais vu avec une femme, ni des amis ou des enfants », poursuit la septuagénaire. Ses voisins parlent d’un homme qui ne travaillait plus, mais qui partait tôt le matin pour se balader et revenait en fin de matinée, avant de repartir en début d’après-midi pour revenir le soir. Presque un rituel. « Son frère a une bonne situation, une femme, des enfants mais lui vit comme un ermite », croit savoir une voisine. Dans l’immeuble, personne ne lui connaît d’ami ou de fréquentation. « Il ne parlait à personne, avec lui c’était bonjour, bonsoir. De temps en temps, sa mère lui rendait visite ».

 

https://www.europe1.fr/societe/un-pistolet-sous-un-carton-a-pizza-un-drh-qui-a-echappe-a-une-tentative-de-meurtre-temoigne-4021620

« Un pistolet sous un carton à pizza » : un DRH qui a échappé à une tentative de meurtre témoigne

06h25, le 29 janvier 2021
Bertrand connaissait la DRH tuée mardi en Alsace, dont le meurtrier présumé n'est autre que l'homme qui a tué une conseillère Pôle Emploi et une DRH jeudi près de Valence.
Bertrand connaissait la DRH tuée mardi en Alsace, dont le meurtrier présumé n’est autre que l’homme qui a tué une conseillère Pôle Emploi et une DRH jeudi près de Valence. © AFP

 

Deux jours avant le meurtre d’une conseillère Pôle Emploi et d’une DRH dans la Drôme et l’Ardèche, Bertrand, lui-même directeur des ressources humaines, a reçu la visite d’un homme qui a tenté de l’assassiner. Il raconte au micro d’Europe 1 cette soirée où la mort a failli l’emporter.

TÉMOIGNAGE

Bertrand est un miraculé. Ce DRH de profession a failli mourir par arme à feu sur le pas de la porte de son domicile, près de Mulhouse. Une tentative d’assassinat qui s’est déroulée mardi, quelques heures seulement avant le meurtre d’une autre DRH en Alsace. Principal suspect de cet homicide, un ingénieur sans emploi qui a tué deux femmes jeudi dans la Drôme et l’Ardèche, une conseillère Pôle Emploi et une DRH. Et il est possible que Bertrand aurait dû être la quatrième victime de l’homme de 45 ans désormais en garde à vue après son parcours meurtrier. Au micro d’Europe 1, Bertrand raconte le moment où il a évité la mort de justesse.

« Un pistolet » sous un carton à pizza

« Je suis chez moi en train de travailler, on sonne à la porte et je vais ouvrir », raconte le DRH. Il se retrouve alors en face d’un homme au visage masqué, « comme cela se fait en temps de Covid », qui tient un « carton à pizza ». Soudain un coup de feu retentit, mais Bertrand n’est pas touché. « Visiblement il y avait un pistolet en-dessous. » Ne parvenant pas à tirer une nouvelle fois, pour une raison inconnue, l’homme prend la fuite en courant.

« Je me suis dit que j’allais le rattraper et le plaquer au sol pour simplement le maîtriser. Mais une bagarre se déclenche et il arrive à m’échapper », poursuit le DRH. Après quelques secondes pour reprendre ses esprits, Bertrand se lance de nouveau à la poursuite de son agresseur. Mais ce dernier a eu le temps de rallier sa voiture et de s’y enfermer. « J’étais en chaussettes, je n’ai pas réussi à le retenir. »

Une agression qui se déroule quelques heures avant le meurtre d’une DRH

Cette agression a eu lieu dans la même soirée que le meurtre d’une DRH habitant près de Colmar, une connaissance de Bertrand. « On était d’anciens collègues et encore en relation », confirme-t-il. Un assassinat qui va précéder celui d’une autre directrice des ressources humaines, cette fois près de Valence, dans la matinée de jeudi.

Des ressemblances troublantes dans une zone géographique restreinte qui font se poser des questions aux enquêteurs. « On est tenté de faire le lien », reconnaît Bertrand. Mais « je pense qu’il faut attendre que l’enquête avance plus loin. »

Europe 1
Par Arthur Helmbacher, édité par Ugo Pascolo

 

Attention, Cyprien Luraghi a disparu de Twitter

Voilà en effet ses derniers tweets, qui datent d’avant-hier :

https://twitter.com/CyprienLuraghi/with_replies?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor

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Conversation
Attention, Cyprien Luraghi a disparu de Twitter dans Attentats wacpeS_-_bigger
Cyprien Luraghi
@CyprienLuraghi
·

25 janv.

Les premiers essais in vivo de sérum antivérole à la betteravoïne du Professeur Ragoût ont été concluants.
Image
On en veut.
wacpeS_-_bigger dans Folie
Cyprien Luraghi
@CyprienLuraghi
En réponse à

C’est cent mille euros avec facture et cent sans.

 

C’est inquiétant.

Cyprien Luraghi étant totalement addict au net, il n’en disparaît pas comme ça sans d’excellentes raisons.

En général, il va comploter ou fomenter de nouveaux attentats islamistes ou autres.

Ainsi la dernière fois en était-il résulté l’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine, tandis que sa très longue absence du net de mai 2014 à novembre 2014, avec redémarrage de son blog en fanfare le 24 décembre 2014, tout juste après trois attentats successifs les 20, 21 et 22 décembre 2014, correspondait à la préparation des attentats de janvier 2015 à Paris.

J’insiste : plus de 24 heures (bientôt 48) sans aucun tweet du psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi, ce n’est pas normal du tout, il est encore en train de préparer un coup.

 

Quand François Léotard était « Encornet »…

Il n’a pas aimé du tout (voir ci-dessous).

Préférant prévenir que d’être obligée de « guérir » tant bien que mal, je précise tout de suite que je n’ai rien à voir avec l’affaire de l’assassinat de Yann Piat ni avec aucun de ses protagonistes, ni en 1994 ni plus tard.

Cette prévention est d’autant plus nécessaire qu’aux débuts des cyberharcèlements dont j’ai toujours été victime depuis 2008 de la part des « déconnologues » de la bande du psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi, d’abord sur le site Rue89 jusqu’à l’été 2009, j’ai été harcelée par une de ses proches du « Milieu » qui utilisait le pseudonyme de « Trottinette » et était réapparue sur mon blog « Un petit coucou » chez OverBlog au mois de mai 2012 pour toute une série de commentaires injurieux et de menaces, dont celui-ci le 7 juin 2012 à 2h07 (j’en ai masqué des éléments d’identité et quelques flots d’injures sans intérêt) :

 

Commentaire sur Alerte au Matuvu !

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Laissé par : trotinette le07/06/2012 à 02h07

  • Email : patience@gmail.fr
  • IP : 204.45.133.74
  • Et XXXXXXXXXXXXXXXX corbeau de sa profession continue ses activités sales. la XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX, et passant son temps à jouer le corbeau en déformant la vie des autres ? Tu n’as pas fini de faire le coucou Tu sais qui va te répondre les flics.. Tu es déjà citée devant le tribunal correctionel. Quand à l’autre donneuse qui a balancé son mec, et qui ose venir salir son frère, qui n’a rien à voir avec sa livre, elle ferait mieux de s’occuper de son fils à la dérive, dégoutée de la vie d’avoir une raclure pour mère. j’oubliais XXXXXXXX le corbeau nique tes morts et prépare ta valise pour un long séjour en prison..Et overblog va regretter d’avoir maintenu le blog d’une malade passant son temps à diffamer les autres. Souviens toi de trotinette conasse.. En France, en vertu de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), l’hébergeur d’un contenu, s’il n’en est pas l’auteur et qu’il n’a pas joué de rôle éditorial, peut être reconnu comme responsable uniquement si le contenu diffamatoire lui a été signalé et qu’il n’a pas agi promptement pour le retirer. Dans les autres cas il ne sera pas reconnu responsable.

 

Etant en relation directe avec des magistrats CORROMPUS du TGI de Brest, mes harceleurs de cette bande de cybercriminels (pour le moins…) savaient déjà ce que je n’apprendrai que bien plus tard, à savoir que le procureur de la République de Brest venait de prendre des réquisitions dans le sens de l’ouverture d’une information judiciaire suite à ma première plainte contre eux.

C’était depuis quelques jours la cause de nouvelles « révélations » publiques extraordinaires me concernant sur le blog du psychopathe en chef. On pouvait même y lire que j’avais déjà été condamnée plusieurs fois et très lourdement pour avoir embêté d’anciens employeurs, ainsi que pour des faux témoignages. Comme toujours, le pervers et mythomane notoire Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait encore tout inversé : en réalité, c’est moi qui avais plusieurs fois porté plainte contre mes anciens employeurs voyous et harceleurs et avais bien obtenu des condamnations à leur encontre, sans avoir moi-même jamais fait l’objet d’aucune poursuite avant celles engagées à mon encontre à compter de l’année 2010 par sa complice cybercriminelle harceleuse, affabulatrice, menteuse, calomniatrice et perverse tout aussi notoire Josette Brenterch du NPA de Brest, lesquelles se sont finalement conclues début décembre 2015 par ma relaxe totale et définitive pour toutes ses accusations mensongères ou dénonciations calomnieuses des années 2010 et suivantes.

Aussi, à l’époque de ces nouvelles publications calomnieuses sur le blog de son complice cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi, la folledingue « trotinette » venait tous les jours sur mon blog me recracher le tout dans des commentaires parfaitement délirants, avec moult menaces assaisonnées de flots d’injures impressionnants.

D’autres personnes qui la dérangeaient aussi n’étaient pas non plus épargnées dans ces commentaires, ainsi de la soeur du psychopathe en chef qui venait elle aussi de se manifester sur mon blog, pour expliquer qui était son frère : un mythomane de très longue date ne cessant de la calomnier elle-même depuis une époque où elle aurait pu porter plainte contre lui pour des faits extrêmement graves.

Voilà, je suppose que dans la tête très mal faite de la dame D. Berrahma, nièce de Farid dit « l’Indien », « le Gremlins » ou « le Rotisseur », je devais être assimilée au « général » Jacques Jojon, source des journalistes du Canard enchaîné pour leur bouquin de 1997 sur l’affaire Piat.

Etrange, non ?

Si je n’ai rien à voir avec cette affaire, par contre, l’autre, celle des contrats Sawari II et Agosta, j’en suis bien victime depuis le début.

Et je n’ai rien ni d’une malade mentale ni d’une mythomane.

 

 

https://vl-media.fr/affaire-yann-piat-chirac-mis-en-cause-leotard/

Affaire Yann Piat, Jacques Chirac mis en cause par François Léotard

 

15 mars 2018
Assassinat

 

Ce dimanche dans 13h15, France 2 dévoile le témoignage inédit de François Léotard dans l’affaire Yann Piat. L’homme politique avait été accusée d’avoir commandité l’assassinat de la député varoise, il accuse Jacques Chirac d’avoir été au courant de la manipulation.

 

Le 7 Octobre 1997,  François Léotard prononce ces mots à la télévision : « Je voudrais bien qu’un jour les Français se posent la question de la façon dont leur démocratie est vécue. Et moi, je me la pose personnellement. Avez-vous le droit d’affirmer comme ça que monsieur Untel, votre voisin de palier, est un assassin ? Et puis après, vous partez tranquillement à la pêche ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »
. L’ancien ministre de l’Intérieur est accusé par deux journalistes d’être derrière le meurtre de Yann Piat, députée de la 3e circonscription du Var. C’est l’affaire « Encornet et Trottinette ». Retour dans l’affaire Yann Piat.

Qui était Yann Piat ?

Née le 12 juin 1949 à Saïgon en Indochine française, on retient d’elle son engagement contre la corruption et contre « le milieu » dans la région PACA, ce qui l’a d’ailleurs sur envoyée au trépas. C’est la première députée assassinée dans l’hexagone. Elle entame sa carrière politique avec le Front National, avec lequel elle sera élue à l’Assemblée. Mais l’idylle s’arrête et elle rejoint vite l’UDF, ancêtre des Républicains. 
Elle est assassinée le 25 février 1994 à Hyères dans Var, à 44 ans.

L’assassinat

La voiture de son chauffeur la récupère à 19h45 devant sa permanence de député, en direction de son domicile.
 Au débouché d’un pacte sur la route panoramique du Mont des Oiseaux sur les hauteurs de Hyères, une moto ouvre le feu à trois reprises avant de se porter à hauteur du conducteur et de tirer à nouveau 3 fois. Deux balles sont fatales à la Varoise : la 3e qui lui transperce un poumon, la 5e touche l’artère pulmonaire.

 

Charlie Hebdo

L’affaire Encornet et Trottinette

L’affaire Piat suscite l’émoi, on imagine rapidement un meurtre politique. Ces doutes sont alimentés par la publication des récents écrits de la députée, mettant en lumière les liens entre le grand banditisme et les élus. Une lettre est également retrouvée, où la députée met en cause 5 politiciens locaux en cas de mort suspecte. L’enquête s’oriente pourtant vers un meurtre mafieux. La police arrête deux « bébés tueurs » de 20 ans derrière un commanditaire, Gérard Finale, patron de bar, qui souhaitait devenir un des parrains de la pègre du Var.
L’affaire est relancée en 1997, lorsque deux journalistes d’investigation décrivent la piste de l’assassinat politique en sortant un livre « Des assassins au coeur du pouvoir ». Ce livre affirme que la députée était devenue dangereuse, elle en savait trop sur les affaires immobilières impliquant les hommes politiques et la mafia varoise. Ils accusent François Léotard et Jean-Claude Gaudin sous les surnoms « Trottinette » et « Encornet ». Ils seront finalement innocentés.

Pourquoi le documentaire est intéressant ?

Parce qu’il met en lumière la guerre fratricide ayant eu lieu chez les membres de l’UPR en crise à l’approche de l’élection présidentielle de 1995. 3 ans plus tard, les journalistes ont étés volontairement désinformés afin de faire tomber des têtes en pensant dévoiler un meurtre d’Etat. Après 20 ans, l’ex-politicien se confie « Chirac nous avait convoqués pour expliquer que ce n’était pas lui. Je n’ai pas ouvert la bouche. C’était un mensonge. J’étais persuadé que cela venait de lui, mais je n’allais pas lui casser la figure » déclare t-il. « Là, c’est vraiment la volonté de tuer, de démolir quelqu’un, de le descendre », « c’est une façon étrange de laisser faire. Étrange… ce qui est malheureusement conforme au personnage ».

Qu’en est-il aujourd’hui ?

L’affaire aujourd’hui reste un mystère. Personne ne sait si l’assassinat avait des origines politiques. La piste mafieuse a été retenue, les 3 mis en examen ont étés condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité. Gérard Finale, le commanditaire est décédé durant sa détention. Lucien Ferri, le tireur, est mort d’une méningite foudroyante lors d’une permission après 16 ans de détention. Marco Di Caro, le motard, purge encore sa peine.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rougeot

André Rougeot

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      Pour les articles homonymes, voir Rougeot.
      Quand François Léotard était 35px-Circle-icons-microphone.svg dans Calomnie 35px-Nuvola_France_flag.svg dans Corruption

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      André Rougeot
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      Biographie
      Nationalité
      Activité
      Autres informations
      A travaillé pour

      André Rougeot est un journaliste français.

      Carrière

      André Rougeot collabore au Canard enchaîné à partir de la seconde moitié des années 1980 jusqu’en 1998. Le 13 avril 1988, il publie un grand article intitulé « La gentilhommière à prix cassé de Léo » (François Léotard).

      Affaire Yann Piat

      Spécialiste des affaires du Var, il enquête, en 1996, sur l’affaire Yann Piat. Il fait paraître au début du mois d’octobre 1997 L’Affaire Yann Piat. Des assassins au cœur du pouvoir, où il défend la thèse que la députée avait été assassinée parce qu’elle en savait trop sur les affaires immobilières impliquant des hommes politiques et le grand banditisme varois. Il cite les propos d’un « général », ancien de la direction du Renseignement militaire, qui fait de deux dirigeants politiques, François Léotard et Jean-Claude Gaudin (surnommés Trottinette et Encornet), les commanditaires du meurtre. Les deux politiques portent plainte et entament une action en référé pour supprimer les passages du livre jugés diffamatoires.

      Par deux fois, les deux journalistes sont incapables de fournir les preuves de ce qu’ils avancent. Le tribunal ordonne le retrait du livre, et les éditions Flammarion ne poursuivent pas sa publication. André Rougeot et Jean-Michel Vernes sont condamnés à payer, chacun, 300 000 F d’amende pour diffamation envers une personne dépositaire de l’autorité publique (F. Léotard), et 80 000 F d’amende pour diffamation publique envers un particulier (Georges Arnaud, ancien chauffeur de Y. Piat). Ils sont aussi condamnés à verser un million de francs à François Léotard et 150 000 F à Georges Arnaud, au titre des dommages et intérêts. Au terme du procès intenté par Jean-Claude Gaudin, les deux auteurs sont condamnés à payer 200 000 F d’amende et à verser, solidairement, 300 000 F à la partie civile1.

      En réponse, François Léotard écrit Pour l’honneur.

      Quelques mois plus tard, André Rougeot est écarté de la rédaction du Canard enchaîné.

      Publications

      Notes et références

      1. « Les auteurs et l’éditeur de “L’affaire Yann Piat” lourdement condamnés », Le Monde, 11 mars 1998.

      Liens externes

:

 

 

https://www.liberation.fr/societe/1997/10/27/jacques-jojon-sait-il-des-choses-sur-l-affaire-piat-ce-retraite-accredite-la-these-de-rougeot-mais-n_217738

Jacques Jojon sait-il des choses sur l’affaire Piat? Ce retraité accrédite la thèse de Rougeot mais nie être son informateur principal.

 

Par Alain LEAUTHIER — 27 octobre 1997 à 10:40
  • Jacques Jojon sait-il des choses sur l’affaire Piat? Ce retraité accrédite la thèse de Rougeot mais nie être son informateur principal.

Brignoles, envoyé spécial.

Le «général» de l’Affaire Yann Piat, la gorge profonde d’André Rougeot, est-il Jacques Jojon? Hier, malgré le soleil éclatant et une chaleur printanière, cet ingénieur électronicien à la retraite n’est quasiment pas sorti de la villa provençale moderne où il vit avec son épouse, près du village de Val, dans le Haut-Var. Souffrant d’une sclérose en plaques, ce sexagénaire barbu et bourru se reposait après ses émotions de la veille: samedi, Jacques Jojon a encore épaissi le mystère autour des révélations du livre-brûlot d’André Rougeot et Jean-Michel Verne, l’Affaire Yann Piat.

Jacques Jojon a accusé l’épouse d’André Rougeot de pressions répétées pour le forcer à avouer qu’il était le «général» dont les révélations explosives auraient permis au journaliste d’écrire ses articles puis son livre. Mais il a aussi admis connaître Rougeot de longue date, et a repris à son compte les graves sous-entendus du journaliste sur le rôle qu’aurait joué François Léotard dans le meurtre de la députée, abattue le 25 février 1994. «Rougeot est un sale con, mais il a écrit la vérité», a-t-il indiqué samedi à l’AFP. Sur une terrasse en tomettes rouges, protégeant l’accès de leur maison où l’on entend les cris de leur petite-fille et les aboiements d’un chien, Mme Jojon, quinquagénaire vive et affable, a confirmé à Libération l’essentiel les propos de son mari. Vêtue d’un fuseau noir, elle est parfaitement conforme au portrait que fait Rougeot de l’épouse du «général» dans son livre. Le décor aussi: la demeure est au pied d’une colline couverte de pins, que surplombe une immense croix. «Jeudi et vendredi dernier (les 16 et 17 octobre, ndlr), Mme Rougeot est venue, accompagnée d’un certain M. Grisoni, des éditions Flammarion. Elle voulait que mon mari admette qu’il était le « général. Comme il a refusé, ils nous ont proposé de l’argent, 100 millions, enfin je veux dire 1 million de nouveaux francs. Après, il y a eu des menaces. Le monsieur de chez Flammarion a dit qu’il connaissait beaucoup de Corses.» De longue date. Interrogé samedi par l’AFP avant de se réfugier dans le silence, Jacques Jojon s’est montré encore plus précis sur les visites de ses interlocuteurs. Après avoir tenté en vain de l’émouvoir, l’épouse d’André Rougeot aurait lourdement rappelé ses fonctions d’officier de police judiciaire dans un commissariat parisien. Le dimanche, Dominique Grisoni, le numéro 2 de Flammarion, serait revenu en compagnie d’un chargé de production de l’éditeur et d’une troisième personne, que Jacques Jojon dit avoir identifié comme un journaliste de TF1. «On s’en est rendu compte, car cette personne n’arrêtait pas de déplacer en tous sens l’attaché-case dans lequel elle avait planqué sa caméra», explique Mme Jojon.

La suite, c’est Gilbert Collard, l’avocat du retraité, qui la raconte: «Il m’a demandé de faire saisir à TF1 une bande tournée apparemment à son insu. Mais seule la justice pourra identifier sûrement les gens qui sont venus chez mon client. Dès mardi, je déposerai à sa demande une plainte pour chantage, menace de mort et tentative de corruption.» Le seul point d’accord entre les couples Jojon et Rougeot, c’est qu’ils se connaissent effectivement de longue date. «Cela remonte à plusieurs années, quand mon mari a contacté André Rougeot pour lui parler d’un problème auquel nous étions confrontés. Peu à peu, ce sont devenus des amis. Ils sont souvent venus chez nous, quelquefois pour des séjours de plusieurs jours.»

Le journaliste du Canard enchaîné admet que son épouse s’est bien rendue chez les Jojon aux dates indiquées. «Pour discuter de choses et d’autres, mais certainement pas pour les menacer ou les corrompre. D’abord, ce n’est pas le genre de la maison. Secundo, je ne vois pas où l’on aurait trouvé cet argent. Enfin, cela n’a tout simplement pas de sens», déclarait hier André Rougeot à Libération. Il ne conteste pas l’intérêt marqué qu’il a porté au retraité. «Il sait des choses concernant les sujets sur lesquels je travaille, y compris bien sûr le dossier Piat. C’est vrai qu’il m’a inspiré le personnage du « général, d’ailleurs, si j’avais eu idée de la tournure prise par la traque de ma source, j’aurais même fourni la pointure de ses pantoufles. Plus sérieusement, Jacques Jojon n’est pas « mon général car, je le répète, à la base de mes articles et du livre, il y a un général dont je ne dévoilerai pas l’identité.» Pourtant, c’est bien à Jacques Jojon que Rougeot a fait parvenir les épreuves de son livre, accompagnées d’une mention manuscrite apparemment édifiante: «On attend votre préface, il manque le dernier chapitre, celui où l’on résume tout et où le général dit qu’il y était et où sont les preuves.» Le journaliste n’a pas voulu confirmer ou infirmer la réalité de cette missive. «C’est vrai, j’ai envoyé le manuscrit à Jojon. Normal, on a souvent parlé de l’affaire Piat ensemble et chez lui, je rencontrais des tas d’informateurs. Sur des tas de sujets. Il m’a ainsi présenté un juge d’instance de Brignoles sur une affaire d’escroquerie aux voitures, où apparaît une société liée à la mafia.» Condamnation en 1991. L’exécution de la députée a dû tout de même occuper la plupart de leurs discussions. «Mon mari lui donnait des informations, comment dire, techniques sur cette histoire Piat», raconte Mme Jojon. A Marseille, Me Gilbert Collard ne veut pas se prononcer sur les assertions de son client concernant le dossier Piat, et s’en tient strictement à la plainte dont il est chargé. «En fait, Jojon est mon client depuis un an pour une affaire civile. Il ne m’avait jamais parlé de rien et je ne me suis jamais douté de rien.» Selon l’édition d’aujourd’hui de Nice-Matin, Jacques Jojon aurait fait l’objet d’une condamnation à 2 ans de prison, dont 8 mois ferme, et à 35 000 F d’amende, pour escroquerie, en mars 1991. A l’époque, il aurait utilisé de fausses qualités, se faisant même passer parfois pour… un général. Le tribunal lui aurait toutefois accordé une responsabilité «atténuée», Jojon ayant été reconnu «mythomane et paranoïaque». Contacté hier soir, l’intéressé affirme avoir été «réhabilité», ce que confirme Me Collard, qui ajoute: «Cela ne m’empêchera pas de le défendre, bien au contraire.»

Jacques Jojon n’avait peut être pas choisi son avocat au hasard. Gilbert Collard est l’avocat de la famille Saincené, et se bat depuis des années pour la réouverture du dossier sur la mort des deux frères, retrouvés au mois de mai 1994 dans une villa de Tourtour (Var). L’avocat risque d’avoir indirectement satisfaction très prochainement. Le président de la cour d’assises du Var, Christian Bréjoux, s’apprête en effet à ordonner un complément d’information dans l’affaire Piat. Il pourrait demander très vite l’audition de Jean Girerd, l’expert ayant eu à sonder l’ordinateur des Saincené. L’expert, contrairement à ce qu’écrit Rougeot dans son livre, affirme s’en être tenu strictement au cadre que lui avait fixé le juge. Il n’aurait donc pas mis au jour des dossiers explosifs enfouis, paraît-il, dans le disque dur de l’ordinateur. Ambigu ou mythomane, Jacques Jojon a promis lui qu’«il ne se laisserait pas suicider».

Alain LEAUTHIER

 

 

https://www.lexpress.fr/informations/les-vraies-folies-d-un-faux-general_625022.html

Les vraies folies d’un faux général

 

Par Dupuis Jérôme
publié le 30/10/1997 à 00:00

Le fameux «général» à l’origine des «révélations» sur le meurtre de Yann Piat ne serait-il qu’un électronicien souffrant, selon une expertise judiciaire, d’une «psychose délirante chronique paranoïaque»? En se dévoilant, Jacques Jojon – condamné en 1991 à vingt-quatre mois de prison, dont seize avec sursis, pour escroquerie – n’a fait qu’accroître le trouble né de la publication de l’ouvrage d’André Rougeot et Jean-Michel Verne. Défendu par Me Collard, cet homme de 60 ans, atteint d’une sclérose en plaques, reconnaît en effet avoir longuement discuté de l’ «affaire Piat» avec Rougeot. Pourtant, Jojon n’en était pas à son coup d’essai: engagé pour trois ans, il est écarté de l’armée en 1960, déjà pour raisons psychiatriques. Il se faisait passer trois ans plus tard pour le fils d’un célèbre amiral, avant d’être épinglé par le tribunal des forces armées de Lille pour port de faux grade…

La semaine passée, selon Jojon, Mme Rougeot, un responsable de Flammarion et un journaliste de TF 1 se seraient présentés à son domicile du Var pour lui demander, «menaces» à l’appui, de témoigner en faveur des deux auteurs. En vain. Faute de «général», Rougeot et Verne ont versé au dossier judiciaire une liasse de 200 pages manuscrites présentées comme des retranscriptions de conversations enregistrées avec leur «gorge profonde». Leur lecture est édifiante: le «général» explique par exemple que, lors de la profanation de Carpentras, les coupables n’avaient pas déterré un corps mais en avaient, au contraire, enterré un autre! Une vieille méthode pour faire disparaître les cadavres, selon le «général», la police n’osant pas perquisitionner dans une tombe… Lui-même connaît ainsi un cimetière corse qui renferme en fait 800 corps au lieu des 500 officiels. Dans d’autres conversations, tout aussi surréalistes, le «général» évoque encore, pêle-mêle, le trou de la Sécu – dû en partie au Mali, à l’Algérie, et aux Etats-Unis – ou les diamants de Giscard.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Piat

Yann Piat

  1. « Yann Piat, seule contre tous » [archive] sur francetvinfo.fr, publié le 18/03/2018, consulté le 22/04/2018.

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Articles connexes

Liens externes

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Affaire Karachi : de l’utilité du « réseau K »

Elle est bien affirmée par tous, autant ceux qui soutiennent qu’il aurait permis aux négociations d’aboutir que ceux qui les accusent de n’avoir eu pour objectif que d’obtenir des financements pour la campagne présidentielle de Balladur, mais aucun ne démontre vraiment ses prétentions.

Que s’est-il donc passé au mois de janvier 1994 ? Pourquoi le contrat Sawari II n’a-t-il pas été signé le 8 janvier 1994, comme tout le gouvernement Balladur semble alors l’escompter ?

Le premier procès n’apporte aucune réponse.

- Les chèvres corses, c’est bien, aussi.

- Non, nous ce qu’on veut, c’est le mouton breton, un mouton noir unique au monde.

Certains sont parfaitement capables de m’avoir à cette époque vendue à mon insu à un émir quelconque. Puis ils ont peut-être dû renoncer à livrer leur marchandise qui n’en faisait encore qu’à sa tête.

Ce qui est certain, c’est que ces proxénètes avaient bien décidé que je leur appartenais et devais leur rapporter du fric, beaucoup, au moins dix millions de francs selon ce qu’ils m’ont toujours dit.

 

 

https://www.lepoint.fr/justice/affaire-karachi-le-reseau-k-en-proces-07-10-2019-2339688_2386.php

Affaire Karachi : le « réseau K » en procès

 

VIDÉO. Six hommes sont jugés jusqu’au 31 octobre pour des soupçons de rétrocommissions qui auraient servi au financement de la campagne d’Édouard Balladur en 1995.

Source AFP

Publié le 07/10/2019 à 07h08 – Modifié le 07/10/2019 à 18h58

 

Le procès qui s’ouvre ce lundi n’est que le premier de la tentaculaire affaire Karachi et se penchera sur le volet strictement financier de ce dossier : six hommes sont jugés au tribunal correctionnel de Paris pour des soupçons de commissions occultes en marge de la campagne présidentielle malheureuse d’Édouard Balladur en 1995. Trois politiques, un industriel et deux intermédiaires devront répondre, jusqu’au 31 octobre, d’abus de biens sociaux ou de complicité et recel de ce délit, notamment au détriment de la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCNI).

Au cœur du dossier, des soupçons de rétrocommissions sur des sommes réglées à des intermédiaires, le « réseau K », en marge de la vente de frégates à l’Arabie saoudite (contrat Sawari II) et de sous-marins au Pakistan (Agosta). Si le versement de pots-de-vin à des agents étrangers était alors la règle à l’international – jusqu’à leur interdiction en 2000 –, les rétrocommissions étaient, elles, proscrites. Pour l’accusation, ce sont ces rétrocommissions qui auraient alimenté les comptes de campagne d’Édouard Balladur dans un contexte très particulier : celui de la lutte fratricide qui opposait alors au sein de la droite française le Premier ministre sortant, sans appareil, au maire de Paris Jacques Chirac, qui avait, lui, le soutien du RPR.

Balladur et Léotard renvoyés devant la CJR

L’affaire prend sa source dans l’enquête sur l’attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la DCNI coûtait la vie à 15 personnes, dont 11 Français travaillant à la construction des sous-marins dans le port pakistanais de Karachi. L’enquête, qui avait au départ privilégié la piste terroriste d’Al-Qaïda, s’en était éloignée en 2009 pour explorer les possibles liens, non confirmés à ce jour, entre l’attaque et l’arrêt du versement des commissions en 1995.

Le procès qui s’ouvre lundi ne permettra pas de savoir si l’arrêt du versement des commissions, décidé par Jacques Chirac après son élection, est ou non lié à l’attentat survenu sept ans plus tard. C’est exclusivement le volet financier du dossier qui sera jugé, mais en l’absence du principal intéressé, Édouard Balladur, et de son ancien ministre de la Défense François Léotard : tous deux viennent d’être renvoyés devant la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.

À LIRE AUSSIAffaire Karachi : Édouard Balladur renvoyé devant la Cour de justice de la République

De l’utilité du « réseau K »

Les trois prévenus issus du monde politique nient tout financement illégal : Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d’Édouard Balladur et aujourd’hui un des dirigeants du groupe de luxe LVMH ; Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller à l’époque du ministre de la Défense ; Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy et surtout engagé dans la campagne d’Édouard Balladur. Ils sont jugés aux côtés de Dominique Castellan, ancien patron de la DCNI, ainsi que deux hommes d’affaires : le Franco-Libanais Ziad Takieddine et l’Espagnol d’origine libanaise Abdul Rahman Al Assir, membres du « réseau K ». La présence de ce dernier, qui réside en Suisse, est peu probable.

Si le réseau est utile, il n’y a pas d’abus de biens sociaux et ce dossier est vide.

Après des années d’enquête, les juges d’instruction ont estimé que plus de 300 millions d’euros de commissions « indues » et « exorbitantes » sur des contrats d’armement avaient été versés au « réseau K » (pour King, allusion au roi d’Arabie). Un réseau « inutile » et imposé par le gouvernement en fin de négociations pour enrichir ses membres et financer par des rétrocommissions la campagne Balladur, via des sociétés offshore, selon les magistrats. Une thèse combattue par l’ancien dirigeant de la DCNI et les intermédiaires, qui affirment que l’intervention du « réseau K » a été décisive pour la signature des contrats, notamment au Pakistan, où la France était en concurrence avec le Royaume-Uni. « Si le réseau est utile, il n’y a pas d’abus de biens sociaux et ce dossier est vide », a commenté un avocat de la défense.

Pendant l’enquête, après avoir longtemps tergiversé, Ziad Takieddine avait concédé avoir financé la campagne d’Édouard Balladur à hauteur de 6 millions de francs (moins d’un million d’euros), affirmant avoir été sollicité par Nicolas Bazire via Thierry Gaubert, ce que les deux hommes contestent. Les juges s’étaient notamment intéressés aux 10,2 millions de francs versés en coupures de 500 et 100 francs le 26 avril 1995 sur le compte de campagne de M. Balladur. Les comptes de campagne de l’ex-Premier ministre avaient été validés par le Conseil constitutionnel.

 

 

 

https://www.capital.fr/economie-politique/karachi-3-ans-de-prison-ferme-requis-contre-renaud-donnedieu-de-vabres-et-nicolas-bazire-1353943

Karachi : 3 ans de prison ferme requis contre Renaud Donnedieu de Vabres et Nicolas Bazire

 

6medias Publié le 29/10/2019 à 12h05 Mis à jour le 29/10/2019 à 12h15
Karachi : 3 ans de prison ferme requis contre Renaud Donnedieu de Vabres et Nicolas Bazire

Frederic SOULOY / Contributeur / Getty Images

 

Dans le cadre du volet financier de l’affaire Karachi, cinq ans de prison, dont deux avec sursis, ont été requis contre Renaud Donnedieu de Vabres, ancien proche collaborateur du ministre de la Défense François Léotard, et Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d’Édouard Balladur à Matignon et ex-directeur de sa campagne présidentielle.

 

« Une véritable entreprise de prédation ». C’est en ces termes qu’a qualifié le procureurs, Nicolas Baïetto, l’affaire Karachi devant le tribunal correctionnel. Le parquet de Paris a requis ce lundi 28 octobre de 18 mois ferme à sept ans de prison à l’encontre des six prévenus au procès du volet financier de l’affaire Karachi, une affaire de soupçons de commissions occultes sur des ventes d’armement en marge de la campagne présidentielle d’Édouard Balladur. Dans ce procès pour abus de biens sociaux, recel ou complicité, l’accusation considère que des rétrocommissions illégales sur des contrats d’armement signés en 1994 avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite ont contribué notamment à financer la campagne malheureuse de l’ancien Premier ministre en 1995.

« Certains des plus hauts fonctionnaires de l’État se sont livrés à une véritable entreprise de prédation (…) notamment pour financer la campagne du candidat Balladur », a lancé l’un des deux procureurs, Nicolas Baïetto, devant le tribunal correctionnel. Six prévenus sont jugés depuis trois semaines : un industriel, trois politiques et deux intermédiaires. Il leur est reproché d’avoir floué deux entités détenues par l’État : la branche internationale de la Direction des constructions navales (DNCI), qui vendait des sous-marins au Pakistan (contrat Agosta), et la Sofresa, pour la vente de frégates à l’Arabie Saoudite (Sawari II).

Les prévenus nient tout financement politique

Selon l’accusation, le pouvoir politique a imposé à la DCNI et la Sofresa des intermédiaires « inutiles » dans ces contrats, le « réseau K », à des conditions financières « anormales ». Dans son « intérêt » : faire revenir une partie des commissions versées à ce réseau vers les comptes de la campagne Balladur. Le parquet a requis trois ans d’emprisonnement, dont 18 mois ferme contre Dominique Castellan, alors patron de la DCNI. Contre l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, l’un des intermédiaires, également jugé pour fraude fiscale et blanchiment, cinq ans de prison avec mandat de dépôt ont été requis.

À l’encontre de son ancien associé Abdul Rahman Al Assir, absent du procès, le parquet a demandé sept ans et un mandat d’arrêt. Cinq ans, dont deux avec sursis, et des amendes ont été requis contre Renaud Donnedieu de Vabres, alors proche collaborateur du ministre de la Défense François Léotard, et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Édouard Balladur à Matignon et ex-directeur de sa campagne présidentielle. Renaud Donnedieu de Vabres est notamment jugé pour avoir imposé le « réseau K ». Et Nicolas Bazire, aujourd’hui l’un des dirigeants du groupe de luxe LVMH, pour avoir, en tant que directeur de la campagne Balladur, téléguidé l’arrivée des 10,25 millions sur le compte de la campagne.

>> À lire aussi : Édouard Balladur et François Léotard renvoyés devant la Cour de justice de la République

Enfin, contre Thierry Gaubert, alors au ministère du Budget, quatre ans, dont deux ferme, et 100.000 euros d’amende ont été requis. L’accusation estime qu’il a profité des « largesses de Ziad Takieddine » mais n’a toutefois « pas pu faire le lien » avec la campagne Balladur. Édouard Balladur et François Léotard seront quant à eux jugés ultérieurement devant la Cour de justice de la République.

 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/15/prison-ferme-pour-les-six-prevenus-dans-le-volet-financier-de-l-affaire-karachi_6042907_3224.html

Affaire de Karachi : prison ferme pour six prévenus, dont des proches d’Edouard Balladur, dans le volet financier

 

La justice a durement sanctionné les prévenus qui ne pouvaient ignorer « l’origine douteuse » des fonds versés pour la campagne présidentielle de Balladur en 1995.

Par Service société

Publié le 15 juin 2020 à 14h53 – Mis à jour le 16 juin 2020 à 10h50Temps de Lecture 4 min.

 

Thierry Gaubert, deuxième à partir de la droite, un des six prévenus condamnés dans le volet financier de l’affaire Karachi.

Thierry Gaubert, deuxième à partir de la droite, un des six prévenus condamnés dans le volet financier de l’affaire Karachi. THOMAS COEX / AFP

 

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, lundi 15 juin, à des peines de deux à cinq ans de prison ferme les six personnes jugées dans le volet financier de l’affaire de Karachi, un scandale politico-financier sur fond de commissions occultes versées à l’occasion de contrats d’armements signés en 1994. Pour le tribunal, les fonds détournés à cette occasion ont bien contribué au financement occulte de la campagne présidentielle malheureuse d’Edouard Balladur, alors premier ministre, en 1995.

La décision du tribunal est de mauvais augure pour M. Balladur qui comparaîtra prochainement devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le volet ministériel de l’affaire, aux côtés de son ministre de la défense de l’époque, François Léotard. La CJR est la seule juridiction habilitée à juger les ministres pour des infractions commises au cours de leur mandat.

Pour justifier sa décision, jugée particulièrement dure par les avocats des prévenus au vu de l’ancienneté des faits, le tribunal a dénoncé « une atteinte d’une gravité exceptionnelle non seulement à l’ordre public économique mais aussi à la confiance dans le fonctionnement de la vie publique », a fortiori émanant de hauts fonctionnaires et personnalités politiques, desquels sont attendus une probité « exemplaire ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Affaire de Karachi : un procès et deux grands absents

 

Condamnés pour « abus de biens sociaux », « complicité » ou « recel » de ce délit – l’infraction de « financement politique illicite » étant prescrite –, les prévenus, parmi lesquels l’ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres et deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert, ont tous annoncé leur intention de faire appel.

Lancée par les révélations de Mediapart en septembre 2008, l’enquête judiciaire, conduite d’abord par le juge Marc Trévidic puis par Renaud Van Ruymbeke, a établi que dans le cadre de deux contrats d’armement conclu en 1994 entre la France (par la direction des constructions navales internationales, DCN-I), le Pakistan et l’Arabie saoudite, un réseau d’intermédiaires d’origine libanaise avait été imposé au dernier moment, sans aucune justification commerciale. Il était animé par deux hommes, Abdul Rahman El-Assir et, surtout, le fantasque intermédiaire Ziad Takieddine – le tribunal a décerné un mandat d’arrêt contre les deux hommes, absents ce lundi au délibéré.

Les contrats de sous-marins (Agosta) et de frégates (Sawari II) conclus respectivement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite ont donné lieu à des rétrocommissions occultes, dont une partie aurait enrichi les prévenus, l’autre ayant abondé de manière tout aussi illicite la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Le tribunal stigmatise le versement de « commissions exorbitantes », au détriment de DCN-I et de la Sofresa, deux sociétés d’Etat chargées de vendre les équipements militaires. Le jugement évoque ainsi « le montant disproportionné des commissions accordées plus de 190 millions de francs , sans justifications économiques et dans des conditions anormalement avantageuses, dérogatoires et contraires aux usages ».

« Retour d’ascenseur »

Pour les juges, la preuve a été apportée que les 10,25 millions de francs en liquide versés providentiellement en avril 1995 sur le compte de l’association de financement de la campagne d’Edouard Balladur provenaient de M. Takieddine. Le versement de cette somme aurait constitué un « retour d’ascenseur » aux balladuriens, qui avaient permis à l’homme d’affaires de s’enrichir grâce aux contrats d’armement.

Si les plus lourdes peines, cinq ans de prison ferme, ont été infligées au tandem Takieddine-El-Assir, Nicolas Bazire, ancien directeur du cabinet et chef de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, et Renaud Donnedieu de Vabres, alors proche collaborateur du ministre de la défense, François Léotard, n’ont pas été épargnés : ils sont condamnés à cinq ans de prison dont deux avec sursis et de lourdes amendes (respectivement 300 000 et 120 000 euros). Il est notamment reproché à M. Bazire d’avoir eu « parfaite connaissance de l’origine douteuse » des 10,25 millions suspects versés sur le compte de campagne, et à M. Donnedieu de Vabres d’avoir œuvré en faveur du duo Takieddine-El-Assir.

De son côté, Thierry Gaubert, alors conseiller du ministre du budget, Nicolas Sarkozy – souvent cité dans la procédure, ce dernier n’a pas été poursuivi –, a été condamné à quatre ans de prison ferme, dont deux avec sursis, et 120 000 euros d’amende. Pour les magistrats, M. Gaubert était « le maillon indispensable entre Nicolas Bazire et Ziad Takieddine » qui aurait « permis en toute connaissance de cause, le retour en France sous forme de rétrocommissions de fonds provenant des commissions litigieuses, à destination du compte de campagne de M. Edouard Balladur ».

Lire aussi : Affaire de Karachi : plus de vingt-cinq ans après les faits, Balladur sera jugé devant la Cour de justice de la République

 

Enfin, Dominique Castellan, alors patron de la DCN-I, a été condamné à trois ans ferme dont un avec sursis et 50 000 euros d’amende. A l’audience, M. Castellan avait admis avoir reçu l’ordre du cabinet de M. Léotard d’imposer le « réseau K », le duo Takieddine-El-Assir.

Si le jugement du tribunal correctionnel de Paris a mécontenté les avocats des prévenus, il a en revanche satisfait les familles des victimes de l’attentat de Karachi, convaincues que cette affaire de rétrocommissions est à l’origine de l’attentat du 8 mai 2002 visant des salariés de la DCN-I travaillant alors au Pakistan. L’explosion avait tué à quinze personnes dont onze Français œuvrant à la construction des sous-marins Agosta.

Alors que la piste Al-Qaida avait été initialement privilégiée, une autre hypothèse franco- française était apparue : l’attentat aurait été commis en rétorsion à l’arrêt brutal des commissions décidé en 1996 par Jacques Chirac, désireux de sanctionner les balladuriens. Un lien de causalité éventuel, non confirmé à ce jour, qui devrait être au cœur du procès de MM. Balladur et Léotard devant la CJR.

 

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Affaire-Karachi-la-France-menacee-par-de-lourdes-penalites-1107818

Affaire Karachi : la France menacée par de lourdes pénalités

 

Paris Match | Publié le 01/11/2016 à 12h52

Au large de l'île de Groix, en juillet 2002, la frégate furtive "Al Riyad", premier bâtiment du programme Sawari II.

Au large de l’île de Groix, en juillet 2002, la frégate furtive « Al Riyad », premier bâtiment du programme Sawari II. VALERY HACHE / AFP

 

La Cour d’appel de Lyon examinera, ce 3 novembre, la validité du renvoi en correctionnelle de six des protagonistes du scandale Karachi. La défense de l’intermédiaire Ziad Takieddine évoque le risque d’importantes pénalités financières, semblables à celles des frégates de Taiwan, au détriment du Trésor public français.

Le versement de commissions occultes dans les ventes d’armes de l’affaire Karachi expose la France à des dédommagements pouvant atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, pour cause de non respect des contrats signés. Cette alerte est lancé par Bérenger Tourné, l’avocat de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, l’un des personnages clés du scandale, pour lequel il plaidera devant la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Lyon.

Celle-ci, à partir du 3 novembre prochain, doit examiner à huis clos la validité du renvoi devant le tribunal correctionnel de six protagonistes du dossier avec outre Takieddine, l’intermédiaire libanais Abdul Rahman el-Assir, les anciens membre de cabinets ministériels Nicolas Bazire, Renaud Donnedieu de Vabres et Thierry Gaubert, ainsi que Dominique Castellan, l’ex-patron de DCN-I, la filiale internationale de la Direction des constructions navales.

A lire :Qu’est-ce que l’affaire Karachi?

En juin 2014, les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire ont ordonné le renvoi devant un tribunal de ces six prévenus, accusés d’abus de biens sociaux ou de recel. En cause : une vaste affaire de détournements de fonds, où se mêlent grands contrats à l’exportation, corruption et financement politique, lors de la vente par la France, fin 1994, de sous-marins Agosta au Pakistan puis de frégates de type Sawari à l’Arabie Saoudite. Après trois années d’enquêtes et le décryptage de centaines de documents bancaires, en provenance de Suisse et des paradis fiscaux, les deux magistrats ont établi qu’en marge de ces contrats près de 327 millions d’euros de commissions occultes ont été versés par DCN et la Sofresa, deux entreprises contrôlée par l’Etat, au «réseau K» des intermédiaires Takieddine et el-Assir. Une partie de cet argent serait revenue en France sous forme de «retrocoms» pour financer notamment la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Dans un arrêt du 10 février 2016, la Cour de cassation a pourtant annulé cette ordonnance de renvoi, en raison de son caractère «complexe» et de problèmes de procédure. Elle a demandé que le dossier soit réexaminé par la Cour d’appel de Lyon qui devra entre autres trancher sur l’éventuelle prescription des abus de biens sociaux reprochés qui datent de plus de vingt ans.

Les contrats prohibent la corruption et le paiement de commissions

En préparant cette audience, Me Tourné a exhumé des «scellés» du dossier des pièces capitales : les contrats d’origine signés par le gouvernement français en 1994 avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite pour la vente des sous-marins Agosta et des frégates Sawari. Il a alors constaté que ces documents d’Etat à Etat comportent des clauses prohibant formellement la corruption, l’intervention d’intermédiaires et le paiement de commissions, sous peine de recours en arbitrage et de sanctions financières conséquentes pour «rupture fautive du contrat». Intitulée «Corrupt Gifts/Commission» (Cadeaux corruptifs/Commission), la clause 47 du contrat Agosta est très explicite sur le sujet. Quant au contrat «Sawari 2» des frégates saoudiennes, il se réfère à l’«accord cadre intergouvernemental» signé le 8 juin 1989 par Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Défense, et son homologue saoudien, le prince Sultan Bin Abdul Aziz. Il y est stipulé, à l’article 1 du titre IV : «Les relations entre les deux gouvernements seront directes et sans intermédiaires. Les contrats d’armements et de prestations de service y afférant le seront également.»

Un schéma d’escroquerie d’Etat

Pourtant, comme l’a montré l’instruction du juge Van Ruymbeke, DCN-I et Sofresa, les deux entreprises para-publiques chargées de ces commandes, ont multiplié le recours à des intermédiaires (dont Takieddine et el-Assir) et à des sociétés off-shore, avec le versement de dessous de table pudiquement camouflés dans les comptes sous le nom de FCE : Frais Commerciaux Exceptionnels. Le caractère illicite de ces FCE, même s’ils étaient validés par les douanes et les services fiscaux, étaient bien connu des entreprises concernées. Ainsi, à la Sofresa, l’une des responsables a déclaré aux juges: «Les contrats de commissions ne se traitaient pas en Arabie Saoudite. En effet, pour la partie saoudienne, il ne faut pas que l’on sache qu’il y a des commissions puisque c’est interdit. La discrétion impose une négociation avec des intermédiaires, en dehors de l’Arabie.» De même, Anne Le Lorier, alors conseillère économique d’Edouard Balladur, soulignait le risque, en cas de révélation des FCE à l’Arabie Saoudite, de voir la France être accusée de «faux contrat». «Le système a duré des années, dénonce Bérenger Tourné. Nous sommes dans un schéma d’escroquerie d’Etat à Etat où la France gonflait sciemment le prix des matériels livrés pour pouvoir corrompre, avec les propres deniers de ses clients, les dignitaires des pays acheteurs. Si le Pakistan ou l’Arabie Saoudite décident aujourd’hui de déclencher les clauses anti-corruption des contrats, la facture pourrait êtes salée pour le Trésor public».

A lire :Un conseiller de Trump… épinglé dans l’affaire Karachi

En effet, l’article 47, interdisant les «cadeaux corruptifs» du contrat Agosta est rédigé à peu près dans les mêmes termes que celui figurant dans le contrat «Bravo» signé entre Paris et Taipei en août 1991 pour le vente des fameuses «frégates de Taiwan». Après la mise au jour de commissions illicites dans ce marché -autre affaire d’Etat déjà instruite par le juge Van Ruymbeke-, le gouvernement taïwanais a réclamé des sanctions devant une Cour d’arbitrage. Et en 2011, après dix années de bataille judiciaire, la France a été condamnée à lui régler des pénalités record de 630 millions d’euros, dont 460 millions à la charge de l’Etat et 170 millions pour Thales (anciennement Thomson-CSF), le vendeur des frégates. «Il va sans dire que le parallèle entre les frégates de Taiwan et les contrats Agosta ou Sawari 2 est édifiant, renchérit Me Tourné, puisque le même schéma d’escroquerie d’Etat se retrouve dans ces deux contrats, au préjudice cette fois du Pakistan et de l’Arabie Saoudite».

 

 

https://www.parismatch.com/Actu/International/Le-nouveau-conseiller-de-Donald-Trump-avait-ete-epingle-dans-l-affaire-Karachi-943849

Le nouveau conseiller de Donald Trump avait été épinglé dans l’affaire Karachi

 

Paris Match | Publié le 12/04/2016 à 14h43 |Mis à jour le 12/04/2016 à 14h44

Paul Manafort lors de son passage sur NBC.

Paul Manafort lors de son passage sur NBC. DR

 

Nouvelle recrue de Donald Trump pour sa campagne présidentielle, le « spin doctor » américain Paul Manafort est apparu dans le dossier Karachi pour des honoraires  provenant de commissions occultes  sur des ventes d’armes françaises.

Depuis début avril, Donald Trump a renforcé son équipe de campagne avec un vieux routier de la communication politique, Paul Manafort, qui jadis a œuvré pour une flopée de candidats républicains : Gerald Ford, Ronald Reagan, George Bush père ou encore John McCain. Agé de soixante six ans, Manafort s’est vu octroyer le titre de « conseiller politique » de Trump. « Je travaille directement pour le patron », s’est-il exclamé sur CNN.Le nouvel homme fort de l’entourage de Donald Trump n’est pas tout à fait un inconnu en France. En 2012, son nom est apparu dans l’enquête du juge Renaud Van Ruymbeke sur les commissions occultes issues des ventes d’armes de l’affaire Karachi soupçonnées d’avoir alimenté, en 1995, le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur.

Le « spin doctor » américain qui a aussi conseillé des personnages sulfureux, comme le dictateur philippin Ferdinand Marcos ou récemment le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch, avait offert ses services à l’équipe de campagne d’Edouard Balladur. C’est l’ex-épouse de Ziad Takieddine, l’Anglaise Nicola Johnson, qui, en décembre 2011, a vendu la mèche aux enquêteurs. « Ziad m’avait dit que Paul Manafort donnait des conseils par rapport à la campagne de M. Balladur. »

400 000 dollars versés depuis la Suisse

De fait, l’examen des comptes suisses du Libanais Abdul Rahman El-Assir, l’un des intermédiaires mis en examen dans l’affaire Karachi, a permis aux enquêteurs de retrouver la trace de nombreux paiements en faveur de Paul Manafort. Ainsi, le 22 septembre 1994, El-Assir verse 35000 dollars à BMSK (Black, Manafort, Stone and Kelly), la société du consultant américain. Le 7 novembre 1994, il vire 43016 dollars sur le compte de l’épouse de Manafort. Le 16 novem­bre 1994, ­nouveau versement de 17 000 dollars à BMSK. Le 22 mai 1995, El-Assir règle 52 000 dollars au Tarrance Group, une société proche de Manafort. Le 2 août 1995, ce sont 125 017 dollars qui alimentent BMSK. Enfin, le 15 août 1995, El-Assir paie 125 016 dollars à Paul Manafort.

Au total, entre septembre 1994 et août 1995, le consultant et ses proches ont donc empoché près de 400 000 dollars provenant des fameux comptes où El-Assir a encaissé les commissions occultes de l’affaire Karachi. Pour les enquêteurs, cette découverte était essentielle. Elle établissait enfin un lien entre ces commissions et la campagne Balladur.

Le futur conseiller de Donald Trump a été entendu par les policiers français, aux Etats-Unis, dans le cadre d’une commission rogatoire internationale envoyée par le juge Van Ruymbeke. Il leur a confirmé avoir été payé par l’intermédiaire Al Assir pour un sondage et son analyse réalisé lors de la campagne Balladur. Le communicant américain n’a pas été poursuivi par la justice française. Mais son témoignage ainsi que les traces de ses paiements figurent dans le dossier Karachi aujourd’hui en attente de jugement.

 

Affaire Karachi : Léotard amnésique, je veux bien l’aider !

Il fut un temps où la presse évoquait sans problème l’épisode du voyage gouvernemental à Riyad du 8 janvier 1994, puis plus personne ne semble s’y être intéressé, surtout pas les juges d’instruction, ce qui est quand même assez curieux. A leur place, j’aurais bien posé quelques questions, mais je n’y suis pas, n’y ai jamais été et ne suis pas non plus magistrate, je suis juste ingénieur, avec une intelligence « reptilienne » à « faire chier » tout le monde, comme le disait en août 2006 le très « rationnel et cohérent » Joël Roma, militant de la LCR de Brest de 1999 à 2005 m’ayant harcelée entre 2004 et 2007 sur ordre des chefs de son ancien parti, notamment la criminelle Josette Brenterch, laquelle participait déjà à tous les harcèlements dont j’étais victime en 1994 alors que je travaillais sur un très gros projet classé de la Défense nationale, comme le sait bien le précité Joël Roma, tellement « rationnel et cohérent » qu’il n’a, lui, jamais fait d’études d’ingénieur (il n’est pas si fou…), mais un CAP de carreleur qu’il n’aura jamais su exploiter dans les règles de l’art (faillite en moins d’un an en 1989 pour incapacité notoire à gérer sa petite affaire personnelle), ce qui prouve son indéniable aptitude à dire ce que sont ou ne sont pas les ingénieurs et à les juger ou jauger ainsi qu’à juger aussi de leur travail sans rien en connaître (j’étais en 2004 le tout premier ingénieur qu’il ait jamais eu l’occasion d’approcher de près, vraiment de très près, jusqu’à même pouvoir le toucher, et il était tout surpris de constater que je ne mordais pas).

Voir ici :

http://petitcoucou.unblog.fr/2021/01/20/affaire-karachi-debut-du-proces-de-balladur-et-leotard-joel-roma-toujours-pas-entendu/

Sawari II n’aura donc pas été signé le 8 janvier 1994 comme prévu initialement, mais seulement le 19 ou le 24 novembre 1994 selon les sources. Pourquoi, et que s’est-il donc passé dans l’intervalle ? Les juges ne rapportent rien, hormis des notes et arbitrages interministériels entre la mi-octobre 1994 et la signature du contrat, montrant qu’à ce moment-là tout s’accélère étonnamment après plusieurs longs mois de blocage absolu dans ces négociations.

Et de mon côté, que se passe-t-il donc à cette époque ?

Eh bien, comme d’habitude, je fais « chier » avec mon intelligence « reptilienne ».

Alors que durant les derniers mois de l’année 1993, les complices de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest qui me harcelaient alors avaient monté un super plan pour pouvoir m’expédier au Maroc et ainsi, enfin se débarrasser de moi de manière définitive à coup sûr après le 6 janvier 1994, ce jour-là ils avaient encore essuyé un échec monumental à cause de mon intelligence « reptilienne ». D’où une très grosse colère de tous les intéressés… que le ministre de l’Intérieur parti rigoler au Maroc le 8 janvier 1994 s’était apparemment abstenu de rapporter à ses petits copains du gouvernement tous du voyage à Ryiad…

La situation pour les négociations du contrat Sawari II ne se débloque ensuite qu’à l’automne 1994, alors que je me trouve en arrêt de travail depuis le 24 septembre 1994 et que tous ceux qui attendaient patiemment la fin de mon contrat de travail depuis le début de l’année la voient enfin arriver de ce fait…

Ceux qui dans l’intervalle avaient tenté de m’assassiner ou me faire assassiner à plusieurs reprises iront se réfugier au Maroc après mes premiers dépôts de plaintes contre eux à raison de ces faits.

Apparemment, ils s’y trouvent toujours et montrent un vif intérêt pour celles de mes publications actuellement les plus susceptibles de les concerner :

 

Affaire Karachi : Léotard amnésique, je veux bien l'aider ! dans AC ! Brest maMorocco, Youtube, Llc

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ma dans AttentatsOujda, Oriental, Morocco, Moroccan Academic Network

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Comme quoi tout le monde n’est pas encore mort, même si effectivement il y a bien eu plusieurs grosses vagues d’assassinats depuis 1994, les dernières du fait des deux malades mentaux Pascal Edouard Cyprien Luraghi et Jean-Marc Donnadieu.

 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/22/proces-de-l-affaire-de-karachi-francois-leotard-l-amnesique-de-la-republique_6067166_3224.html

Procès de l’affaire de Karachi : François Léotard, l’amnésique de la République

 

L’ancien ministre de la défense, 78 ans, a été entendu, mercredi, par la Cour de justice de la République, sur les contrats d’armements des années 1990.

Par Béatrice Gurrey

Publié le 22 janvier 2021 à 06h26 – Mis à jour le 22 janvier 2021 à 06h26Temps de Lecture 2 min.

 

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Edouard Balladur et l’ancien ministre de la défense François Léotard témoignent dans l’affaire Karachi le 19 janvier à Paris.
Edouard Balladur et l’ancien ministre de la défense François Léotard témoignent dans l’affaire Karachi le 19 janvier à Paris. BENOIT PEYRUCQ / AFP

 

François Léotard a la mémoire qui flanche. Que lui a-t-on dit ? Quel était son degré d’information ? Quel était son avis ? L’ancien ministre de la défense, 78 ans, ne se souvient plus très bien de « l’épicerie » de ces marchés colossaux d’armement des années 1990, dont les rétrocommissions illégales auraient servi à financer la vie politique.

Lire aussi Edouard Balladur, François Léotard, les rétrocommissions et le conditionnel : devant la Cour de justice de la République, le décor est posé dans l’affaire Karachi

« Le problème de ce procès, M. le président, c’est que tout le monde est mort. » Mercredi 21 janvier, au troisième jour d’audience, et en l’absence d’Edouard Balladur, le président de la Cour de justice de la République (CJR), Dominique Pauthe, n’obtient pas de réponse précise du prévenu, pourtant bien vivant.

Il a changé de lecture, un livre de la Blanche de Gallimard retourné sur sa table, et tient à la main un mouchoir rouge qui ressemble à une serviette de restaurant. Mais alors, cette note de la Direction générale de l’armement (DGA) qui s’alarme des garanties financières sur le contrat Agosta – des sous-marins vendus au Pakistan pour 5,4 milliards de francs –, ne lui dit vraiment rien. « Vous me posez une colle, M. le président. Si on m’avait signalé quelque chose d’illégal, je n’aurai pas poursuivi cette démarche. J’ai toujours pensé que c’était régulier. »

La confiance post-mortem

Les commissions très grasses versées aux intermédiaires (Ziad Takieddine et le « réseau K »), à un rythme plus soutenu que les versements du client, pratique très inhabituelle, qu’en pense-t-il ? « Je faisais confiance à mes collaborateurs. Je n’ai aucune raison de mettre en doute ce que faisait M. Douffiagues [PDG de la Sofresa, organisme chargé des ventes d’armes, disparu en 2011]. Je lui fais confiance post-mortem. » Ah, la confiance post-mortem…

Lire aussi Affaire de Karachi : la complainte d’Edouard Balladur
Et les notes inquiètes du ministère de l’économie sur les risques financiers du contrat ? « J’ai toujours eu confiance dans les notes des agents du ministère des finances. » Il se mouche dans sa serviette rouge. « Ces contrats ont rapporté de l’argent à la France. Les risques, oui, c’est comme ça. Il y a sans arrêt des abus de biens sociaux dans l’histoire économique de la France. On enlève des œuvres au Louvre pour les mettre à Abou Dhabi. Tout cela m’échappe. » Quel est le rapport ?

Impavide et courtois, le président Pauthe continue ses questions techniques et logiques pour tenter de comprendre comment l’ancien ministre de la défense a agi. « En 1995, excusez-moi de vous le dire, j’étais totalement engagé auprès d’Edouard Balladur dans la campagne, c’était le cadet de mes soucis ces contrats. »

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https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/affaire-karachi-au-proc-c3-a8s-balladur-dialogue-de-sourds-entre-la-cour-et-fran-c3-a7ois-l-c3-a9otard/ar-BB1cYs5j

Affaire Karachi. Au procès Balladur, dialogue de sourds entre la cour et François Léotard 

il y a 2 jours

 

Édouard Balladur et François Léotard comparaissent devant la Cour de justice de la République depuis le 19 janvier 2021. © BENOIT PEYRUCQ / AFP Édouard Balladur et François Léotard comparaissent devant la Cour de justice de la République depuis le 19 janvier 2021.

L’ancien ministre de la Défense, interrogé par les magistrats de la Cour de justice de la République, jeudi 21 janvier, a multiplié les digressions.

Mais quel est le rapport ? Entre digressions et trous de mémoire, la Cour de justice de la République (CJR) a poursuivi jeudi 21 janvier le difficile interrogatoire de François Léotard, jugé à Paris avec Édouard Balladur pour le financement de la campagne de ce dernier à la présidentielle de 1995.

L’ancien ministre de la Défense et l’ex-Premier ministre sont soupçonnés d’avoir mis en place dans les années 90 un système de rétrocommissions illégales liées à d’importants contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, qui aurait servi à nourrir les comptes de la campagne d’Édouard Balladur.

Ce système de commissions exorbitantes réglées à des intermédiaires inutiles, selon l’accusation, a valu aux collaborateurs d’Édouard Balladur et François Léotard de lourdes condamnations en juin dernier, dans le volet non-ministériel de cette partie de la tentaculaire affaire Karachi.

Jugés depuis mardi devant la CJR, composée de magistrats et de parlementaires, les deux anciens responsables politiques ont tous les deux fermement nié toute culpabilité dans cette affaire.

« Je ne me souviens pas »

Jean noir et pull marine, planté devant le pupitre au centre de la salle d’audience, François Léotard, 78 ans, écoute patiemment le président Dominique Pauthe décrire les complexes négociations qui ont entouré les contrats de vente de sous-marins au Pakistan.

La cour veut des précisions sur une note des services du ministère de la Défense mais se heurte à l’une des difficultés de ce procès : juger des faits un quart de siècle après.

Alors là, vous me posez une colle M. le président, ça doit avoir vingt-cinq ans, souffle l’ancien ministre. Je ne me souviens pas, ajoute-t-il, comme il le répétera encore une dizaine de fois lors de son interrogatoire.

Si on m’avait signalé quelque chose d’irrégulier, naturellement, je n’aurais pas accepté que ça se poursuive, s’empresse de préciser François Léotard. J’ai toujours pensé que tout ça était légal, régulier, et dans notre intérêt.

« Si c’était à refaire, je le referai »

Lorsque l’ex-ministre rappelle que la pratique des commissions pour faciliter l’obtention d’un contrat était à son époque légale, le président lui précise : Il ne s’agit pas de critiquer la vente de sous-marins ou de frégates mais […] des accords passés en marge de ces contrats.

Si c’est légal, j’assume tout. Si c’est pas légal, je n’assume rien, lui rétorque François Léotard. Et, si c’était à refaire, je le referai, ajoute à plusieurs reprises celui qui a décidé de défendre son honneur lui-même, sans avocat.

Ces affaires de contrats, excusez-moi d’avoir l’air désinvolte, mais c’était le cadet de mes soucis, insiste-t-il en évoquant le nucléaire français, les guerres en Bosnie et au Rwanda ou les soldats blessés qu’il devait accueillir.

- D’autres que vous s’en chargeaient ?, coupe le président, revenant sur les contrats.

- Bien sûr.

- Notamment Renaud Donnedieu de Vabres ?

Plus proche conseiller de François Léotard à l’époque – il était connu comme son double – Renaud Donnedieu de Vabres a été condamné en juin à cinq ans de prison dont trois ferme pour avoir imposé le réseau d’intermédiaires aux industriels et reçu de l’argent du sulfureux intermédiaire libanais Ziad Takkiedine pour des services rendus en marge des contrats.

Il a fait appel de ce jugement, tout comme ses coprévenus.

Du Liban à Fréjus

Le procureur général François Molins aimerait bien savoir à quelle fréquence Renaud Donnedieu de Vabres rendait des comptes à son ministre, et s’agace quand François Léotard se lance en réponse dans un commentaire sur les pratiques financières au Liban.

Est-ce qu’il est possible d’avoir une réponse à ma question ?, s’impatiente le magistrat. Les conversations étaient quotidiennes, finit par lui répondre François Léotard. Avant de se lancer dans une nouvelle digression, cette fois sur son long mandat de maire à Fréjus, où il réside.

Le président est interloqué. Mais quel est le rapport ?

L’audience reprend mercredi prochain avec l’interrogatoire d’Édouard Balladur.

 

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-vente-de-fregates-en-arabie-saoudite-un-contrat-en-or_952611.html

La vente de frégates en Arabie Saoudite, un contrat en or 

 

Après Karachi, c’est à cette affaire de vente de frégates à l’Arabie saoudite que s’intéressent les juges. Avec une question clef: en marge de l’accord sulfureux négocié en 1994, des rétrocommissions ont-elles financé la campagne présidentielle d’Edouard Balladur?

 

Nicolas Sarkozy (à gauche) accompagné par Edouard Balladur et François Léotard (à droite) lors de la campagne présidentielle de 1995.

Nicolas Sarkozy (à gauche) accompagné par Edouard Balladur et François Léotard (à droite) lors de la campagne présidentielle de 1995.

Reuters

Par pascal ceaux et jean-marie pontaut
publié le 17/01/2011 à 12:56

 

Cap sur Riyad. Le contrat Sawari II de vente de trois frégates de la France à l’Arabie saoudite en novembre 1994 est désormais au coeur des soupçons de rétrocommissions ayant alimenté la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. Les juges Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, codésignés au terme d’une passe d’armes avec le parquet de Paris, sont désormais libres d’enquêter sur les dessous d’un sulfureux contrat. Ils s’apprêtent à réclamer au ministère des Finances les pièces relatives à cet accord commercial.

Les magistrats s’intéressent aux rétributions des intermédiaires. Ils pourraient également, pour retrouver la trace de ces versements, délivrer plusieurs commissions rogatoires internationales dans divers paradis fiscaux.

Une similitude troublante avec le contrat du Pakistan

L’enquête sur Sawari II semble prendre le pas sur le contrat des sous-marins Agosta avec le Pakistan et ses liens éventuels avec l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi. 15 personnes, dont 11 employés français de la Direction des constructions navales (DCN), avaient été tuées dans l’explosion d’une voiture piégée. Or le contrat saoudien présente une similitude troublante avec celui du Pakistan: il fait apparaître les mêmes personnages parmi les intermédiaires, chevilles ouvrières des négociations.

Il retient l’attention des juges en raison du montant des sommes en jeu, quatre fois plus importantes. Pour toutes ces raisons, Sawari II suscite aussi l’intérêt des familles des victimes de l’attentat de Karachi. Convaincu du lien entre les deux affaires, leur avocat, Me Olivier Morice, a déposé le 23 décembre une plainte auprès des juges Le Loire et Van Ruymbeke. Me Thibault de Montbrial, défenseur des blessés dans l’explosion, devrait lui emboîter le pas.

Que sait-on aujourd’hui du contrat saoudien, de sa destinée hors norme et de ses contours romanesques? Négocié à l’arraché pendant la cohabitation (1993-1995) par les balladuriens, il a été en partie remis en question, quand Jacques Chirac, élu président, a décidé d’interrompre le paiement des sommes promises aux intermédiaires. Un cas unique dans l’histoire des contrats d’armement signés par la France.

L’année 1993 marque un tournant décisif. Les négociations entre Paris et Riyad remontent déjà à plusieurs mois, sans aboutir. Elles portent sur un ensemble d’équipements militaires, mais surtout sur la vente de trois frégates La Fayette, le dernier cri en la matière. Les réseaux traditionnels de discussions échouent à conclure favorablement. Les Saoudiens exigent en effet des délais de paiement étirés.

De nouveaux réseaux d’intermédiaires mis en place

Les élections législatives de 1993 se traduisent par une victoire nette de la droite. Elles conduisent Edouard Balladur à la tête du gouvernement et François Léotard au ministère de la Défense. Celui-ci modifie la stratégie adoptée jusque-là pour convaincre les Saoudiens d’acheter français. Il nomme Jacques Douffiagues, l’un de ses proches, à la tête de la Société française d’exportation de systèmes avancés (Sofresa). L’arrivant présente l’avantage d’avoir une surface politique, lui qui fut ministre et maire d’Orléans (Loiret). De nouveaux réseaux d’intermédiaires sont mis en place, en catastrophe. Apparaissent alors trois personnages clefs, Ziad Takieddine, Abdul Rhaman el-Assir et le cheikh Ali bin Mussalam.

Ce dernier va jouer un rôle déterminant. C’est un homme d’affaires doublé d’un courtisan à l’entregent efficace. Bien que d’origine yéménite et de confession chiite, il est un familier de la cour saoudienne et du roi Fahd, qui en a fait son conseiller privé. Bin Mussalam dispose d’un accès direct à la personne royale et au ministre de la Défense, le prince Sultan bin Abdulaziz. A Paris, lui appartient le luxueux hôtel Prince-de-Galles, près des Champs-Elysées, et, à Londres, le Sheraton de l’aéroport de Heathrow. Ses relations avec les Américains sont plus étroites encore. Dans les années 1980, il aurait financé pour le compte de la CIA, des groupes d’islamistes combattant l’occupation soviétique en Afghanistan.

Pour mener à bien la négociation Sawari II, Bin Mussalam collabore avec un Libanais, Ziad Takieddine. Ce quadragénaire, fils de diplomate, est versé dans les affaires. Ancien dirigeant au Moyen-Orient de l’agence de publicité américaine Young & Rubicam, il reprend au début des années 1980 la station de sports d’hiver Isola 2000. C’est à cette époque qu’il fait connaissance du Tout-Paris politique et de François Léotard.

En 1993, Takieddine entre donc en scène par le biais de contrats de consultant passés avec la Sofresa. Il met en place les réseaux financiers liés à Sawari II. A-t-il aussi été au coeur du système des rétrocommissions, comme il en est aujourd’hui soupçonné? Ou n’a-t-il rien à se reprocher, comme il l’assure avec force?

Charles Pasqua privé de voyage

En cette année 1993, François Léotard suit de près le dossier. Il s’y investit personnellement. Dès l’été, il effectue une visite officielle en Arabie saoudite. Les 18 novembre 1993 et 1er janvier 1994, Ali bin Mussalam est reçu par le Premier ministre Balladur, après avoir rencontré Nicolas Bazire, directeur du cabinet du chef du gouvernement, et François Léotard. Fort de ce dispositif, le ministre de la Défense croit l’affaire conclue. Un déplacement de Balladur est même programmé pour janvier 1994. Dans un entretien au quotidien économique La Tribune du 17 novembre 1993, Léotard déclare: « J’ai la certitude que nous obtiendrons notification du contrat Sawari II pour de nouvelles frégates, une signature lors de cette visite du Premier ministre n’est pas à exclure. »

Le ministère des Affaires étrangères ne partage pas cet enthousiasme. L’ambassadeur de France à Riyad, Jean Bressot, émet des doutes sur la fiabilité des intermédiaires. Ce gaulliste arabisant, ayant multiplié les postes dans la région, se fend d’un télégramme au Quai d’Orsay. Il y formule des réserves à l’encontre d’Ali bin Mussalam. Pour lui, l’homme n’est plus en cour. Chiite, il souffre d’un handicap majeur au royaume de l’islam sunnite.

Pourtant, c’est une délégation fournie qui débarque le 8 janvier 1994 dans la capitale saoudienne. Le ministre de l’Industrie, Gérard Longuet, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, et François Léotard accompagnent le Premier ministre, Edouard Balladur. En dépit des efforts, rien n’est signé. Les Français repartent tête basse. L’humiliation a épargné Charles Pasqua: le ministre de l’Intérieur n’était pas du voyage. Mais il n’est pas écarté des discussions. A la même date, il rencontre son homologue saoudien dans le sud du Maroc, afin d’évoquer un autre contrat portant sur la sécurisation des frontières terrestres du royaume wahhabite. Invité à discuter sous une tente, Pasqua en profite pour vanter à ses interlocuteurs, chefs de tribu, la qualité des chèvres corses!

Une affaire conclue dans un décor des Mille et Une Nuits

L’échec du voyage à Riyad ne fait qu’accélérer les négociations en coulisse. Le contexte pousse à l’urgence. L’élection présidentielle de 1995 approche. D’où l’interrogation d’aujourd’hui: et si le contrat Sawari II avait fourni l’occasion de récupérer des fonds pour la campagne du candidat Balladur?

Léotard multiplie les rendez-vous avec Bin Mussalam. Il le rencontre à sept reprises jusqu’à la signature du contrat, au Maroc, le 19 novembre 1994. Dans un décor de palais des Mille et Une Nuits, l’affaire est conclue, à l’issue d’un protocole solennel. Sans que l’on sache les raisons du revirement saoudien. Les Balladuriens ont-ils convaincu les Saoudiens que leur champion allait entrer à l’Elysée?

« Le contrat Sawari II était une grande victoire pour l’économie française », affirme Renaud Donnedieu de Vabres, alors conseiller politique de Léotard. Interrogé par L’Express, il se dit aujourd’hui « ulcéré » d’être mis en cause, alors qu’il tenait un rôle purement politique dans les discussions. « Ce n’est pas moi qui ai signé les contrats, précise-t-il. Et tout se décidait au niveau interministériel. Mais, moi, j’ai l’honnêteté de dire que j’ai rencontré ces gens sans me cacher au ministère de la Défense. »

Il n’empêche que les conditions de ce happy end interpellent. Car le montant des commissions réclamé par les intermédiaires dépasse largement la norme. On évoque pas moins de 18 % du contrat, quand les taux habituels dépassent rarement 10 %. Autre particularité: les Français exercent une forte pression sur les Saoudiens, afin d’en obtenir un premier versement, sur lequel sera prélevée une partie de la rémunération des intermédiaires. Une troisième bizarrerie retient l’attention: après la signature de novembre 1994, des rencontres se poursuivent jusqu’à la veille de l’élection présidentielle.

A Riyad, on critique la gourmandise des intermédiaires

Le 7 mai 1995, les Français choisissent Jacques Chirac. Au ministère de la Défense, Léotard fait ses cartons. Passation de pouvoir oblige, il converse un moment avec son successeur, Charles Millon. Celui-ci s’étonne de sa fébrilité et remarque que « Léo » ne lui parle que du contrat saoudien. Quinze jours plus tard, le président Chirac charge son ministre d’enquêter sur les soupçons de rétrocommissions illégales qui auraient alimenté les caisses de Balladur.

Charles Millon se rend à Riyad en octobre 1995 pour s’entendre reprocher de la bouche de son homologue saoudien la gourmandise des intermédiaires du contrat. Le dignitaire aurait ajouté ironiquement que, si lui, dans un système féodal, avait à payer ses tribus, il ne comprenait pas ce que les gens en France faisaient de tout cet argent.

Au cabinet Millon, un jeune conseiller, Marwan Lahoud, est chargé des investigations et identifie une série d’anomalies. Très vite, sa conviction est faite, comme il l’a expliqué le 13 décembre au juge Van Ruymbeke. « Vers l’été 1996, j’ai compris le caractère inhabituel de ce réseau supplémentaire. Il vient de ce qu’il est rajouté à la dernière minute, qu’il n’est pas validé et que les profils de paiement ne sont pas conformes au profil de paiement du client. » En clair, les Saoudiens ne procèdent pas de cette manière dans les autres contrats.

En juillet 1996, après une visite officielle en Arabie saoudite, Jacques Chirac ordonne de cesser les paiements aux intermédiaires. Selon une lettre révélée par l’hebdomadaire Le Point, ceux-ci ont déjà encaissé près de 53 millions d’euros sur l’ensemble des contrats passés avec Riyad. Quelle a été la destination réelle de ces sommes d’argent? Ont-elles un rapport avec l’achat du siège du Parti républicain via le Fondo?

L’un des bénéficiaires n’est plus là pour en répondre aux juges. Ali bin Mussalam est décédé à Genève en juin 2004 des suites d’une maladie respiratoire. Le cheikh était alors en disgrâce à la cour de Riyad. Il était aussi visé par une enquête américaine sur une banque suisse de Lugano suspectée de financer le terrorisme islamiste. Mais les deux autres intermédiaires sont susceptibles de répondre aux juges, dont l’objectif est dorénavant d’identifier des bénéficiaires français d’éventuelles rétrocommissions. Ce qui constituerait une véritable affaire d’Etat.

 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/06/26/karachi-m-takieddine-reconnait-avoir-finance-la-campagne-de-m-balladur_3436674_3224.html

Karachi : M. Takieddine reconnaît avoir financé la campagne de M. Balladur 

L’homme d’affaires au cœur du volet financier de l’affaire Karachi a reconnu avoir remis 6 millions de francs (1 220 000 euros) à Thierry Gaubert, lors de trois voyages à Genève fin 1994.

Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

Publié le 26 juin 2013 à 09h38 – Mis à jour le 26 juin 2013 à 12h54Temps de Lecture 5 min.

 

L'homme d'affaires, soumis en France à un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le pays, aurait tenté de se procurer un passeport diplomatique de République dominicaine.
L’homme d’affaires, soumis en France à un strict contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le pays, aurait tenté de se procurer un passeport diplomatique de République dominicaine. AFP/JACQUES DEMARTHON

 

Ainsi donc, après des années de dénégations et de déclarations incohérentes, Ziad Takieddine a craqué. L’homme d’affaires au cœur du volet financier de l’affaire de Karachi a livré, jeudi 20 juin, les aveux que les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire n’espéraient plus.

L’intermédiaire d’origine libanaise a enfin admis ce que les investigations judiciaires – et journalistiques – avaient rendu évident, à savoir qu’il avait bien œuvré au financement occulte de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, via des rétrocommissions issues des juteux contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, dans lesquels le gouvernement du même Balladur lui avait concédé le rôle d’intermédiaire.

Placé en détention provisoire depuis le 31 mai pour avoir tenté de se procurer un « vrai-faux » passeport dominicain, sans doute destiné à lui permettre de s’enfuir, M. Takieddine, lâché par ses anciens amis balladuriens et sarkozystes, ne supporte pas son incarcération, ce qui explique sans doute son changement d’attitude.

Lire : « La détention de Ziad Takieddine est une ‘farce’ selon son avocat »

DES VALISES D’ESPÈCES

Alors, dans le cabinet de M. Van Ruymbeke, M. Takieddine a raconté dans quelles circonstances il avait rencontré, fin 1993, Thierry Gaubert, ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly puis au ministère du budget (entre 1994 et 1995), qui lui avait été présenté par Nicolas Bazire, à la fois directeur du cabinet du premier ministre Edouard Balladur et directeur de sa campagne présidentielle.

Selon M. Takieddine, M. Bazire l’aurait appelé en décembre 1993 pour l’informer qu’il allait être contacté par M. Gaubert, qu’il avait mandaté. Il s’agissait de préparer la visite de M. Balladur en Arabie saoudite, avec l’espoir de décrocher un contrat de vente de frégates, dit Sawari II, susceptibles de rapporter beaucoup d’argent à l’Etat français.

M. Gaubert présente à M. Takieddine son épouse, la princesse Hélène de Yougoslavie, son ami Philippe Smadja (qui sera mis en cause, comme M. Gaubert, dans l’affaire du « 1 % logement »), un proche de M. Sarkozy, Dominique Desseigne, l’associé de M. Gaubert en Colombie, Jean-Philippe Couzi ou encore Pierre-Mathieu Duhamel, futur directeur général des douanes françaises. C’est à cette date que l’épouse de l’intermédiaire, Nicola Johnson, sympathise avec Mme Gaubert. Les deux femmes, depuis, ont rompu avec leurs maris et les ont dénoncés aux juges.

Las, le voyage de M. Balladur à Riyad en janvier 1994 se révèle être un échec. Mandaté par les autorités françaises pour débloquer la situation, avec son associé Abdul Rahman El-Assir, M. Takieddine dit ne plus avoir eu de nouvelles de M. Bazire jusqu’à la signature du contrat Sawari II, le 24 novembre 1994. C’est juste après cette date que M. Bazire l’aurait recontacté pour lui dire que M. Gaubert avait un message à lui faire porter. Ce message est simple : Gaubert réclame 1,5 million de francs, afin de financer la campagne de M. Balladur. M. Takieddine accepte à condition qu’il les lui remette en cash à Genève, où M. Gaubert détenait lui-même des avoirs.

A Genève, les deux hommes retrouvent M. El-Assir qui avait préparé l’argent, en coupures de 500 francs, glissées dans une mallette remise à M. Gaubert. Selon M. Takieddine, cette remise de fonds s’apparentait à un « retour d’ascenseur » logique, le contrat Sawari II lui ayant rapporté une fortune. Dix jours plus tard, M. Gaubert vient trouver M. Takieddine pour lui demander « la même somme ». Après s’être assuré que M. Bazire était informé de cette nouvelle demande, M. Takieddine procède de la même manière : il prend rendez-vous à Genève avec MM. El-Assir et Gaubert, le second repartant avec une valise d’espèces d’1,5 million de francs.

D’après l’homme d’affaires, il y aura une troisième visite de M. Gaubert, qui va réclamer cette fois 3 millions de francs. « On doit boucler les comptes, il nous manque 3 millions et quelque », lui aurait dit M. Gaubert. Jugeant la demande excessive, M. Takieddine se rend dans le bureau de M. Bazire pour avoir confirmation. « M. Bazire m’a dit qu’effectivement, ce que m’a demandé Gaubert est vrai car ils avaient besoin de cet argent, mais que c’était la dernière fois. » Une nouvelle fois donc, via M. El-Assir, M. Takieddine va remettre une valise d’espèces à M. Gaubert.

DES SONDAGES PAYÉS PAR LES VENTES D’ARMES

Les révélations de M. Takieddine confortent les découvertes des juges sur les déplacements à Genève de MM. Gaubert et Takieddine, les retraits d’espèces suspects détectés à cette période, ou encore le témoignage de Hélène Gaubert, qui déclarait au Monde, le 26 septembre 2011, à propos de son mari : « Il m’a dit un jour qu’il allait chercher ces espèces en Suisse pour les remettre à Nicolas Bazire. »

M. Takieddine a également mis en cause François Léotard, ministre de la défense entre 1993 et 1995 et son conseiller Renaud Donnedieu de Vabres. Les deux hommes avaient imposé le duo Takieddine-El-Assir dans les contrats d’armement. « M. Donnedieu de Vabres représentait M. Léotard », a déclaré M. Takieddine qui a révélé qu’après l’élection de 1995, M. Donnedieu de Vabres lui avait demandé de l’aider à payer le loyer de son appartement parisien : « Je lui ai payé en cash allant jusqu’à des sommes entre 15 000 et 20 000 francs à chaque fois », a-t-il dit. L’intermédiaire assure avoir également « financé » une partie de l’installation de M. Donnedieu de Vabres à Tours, ainsi que sa campagne législative, en 1997. Au total, il estime lui avoir remis « un maximum de 250 000 francs » en liquide.

M. Takieddine a par ailleurs confirmé que le politologue américain Paul Manafort avait effectué des sondages au profit du camp Balladur, via M. El-Assir, donc payés par les ventes d’armes. « M. Manafort, a-t-il ajouté, ne m’a pas précisé [que cette étude] avait été payée par M. El-Assir mais je l’ai supposé », révélant à ce sujet l’existence de « contacts directs » entre MM. Bazire et El-Assir. Interrogé par Le Monde, Me François Esclatine, avocat de M. Gaubert, a déclaré : « Mon client conteste et s’expliquera devant le juge ». Me Frédéric Landon, l’avocat de M. Bazire, de son côté, a assuré que son client « conteste formellement ces allégations ».

Quant au défenseur de M. Takieddine, Me Francis Vuillemin, tout en dénonçant une « détention-pression », il reconnaît que ce que son client a dit est « énorme ». M. Takieddine sera prochainement confronté à MM. Gaubert et Bazire.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Collection_Blanche_(Gallimard)

Collection Blanche (Gallimard)

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Pour les articles homonymes, voir Collection Blanche.
170px-Camus23 dans Calomnie
L’Étranger d’Albert Camus, paru en 1942 dans la collection.

La « Collection Blanche » est la grande collection de littérature française des éditions Gallimard.

Elle apparaît en 1911, et se nourrit à ses débuts des publications issues de La Nouvelle Revue française, la marque « Librairie Gallimard » n’apparaissant, elle, qu’après juillet 19191. Depuis sa création, « la Blanche », qui tire son nom de la couleur crème de sa couverture, a édité 6 500 titres, dont 3 800 sont encore disponibles aujourd’hui.

Outre le logo « NRF » initialement dessiné par Jean Schlumberger, la charte graphique de cette collection — un liseré noir entourant deux liserés rouges — s’inspire des Éditions de La Phalange, avec son premier titre, L’Otage de Paul Claudel, publié le 26 mai 19111. Le premier imprimeur de cette collection fut un temps Verbeke, directeur de « The St. Catherine Press Ltd », installé à Bruges1. Les formats génériques évoluèrent très peu au cours des années, ce qui est un cas unique dans l’histoire de l’édition contemporaine française, bien que la couleur crème passât au jaune clair pelliculé brillant dans les années 1980.

Championne des prix littéraires2, elle a été récompensée de 1911 à 2011 par 32 prix Goncourt, 29 prix Femina, 15 prix Renaudot, 10 prix Médicis, 14 prix Interallié, 27 Grand prix du roman de l’Académie française et 4 prix du Livre Inter3.

Références

  1. Collection Blanche [archive], éditions Gallimard
 [masquer]

v · m
Collections et revues de la maison d’édition Gallimard
Poche
Littérature et policier
Sciences humaines
Audio et bande dessinée
Anciennes collections
Périodiques
Éditions Denoël

 

A mes lecteurs les plus assidus

Vous pouvez retourner photographier sous toutes ses coutures l’article suivant, je viens de l’allonger un peu :

http://petitcoucou.unblog.fr/2021/01/20/affaire-karachi-debut-du-proces-de-balladur-et-leotard-joel-roma-toujours-pas-entendu/

A vos flashs, prêts, partez !

Corruption : la polygamie devient suspecte chez les talibans afghans

C’est amusant, je racontais justement il y a peu de temps qu’à l’époque où je m’impliquais dans les activités d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage, la précarité et les exclusions), un mouvement né en France en 1993 et sitôt récupéré par la LCR, j’avais rencontré plus d’un de ses militants tout près de se convertir à l’Islam uniquement pour la polygamie…

Je ne suis pas sûre que les talibans me lisent très régulièrement, quoique j’aie bien quelques visites en provenance de leurs montagnes de temps en temps.

En revanche, leurs potes du NPA (ou de la LCR, dont il se disait déjà depuis longtemps en 2004-2005 qu’elle était en bonne partie financée par l’Arabie saoudite) ou du blog des « déconnologues » (dont le taulier Pascal Edouard Cyprien Luraghi a longtemps vécu de trafic de drogue entre l’Afghanistan et la France et avait rejoint le mouvement AC ! dès ses débuts en 1994) me lisent toujours quotidiennement.

 

P.S. : Ah voilà, c’est ici que j’ai récemment évoqué les conversions à l’Islam pour la polygamie, mais sans donner trop de précisions :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/12/17/retour-sur-lannee-2020-de-pierre-jean-chalencon/

 

 

https://news-24.fr/les-talibans-interdisent-aux-dirigeants-davoir-plus-dune-epouse-parce-que-cela-coute-trop-cher-et-attire-les-critiques-des-ennemis/

Les talibans interdisent aux dirigeants d’avoir plus d’une épouse parce que cela coûte trop cher et attire les «  critiques des ennemis  »

Les talibans interdisent aux dirigeants d'avoir plus d'une épouse parce que cela coûte trop cher et attire les `` critiques des ennemis ''

LE chef des talibans a interdit aux dirigeants d’avoir plusieurs épouses parce que c’est « trop ​​cher et attire les critiques des ennemis ».

Des sources taliban ont révélé qu’ils avaient du mal à couvrir la «dot» après que les dirigeants aient eu jusqu’à quatre épouses à la fois.

En Afghanistan, au Pakistan et dans d’autres pays musulmans, la polygamie est toujours légale et les hommes peuvent avoir plusieurs épouses, mais doivent souvent payer de l’argent à la famille de la femme pour garantir sa main dans le mariage.

La nouvelle règle intervient alors que le groupe militant continue à avoir des discussions avec le gouvernement sur l’avenir de l’Afghanistan.

Des sources ont dit au BBC que les dirigeants talibans avaient fait part de leurs préoccupations au sujet d’allégations de corruption contre des membres qui tentaient de lever des fonds pour subvenir aux besoins de grands ménages.

La plupart des dirigeants sont mariés à plus d’une femme et le nouveau décret ne s’applique pas à celles qui ont déjà des mariages multiples.

Le décret de deux pages, publié par le chef taliban afghan, le mollah Hibatullah, n’interdit pas les deuxième, troisième ou quatrième mariages, mais prévient que de grandes sommes d’argent dépensées pour les mariages pourraient attirer les critiques.

« Si tous les dirigeants et commandants évitent la polygamie, ils n’auront pas besoin de s’impliquer dans des pratiques corrompues et illégales », indique le décret.

INTERDICTION DE MARIAGE

Dans une autre tournure déroutante, les nouvelles règles stipulent que les hommes non mariés peuvent avoir autant de mariages qu’ils le souhaitent.

La même règle s’applique aux hommes qui n’ont pas d’enfants, pas d’enfant de sexe masculin d’un précédent mariage, des hommes qui épousent des veuves ou s’ils ont assez d’argent pour subvenir aux besoins de plusieurs épouses.

Si les hommes qui ont déjà quatre épouses ou moins souhaitent continuer à se marier, ils doivent demander l’autorisation d’un supérieur direct.

Cela survient un mois après que quinze enfants et vingt autres ont été tués dans une explosion en Afghanistan.

L’incident s’est produit alors que les gens se rassemblaient pour un événement religieux dans la province orientale de Ghazni le 18 décembre.

Les rapports suggèrent que les explosifs avaient été dissimulés dans un véhicule, soit un pousse-pousse ou le side-car d’une moto, garé devant une maison.

S’adressant à la BBC, le chef du conseil provincial a déclaré que la cible de l’attaque était une unité de sécurité locale.

Il a ajouté qu’elle avait été menée par les « ennemis de l’Afghanistan ».

 

 

https://www.ouest-france.fr/monde/afghanistan/afghanistan-le-chef-des-talibans-tape-sur-la-polygamie-7122879

Afghanistan. Le chef des talibans tape sur la polygamie

 

Selon lui, elle coûte trop cher et nuit à l’image des dirigeants du mouvement islamiste afghan. Du pur opportunisme politique.

Hibatullah Akhundzada, le chef suprême des talibans afghans.
Hibatullah Akhundzada, le chef suprême des talibans afghans. | DR

 

Ouest-France Patrick ANGEVIN. Publié le 19/01/2021 à 07h15

La fatwa que vient de publier le mollah Hibatullah Akhundzada a de quoi surprendre. Sur deux pages, le chef suprême des talibans afghans rappelle que si le Coran autorise la polygamie, dans la limite de quatre épouses, il ne permet pas n’importe quoi, comme dépenser des sommes extravagantes dans les dots aux familles des épousées ou dans des cérémonies de mariage XXL.

Le mollah Hibatullah vise clairement les leaders du mouvement. « Si tous les dirigeants et commandants évitent la polygamie, ils n’auront pas besoin de s’impliquer dans des pratiques corrompues et illégales », indique la fatwa. D’autant plus étonnant (ou hypocrite) que la quasi-totalité d’entre eux ont déjà plusieurs épouses, selon une pratique très répandue dans l’ethnie pachtoune dont ils sont presque tous issus.

Une réponse à la grogne

Très loin d’une évolution sur le statut des femmes, la fatwa est une réponse à la grogne qui monte dans les rangs du mouvement fondamentaliste en guerre contre le pouvoir à Kaboul et qui contrôle une bonne partie du pays. Après vingt ans de conflits, des combattants « de base », qui vivent de pas grand-chose, ont du mal à admettre le train de vie luxueux des chefs et de leurs pléthoriques familles.

Des commandants talibans auraient payé jusqu’à huit millions d’afghanis (85 000 €) pour une épouse, avec des fonds provenant de la corruption et du racket. Pour le mollah Hibatullah, il est temps de mettre le holà. Après tout, les talibans, qui négocient au Qatar avec le gouvernement de Kaboul, estiment leur retour au pouvoir inévitable avec le retrait annoncé des derniers soldats américains. Et s’ils se moquent de l’avis de l’Occident, ils doivent, comme n’importe quel mouvement politique, écouter leur population.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Taliban

Taliban

Taliban
طالبان
Image illustrative de l’article Taliban

Idéologie Islamisme deobandi1,2
Pachtounwali3
Nationalisme religieux
Objectifs Établissement puis rétablissement de l’Émirat islamique d’Afghanistan et instauration de la charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation Septembre 1994
Pays d’origine Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan Drapeau du Pakistan Pakistan
Actions
Mode opératoire Attentats-suicides, véhicules piégés, attaques armées
Zone d’opération Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Drapeau du Pakistan Pakistan, Régions tribales
Période d’activité 1994-aujourd’hui
1994-1996 (groupe armé)
1996-2001 (au gouvernement)
2001-aujourd’hui (groupe armé)
Organisation
Chefs principaux Mollah Omar (mort en 2013)
Akhtar Mohammad Mansour (mort en 2016)
Haibatullah Akhundzada
Membres 60 0004,5
Groupe relié Tehrik-e-Taliban Pakistan, Al-Qaïda
Répression
Considéré comme terroriste par Russie, Canada, Kazakhstan, Émirats arabes unis, Ligue arabe, Afghanistan
Guerre d’Afghanistan (1992-1996)
Guerre d’Afghanistan (1996-2001)
Guerre d’Afghanistan (2001-2014)
Conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan
Guerre d’Afghanistan (depuis 2015)
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Les talibans6 (طالبان [ṭāliban], « étudiants » ou « chercheurs ») sont un mouvement fondamentaliste islamiste se faisant appeler Émirat islamique d’Afghanistan et qui s’est répandu en Afghanistan et au Pakistan depuis octobre 1994. Le mouvement a mené une guerre contre le gouvernement de l’État islamique d’Afghanistan, notamment à partir de 1994 jusqu’à la prise de Kaboul en 1996 où les talibans instaurent le régime de l’Émirat islamique d’Afghanistan, avec à sa tête Mohammad Omar.

L’organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes de la Russie7, du Canada8, du Kazakhstan9 et des Émirats arabes unis10.

Les talibans ne peuvent toutefois pas être considérés comme appartenant à une même organisation. Il existe en effet de nombreuses mouvances, plus ou moins liées, et celles-ci ne mènent pas toujours le même combat. On distingue parfois les talibans « afghans » se battant contre les forces internationales et nationales dans la guerre d’Afghanistan, et les talibans « pakistanais », opposés aux autorités pakistanaises dans le conflit armé du Nord-Ouest du Pakistan11.

Étymologie

Taleb désigne en pachto un étudiant en théologie dans une madrasa (université théologique musulmane). Le mot vient de l’arabe, avec le même sens. On parle aussi de « talibé » dans certains pays d’Afrique de l’Ouest : Mali, Guinée, Niger, Bénin, Togo et Ghana au sud, de la Côte d’Ivoire au sud-ouest, et au Sénégal12.

Par ailleurs, le sens du terme a été étendu pour définir toute forme d’extrémisme ou d’intégrisme.

Origine

Durant la guerre contre les Soviétiques, des millions de jeunes Afghans sont éduqués dans les madrasas de la zone tribale pakistanaise, implantées par le parti religieux Jamiat Ulema-e-Islam (JUI)13. Ils y sont fortement influencés par une école de pensée, l’école deobandi, qui prône le retour à « un islam juste et respectant les principes islamiques ». En particulier, « l’une des madrasas ouverte par une faction dissidente du JUI, la madrasa Dar ul-Ulum Haqqania, forme une grande partie de la future direction talibane (le mollah Omar n’a cependant jamais étudié au Pakistan). […] À côté d’un islam deobandi extrême, l’idéologie talibane intègre un autre fondamentalisme, le wahhabisme issu d’Arabie saoudite, mais aussi des éléments purement pashtouns comme le Pashtunwali », le code tribal des Pachtounes14.

Les chefs de guerre se déchirent pendant et après l’occupation de l’Afghanistan par l’URSS. Les talibans, eux, sont des « néo-fondamentalistes ». Ils veulent d’abord réislamiser les mœurs, la justice, les êtres humains. La forme de l’État n’a pas d’importance pour eux à la condition de respecter la loi divine. Et seuls ceux qui l’ont étudiée, c’est-à-dire les talibans, sont à même de l’expliquer et d’en assurer le respect.

C’est pour cela qu’ils déclarent dans leurs premières années qu’ils ne veulent pas le pouvoir politique. C’est aussi pour cela qu’ils attachent tant d’importance à tout ce qui touche à la vie quotidienne, publique ou privée.

Durant les premières années de leur prise de pouvoir, les talibans jouissent d’un réel soutien populaire, surtout, mais pas uniquement, de la part des populations pachtounes du Sud et de l’Est. Les Afghans sont fatigués de leur guerre avec l’URSS et des exactions des chefs de guerre qui ensanglantent le pays, et beaucoup accueillent volontiers ces religieux qui amènent l’ordre et la sécurité. Les contraintes morales ne changent, en fait, pas grand-chose dans les campagnes où les femmes portent déjà la burqa, et où, dans leur très grande majorité, elles ne travaillent ni ne vont à l’école.

De 1994 à fin 1997, les talibans profitent aussi d’un soutien moral, sinon financier et militaire, de la part des services secrets pakistanais, dans une relative indifférence internationale. La présence sur le territoire afghan, à partir de 1996, d’Oussama ben Laden, qui a déclaré haut et fort qu’il allait, entre autres, s’attaquer aux États-Unis par tous les moyens, change la donne. Ben Laden avait déjà eu l’occasion de rencontrer le ministre taliban aux frontières, Djalâlouddine Haqqani, en 1986, lors du programme afghan de la CIA15.

Une situation complexe

Il existe en Afghanistan principalement quatre peuples : les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazaras (d’origine mongole, mais parlant un dialecte persan et à majorité chiite), et les Pachtounes. Les Ouzbeks sont présents au nord ainsi qu’en Ouzbékistan, les Tadjiks parlent une langue iranienne et sont en majorité sunnite, vivant dans l’Ouest, le Nord-Est et au Tadjikistan. Les talibans sont issus majoritairement des Pachtounes, estimés à 15 millions d’habitants. Le « noyau dur » du mouvement vient des tribus pachtounes du Sud, qui ont fourni une grande partie des réfugiés au Pakistan. Selon leurs vicissitudes, les talibans obtiendront, puis perdront le soutien de la plupart des chefs tribaux pachtouns.

En 1980, les Soviétiques envahissent l’Afghanistan dans le but, selon certains, de rallier ce pays au bloc soviétique, pour d’autres, de répondre, à ses frontières, au soutien actif des États-Unis d’Amérique aux moudjahidines luttant contre le régime communiste de Kaboul. L’ancien conseiller à la sécurité nationale américain du président Carter, Zbigniew Brzezinski, confirmera par la suite16 que les États-Unis ont aidé les opposants quelques mois avant l’invasion soviétique.

La guerre civile au temps des talibans

Corruption : la polygamie devient suspecte chez les talibans afghans dans AC ! Brest 220px-Afghanistan_en_1996
Territoires contrôlé par les parties en conflit en 1996.

La naissance du mouvement

À l’origine, les talibans sont les élèves des écoles religieuses deobandi créées dans les camps de réfugiés au Pakistan. Lors du retrait soviétique, ils étendent leur activité sur le territoire afghan. Ils fournissent quelques volontaires aux moudjahidines, mais ne jouent encore qu’un rôle effacé. Selon la tradition du mouvement, c’est en 1994 que le mollah Omar et ses élèves prennent les armes pour protéger la population locale, à la suite de deux agressions : le viol et le meurtre de deux jeunes filles par un chef de bande, puis la mort d’un jeune homme disputé entre deux chefs de bande. Ils reçoivent le soutien de l’ISI pakistanaise et de la puissante corporation des camionneurs, qui font appel à eux pour mettre fin au banditisme sur la route qui relie le Pakistan à l’Asie centrale17.

La montée des talibans

Les talibans deviennent une force conséquente en octobre 1994. Ils s’emparent de Kandahar et saisissent un important stock d’armes appartenant au chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Ils prennent, en quelques mois, le contrôle de la moitié sud du pays. En février 1995, ils sont à Maydan Shahr à une vingtaine de kilomètres au sud de Kaboul, et à une centaine de kilomètres d’Hérat dans l’Ouest. Les talibans ayant défait le Hezb-i-Islami dans le Lôgar et tué Mazari, le chef hazara du Hezb-i-wahdat, Ahmad Shah Massoud, chef tadjik du Jamiat-Islami, en profite pour prendre le contrôle total de Kaboul. La capitale est détruite à 40 %18 par les combats de la guerre civile.

Hérat est prise en septembre 1995, Kaboul le 27 septembre 1996 et les talibans en profitent pour tuer l’ancien président communiste Mohammed Nadjibullah qui avait trouvé refuge dans une maison de l’ONU depuis sa destitution. Le mollah Omar, chef des talibans, devient de facto le nouveau chef d’État sous le titre de commandeur des croyants. Le régime politique mis en place par les talibans prend le nom d’Émirat islamique d’Afghanistan.

220px-RAWA_protest_rally_against_Taliban_in_Peshawar_April28-1998 dans Attentats
Manifestations anti-talibanes à Peshawar au Pakistan en 1998.

Mazar-i-Sharif est prise une première fois en 1997 mais cela s’avère être un piège dans lequel environ 3 000 talibans seront froidement massacrés, et lorsque les talibans reprennent Mazar en 1998, ils se vengent en massacrant, à leur tour, plusieurs milliers de Hazaras, hommes, femmes et enfants19. Ils exécutent également 10 diplomates et journalistes iraniens accusés d’espionnage, et l’Iran est sur le point d’entrer en guerre contre les talibans. L’Hazaradjat est alors presque encerclé et tombe après la chute de Bâmiyân en septembre 1998.

L’Alliance du Nord, rassemblement de frères ennemis mais unis contre les talibans, se désagrège alors. La plupart de ses chefs se réfugient à l’étranger et Ahmad Shah Massoud reste le seul dirigeant de l’alliance à résister depuis son fief montagneux du Pandjchir, d’où il garde le contrôle du Nord-Est de l’Afghanistan. Ailleurs dans le pays, seules quelques poches de résistance en Hazaradjat, sous le commandement de Khalili, continuent de harceler les talibans, provoquant vengeances, massacres de civils et une totale destruction de la ville de Bâmiyân et de ses alentours.

Les talibans défient les États-Unis et l’ONU

220px-Taliban-herat-2001_ArM dans Calomnie
Talibans à Herat en juillet 2001.

Au niveau international, le gouvernement taliban n’a été reconnu que par trois États : Pakistan, Arabie saoudite et Émirats arabes unis. Au contraire, la Russie, l’Inde, l’Iran et les républiques d’Asie centrale s’en méfient et soutiennent leurs adversaires.

Cependant, la Russie a des contacts diplomatiques avec les talibans. Zamir Kabulov, l’envoyé diplomatique russe en Afghanistan, affirme ainsi que le groupe taliban est une réelle force politique armée. Il assure aussi que la Russie fait pression sur les talibans pour les forcer à signer un cessez-le-feu national et mettre fin à la guerre20,21.

Le 20 août 1998, les États-Unis lancent des douzaines de missiles de croisière sur des camps d’entraînement présumés d’Oussama ben Laden, en représailles aux attentats contre leurs ambassades de Nairobi et Dar es Salam.

En 1999, suite aux exactions des talibans et leur connivence avec Al-Qaïda, le Conseil de sécurité des Nations unies met en place des sanctions et crée le Comité des sanctions contre Al-Qaida et les talibans le 15 octobre 1999.

Les talibans font dynamiter les deux bouddhas sculptés de Bamiyan en mars 2001, classés dans le patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le 9 septembre 2001 à Khwadja Bahuddin, Ahmad Shah Massoud est tué lors d’un attentat-suicide commis par Abdessatar Dahmane et Bouari El-Ouaer, deux islamistes d’origine tunisienne se faisant passer pour des journalistes munis de faux passeports belges.

Après les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center à New York dont la planification est attribuée à Oussama ben Laden, les États-Unis adressent un ultimatum aux talibans : ils réclament la livraison de tous les dirigeants d’Al-Qaida, la fermeture des camps terroristes et l’acceptation de missions d’inspection américaines[réf. nécessaire]. Les talibans proposent alors que Ben Laden soit jugé selon la loi islamique si les États-Unis apportent des preuves de sa culpabilité[réf. nécessaire], offre jugée « insuffisante » par les Américains[réf. nécessaire].

Le gouvernement des États-Unis forme une coalition mandatée par l’ONU. Des bombardements aériens intensifs, une offensive de l’Alliance du Nord encadrée par les Forces spéciales et les unités opérationnelles de la CIA, le ralliement à l’Alliance du Nord d’une grande partie des unités tribales pachtounes, entraînent la chute du régime. Le pouvoir taliban s’écroule en quelques jours début novembre 2001. Le mollah Omar, encerclé dans Kandahar, parvient à échapper aux recherches.

Après quelques mois de transition, une Loyah Jirgah investit Hamid Karzai.

La vie sous les talibans

250px-Buddha_of_Bamiyan dans Corruption
Statue de Bouddha à Bamyan, avant sa destruction par les talibans.

Le régime imposé par les talibans fut fondé sur un respect strict et littéral de l’islam, particulièrement rigoriste. La culture de l’opium est réduite mais les zones contrôlées par les talibans poursuivent une faible partie de leur production, environ 35 tonnes en 2001 selon le PNUCID (Programme des Nations unies pour le contrôle international des drogues)22 malgré l’interdiction de culture décrétée par le mollah Mohammed Omar en l’an 200023. C’est un faible chiffre si on le rapporte aux 150 tonnes d’opium produits cette même année 2001 dans le Badakhshan, province sous contrôle de l’Alliance du Nord (total de 180 tonnes), aux 3 276 tonnes produites l’année précédente, en 200024, et aux 8 200 tonnes produites en 200725.

L’Afghanistan vivait alors sous la domination de 30 000 à 40 000 talibans, motivés par un retour à la pureté originelle de l’islam. Le « ministère pour la promotion de la vertu et la répression du vice » contrôle tous les aspects de la vie des Afghans.

Certaines régions du Pakistan ont été également soumises aux talibans, notamment la vallée de Swat de 2007 et jusqu’à début 2009.

De fortes restrictions

Le théâtre, le cinéma, la télévision, et les ordinateurs étaient interdits ; la possession d’appareils photographiques et de magnétoscopes devint illégale. Le ministère de l’Information interdisait aux journalistes étrangers de parler aux femmes, de prendre des clichés et de se promener seuls26. Un seul hôtel était ouvert aux reporters occidentaux dans Kaboul. Dans les écoles, la moitié du temps était consacrée à la religion. Les cours de sports et d’art furent éliminés des programmes scolaires[réf. nécessaire]. Les talibans brûlaient les instruments de musique et les cassettes, frappaient et emprisonnaient les musiciens, interdisaient la danse. La boxe, comme beaucoup d’autres sports, était prohibée27. Certains jeux basiques, comme les échecs ou le billard étaient également prohibés28. Chaque jour, la radio des talibans énumérait de nouveaux interdits : peindre en blanc les vitres des maisons pour ne pas voir les femmes à l’intérieur, expéditions punitives pour casser les téléviseurs, magnétoscopes, déchirer les photographies de famille. Les autorités faisaient également vérifier que l’on n’écoutait pas de musique dans les maisons ou au cours des mariages29. Les systèmes médicaux et scolaires furent dédoublés en fonction du sexe, tout en donnant la priorité aux hommes[réf. nécessaire]. Toute représentation humaine était illégale, même pour les poupées des petites filles30. Au nom de l’iconoclasme, les talibans dynamitèrent les statues de bouddhas géants de Bamiyan, vieilles de quinze siècles. Ils détruisirent, dans les collections archéologiques du musée national afghan de Kaboul, tout ce qui portait des représentations humaines ou animales et firent des autodafé des 55 000 livres rares de la plus vieille fondation afghane et détruisirent plusieurs autres bibliothèques publiques et privées31.

La charia devint la base du droit afghan. Notamment, l’amputation et la lapidation furent parmi des peines appliquées sous les talibans. Les relations sexuelles hors mariage étaient prohibées et punies de 100 coups de fouet26. La diffusion d’idées « non-musulmanes » était également prohibée. En 2001, les minorités hindoues devaient porter un signe distinctif32, un morceau d’étoffe jaune33. Les homosexuels étaient condamnés à mort : on faisait s’écraser sur eux un mur, et on utilisait un bulldozer pour achever la peine[réf. à confirmer]30.

Condition des femmes et des hommes

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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2015).
220px-Taliban_beating_woman_in_public_RAWA dans Crime
Taliban châtiant publiquement une femme à Kaboul le 26 août 2001.

Les femmes sont exclues du marché de l’emploi. Elles doivent être entièrement couvertes par le vêtement traditionnel, le tchadri, et ne peuvent quitter leur maison qu’accompagnées de leur mari ou d’un parent proche. Le tchadri est une sorte de tente plissée et opaque, sur laquelle est découpée une grille brodée à la hauteur des yeux. Les musulmans doivent se raser le pubis et les aisselles, par mesure d’hygiène34. Ils doivent également se brosser les dents régulièrement (l’idéal étant cinq fois par jour avant chaque prière obligatoire). Les hommes n’ont pas le droit d’avoir des relations charnelles en dehors du mariage, ce qui les oblige à prendre les responsabilités de leurs actes en assurant un contrat officiel entre les deux partenaires. Le mari est obligé de pourvoir aux besoins de son épouse et de ses enfants ; il est strictement interdit pour lui de les abandonner sans subvenir à leurs besoins tant qu’il en a les capacités. Dans le cas où il est trop pauvre pour nourrir sa famille, il peut demander à bénéficier de la zakah, qui est un prélèvement obligatoire pour tout musulman qui en a les moyens, de 2,5 % du salaire pour le redistribuer ensuite aux plus pauvres de la société. Les hommes sont obligés d’aller à la mosquée le vendredi vers midi pour prier en congrégation, alors que les femmes ont le choix d’y aller si elles le souhaitent. Les femmes et les hommes jugés pour crimes d’adultère sont lapidés s’ils sont pris en flagrant délit par au moins quatre témoins dignes de confiance (qui sont connus pour dire la vérité et ne jamais mentir). Cette sentence qui concerne l’homme comme la femme implique d’être enterré jusqu’au cou et subir ensuite des jets de pierre jusqu’à ce que mort s’ensuive. La lapidation n’est pas mentionnée dans le Coran mais dans les hadiths, ce pourquoi elle est présente dans leur vision de la charia (littéralement « la voie qui mène à la source de l’eau »). La sentence de lapidation ne peut être prononcée sans la présence de quatre témoins oculaires de confiance témoignant avoir vu les deux personnes adultères en pleine action, ou bien lorsque les coupables témoignent contre eux-mêmes par quatre fois et demandent que la sentence soit appliquée (cela permet de se repentir de ce péché ici-bas et de ne pas souffrir des conséquences de cet acte après la mort). Pour les talibans ces mesures sont établies par l’ordre divin et on ne peut y passer outre dans l’islam.

L’enseignement secondaire était interdit aux filles, mais le régime fermait les yeux sur les écoles privées et clandestines35.

Au Pakistan, dans la vallée de Swat, qui a été soumise au TNSM en 2008, les hommes s’opposant à certaines règles étaient décapités, et à Mingora, les corps devaient reposer sur la place principale afin d’être visibles de tous36.

Les talibans après 2001

220px-Taliban_bounty_flyer dans Folie
Prospectus visant à inciter la population à dénoncer les talibans auprès des autorités.

Forces talibanes et alliées

Organisation politique

Les forces talibanes sont théoriquement dirigées par le mollah Omar et un conseil de direction nommé Rahbari Shura mis en place en 2003. Ce conseil était, à l’origine, composé de dix hommes : Akhtar Mohammad Osmani, Akhtar Mohammad Mansour, Djalâlouddine Haqqani, Hâfez Aboul Madjid, Saif-ur Mansour et les mollah Dadullah, Mohammad Rasoul, Beradar et Abdorrazzaq Nafez37. Le mollah Omar y dispose également d’un représentant permanent en la personne de l’ancien ministre de la Défense, Obaidullah Akhound38. Sa position est également renforcée par le fait que les principaux chefs de l’islamisme international le reconnaissent comme chef de leur résistance en Irak et en Afghanistan38. Cependant, dans les faits, le commandement passe par l’envoi d’émissaires, diplomatiques ou militaires, aux différents groupes de guérilla39.

Ce conseil de direction voit sa composition évoluer en fonction des pertes (Akhtar Mohammad Osmani, le mollah Dadullah par exemple) et surtout des nouvelles nominations. En effet, il passe de dix à douze membres, puis à dix-huit et enfin trente-trois40. Cette extension montre les besoins d’équilibre et d’organisation face à l’expansion de la guérilla.

En octobre 2006, un second conseil a été mis en place, toujours par le mollah Omar. Il se nomme Majlis al-Shura et se compose de treize membres, tous déjà présents dans le Rabhari Shura. Les attributions de ce conseil sont cependant encore mal connues40.

La dernière structure de direction mise en place par la guérilla talibane est un gouvernement « de l’ombre » dont les pouvoirs sont aussi peu connus40. Il semblerait que Haji Obeidullah y joue le rôle de ministre de la Défense et que le mollah Abdul Ali y soit ministre des questions religieuses40.

Depuis 2005, les talibans ont aussi multiplié les contacts avec les seigneurs de guerre afghans et ont noué une alliance contre le gouvernement Karzaï avec deux importants groupes, hostiles l’un vis-à-vis de l’autre, mais en lutte contre les Américains et le nouveau gouvernement. Ces groupes sont le Hezb-e-Islami de Hekmatyar et le groupe ultraorthodoxe dirigé par Mohammed Younès Khalid38.

Organisation militaire

À la fin de l’année 2008, les forces de la guérilla sont organisées selon trois grands fronts actifs se recouvrant partiellement et disposant de bases arrières au Pakistan41 :

  • Front nord recouvrant les provinces du Nourestân, de Kounar, de Nangarhâr, de Laghmân et une partie de celle de Kâpîssâ. Les mouvements présents sont le Hezb-e-Islami Gulbuddin, le Hezb-e-Islami Khalis, le Tehrik-e-Taliban Pakistan et Al-Qaïda41.
  • Front central recouvrant également les provinces de Kunar et de Nangharar mais s’étendant aussi aux provinces de Khost, de Paktika et de Paktia. Les mouvements présents sont les forces de Haqqani et Al-Qaïda41.
  • Front sud, le plus étendu, est mené par les talibans et Al-Qaïda. Il recouvre les provinces du Sud (Nimroz, Helmand, Kandahar, Zaboul et d’Ourouzgan), de l’Est (Nouristan, Laghman et Nangharar) et la région de Kaboul (Parwan, Kapissa, Logar, Ghazny et Wardak)41.

De plus, il existe à la même période des fronts plus limités autour des principales villes du Nord du pays :

  • à 50 km au sud d’Hérat41 ;
  • autour de Maymana41 ;
  • autour de Mazar-e-Charif41 ;
  • autour de Baghlan41 ;
  • autour de Faizabad41.

Le commandement militaire des talibans se divise en quatre zones (Kaboul, Sud, Sud-est et Est) sous la direction d’un commandement général42. Les commandements de zone incluent des commandements de province et de district43.

Sur le terrain, les groupes de la guérilla comprennent généralement de cinq à cinquante hommes43. Les commandants de ces unités peuvent recruter des combattants locaux non membres d’un autre groupe44. Cette dernière règle permettant d’éviter les frictions entre groupes et l’émergence de grands groupes semi-autonomes dont le chef pourrait s’ériger en seigneur de guerre44. Les communications sont assurés par des messagers44. Les téléphones satellitaires ont été utilisés en début de conflit mais ont été rapidement abandonnés vu la maitrise américaine en matière d’écoute44. En mai 2008, selon les estimations du gouvernement afghan et de la coalition, environ 20 000 combattants talibans avaient été tués et environ 1 000 faits prisonniers45.

La guérilla des Talibans a conduit à la mort, plus de 3 432 soldats de l’ISAF, 13 700 soldats gouvernementaux afghans46 et 1 143 employés de compagnies militaires privées47.

Évolutions du programme politique des talibans

Depuis leur défaite de 2001, le mouvement taliban a dû reconsidérer une large partie de ses orientations politiques. Ces évolutions sont principalement imposées par les contraintes de la guerre contre la Coalition et le gouvernement central qu’elle soutient. Cependant, des évolutions notables sont à signaler autant l’échelle du pays qu’à celle de la vie quotidienne des habitants.

Les talibans ont notamment revu leur position concernant la culture du pavot dont ils sont devenus défenseurs48. Ils protègent aussi désormais la vie rurale48.

Les autres évolutions les plus spectaculaires affectent la vie quotidienne et les restrictions imposées lorsque les talibans étaient maîtres de Kaboul (1996-2001). Ainsi, lors de la prise de Musa Qala de 2006 à 2007, la guérilla talibane a renoncé au port obligatoire de la barbe, à l’interdiction de la musique et à celle du cinéma48. Le cinéma et la musique, longtemps considérés comme idolâtres, sont désormais très largement utilisés par tout le mouvement, notamment dans ses films de propagande ou d’instruction48.

Chronologie

Dans la capitale, Kaboul, la vie est normalisée et relativement calme. Le reste du pays est aux mains de groupes tribaux ou de seigneurs de la guerre formellement soumis au gouvernement légal, mais parfois très indépendants. Certaines zones rurales du Sud pachtoune, surtout le long de la frontière avec le Pakistan, restent sous la domination des talibans.

Depuis août 2006, les actions violentes des talibans ont redoublé au sud du pays (ville de Kandahar et sa région), entraînant, en réponse, de vastes opérations de l’Armée nationale afghane et des contingents de l’OTAN pour les contrer.

Financement

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Les talibans pakistanais

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Slogan du TNSM en 2007.

Les zones tribales pachtounes du Pakistan, qui servaient depuis longtemps de base arrière aux talibans afghans, ont vu émerger des mouvements islamistes pakistanais dont le Tehrik-e-Nifaz-e-Shariat-e-Mohammadi (TNSM) et le Mouvement des talibans du Pakistan (le Tehrik-e-Taliban Pakistan, TTP). Le TNSM a occupé la vallée de Swat d’où l’armée pakistanaise s’efforce de le déloger depuis mai 2009. L’armée a ensuite attaqué le TTP au Waziristan du Sud. Ces deux dernières opérations militaires constituent un tournant dans la stratégie du gouvernement pakistanais.

Le chef du TTP, Baitullah Mehsud, mort lors d’une frappe aérienne américaine le 5 août 2009, a été remplacé par Hakimullah Mehsud depuis le 24 août 2009.

Le 1er novembre 2013, Hakimullah Mehsud trouve la mort dans une attaque américaine de drone à Mamouzai, près de Miranshah. Le 7 novembre, le mollah Fazlulla est mis à la tête de la mouvance. Ce dernier met fin à tout espoir de dialogue avec les autorités pakistanaises[réf. nécessaire].

Notes et références

  1. Patrick Porter, « Surprenante souplesse tactique des talibans en Afghanistan », Le Monde diplomatique, novembre 2009.

Voir aussi

Bibliographie

Filmographie

  • Le film Osama réalisé par Siddiq Barmak et qui défend la condition de la femme en Afghanistan et dénonce sa maltraitance sous le régime des talibans.
  • Le film L’Opium des talibans réalisé par Olivier Weber et François Margolin montre la vie quotidienne des disciples du mollah Omar et l’implication des talibans dans le narcotrafic (CBO : Olivier Weber (coauteur) [archive]).

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Avis du 3 février 2015

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Retour de mes statistiques "basiques".

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Statistiques "basiques" de nouveau bloquées depuis le 26 février. Ce petit jeu pourrait-il cesser ? On n'en voit pas l'intérêt... Complément de 22 h: merci de m'avoir rendu ces statistiques !

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