Djihadistes français en Syrie : morts ou vivants ?

Comme je le pensais, les frères Clain seraient bien toujours en vie.

 

http://www.liberation.fr/france/2018/02/28/mort-de-sabri-essid-figure-du-jihadisme-toulousain_1632923

Mort de Sabri Essid, figure du jihadisme toulousain

 

Par Willy Le Devin — 28 février 2018 à 16:58
Capture d’écran de la vidéo de propagande publiée mardi par l’EI dans laquelle Sabri Essid évoque la prise d’otages de l’Hyper Cacher. Photo AFP

 

Selon nos informations, le jihadiste français n’aurait pas sauté sur une mine, comme l’affirme une revue proche de l’Etat islamique, mais aurait été exécuté.

 

  • Mort de Sabri Essid, figure du jihadisme toulousain

L’information bruissait depuis quelques jours, à la faveur d’un magazine non-officiel de l’Etat islamique (EI). Elle a été confirmée mardi par plusieurs sources du renseignement à Libération et RTL : Sabri Essid, pilier historique du jihad toulousain, est bel et bien mort en Syrie. En revanche, contrairement à ce qu’affirmait cette revue proche de l’EI, Sabri Essid n’a pas sauté sur une mine, mais aurait été exécuté. De même, une source haut placée indique à Libération que «la date de son décès est bien antérieure à l’annonce de l’EI». Enfin, toujours selon cette source, Walid Essid, le frère cadet de Sabri, est également considéré comme mort.

Dans son édition du 9 février, Libération retraçait le parcours syro-irakien du groupe de Toulouse-Albi, l’un des plus emblématiques du jihad français. Sabri Essid, de son nom de guerre Abou Doujana, y faisait figure de leader. Le 18 novembre 2006, il rejoint pour la première fois un théâtre d’opération. L’objectif est alors de rejoindre l’Irak pour y combattre l’armée américaine. Pour cela, Essid gagne la Syrie où il retrouve Thomas Barnouin, autre membre éminent du groupe de Toulouse et Albi, formé à l’université théologique de Médine, en Arabie Saoudite. Pour déjouer la vigilance des services de sécurité de Bachar al-Assad, les deux Français se terrent dans une maison de Hama, en compagnie d’autres jeunes radicaux, syriens et saoudiens.

Venu d’Arabie Saoudite, Barnouin a transité par la Jordanie. Essid, lui, a voyagé en bus avec Miloud Chachou, un ami de longue date. En manque de ressources, les Français font appel à Imad Djebali, un autre «frère» resté à Toulouse. Ce dernier adresse à Miloud Chachou une somme de 1 355 euros, via Western Union. Mais l’aventure tourne court. Le 12 décembre 2006, Essid et Barnouin sont arrêtés par la sécurité militaire syrienne. Chachou, lui, ne refait jamais surface. Le 13 février 2007, les deux jihadistes sont remis aux policiers français à Roissy.

L’épisode endurcit encore Essid. Avec les célèbres frères Clain et Merah, il fréquentait déjà assidûment les cours de religion d’Olivier Corel, dit l’«émir blanc d’Artigat», un petit village de l’Arriège. Les services spécialisés consignent ses propos les plus sulfureux, notamment ceux où il affirme que «le jihad commande de défendre les musulmans partout où ils sont agressés». Le trentenaire estime en outre que «les attentats de Madrid [du 11 mars 2004, ndlr] ont été utiles à la cause irakienne», et qu’il «avait souhaité mourir en martyr en Irak, les armes à la main.» En décembre 2009, Essid écope d’une peine de cinq années de prison.

Entraînement «paramilitaire»

Libéré en juillet 2011, Sabri Essid assiste à la recomposition de sa famille. Son père, Mohamed, se remarie avec Zoulicka Aziri, la mère des frères Merah. Si l’influence de Sabri Essid sur les attentats commis par Mohammed Merah semble acquise pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, future DGSI), il ne sera cependant jamais entendu par la justice dans ce dossier. Pourtant, le 22 mars 2012, c’est bien lui qui dirige l’enterrement du tueur au scooter dans un cimetière de Cornebarrieu (Haute-Garonne).

Le 17 septembre 2013, une nouvelle information judiciaire visant des membres du groupe de Toulouse et Albi est ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris. Sans surprise, Sabri Essid y apparaît rapidement. La DGSI épie les séances d’entraînement draconiennes, composées de course, de musculation, de boxe, mais aussi de paintball. Les policiers soulignent «une méthodologie paramilitaire».

Début 2014, Sabri Essid s’envole à nouveau pour la Syrie. Cette fois-ci, il rejoint les rangs de l’Etat islamique où il laisse libre cours à sa cruauté. Dans une vidéo, il fait exécuter par Rayan, son beau-fils de 12 ans, un otage israélien nommé Mohamed Musallah, 19 ans.

Avec la disparition de Sabri Essid, une page du jihad français se tourne. D’après une source sécuritaire bien informée, «de nombreux combattants français seraient morts ces derniers mois, notamment lors de la bataille de Mossoul». «Les identifications prendront beaucoup de temps, mais il y a fort à parier que beaucoup seront alors exhumés», poursuit-elle. Selon nos informations, les frères Clain, inscrits mardi sur la liste des sanctions par l’Union européenne, seraient toujours en vie. En revanche, des interrogations circulent sur le possible décès de Salim Benghalem, l’un des geôliers des quatre otages français retenus à Alep. Ce dernier n’aurait plus donné signe de vie depuis plusieurs semaines.

Willy Le Devin

 

 

http://www.lejdd.fr/societe/sabri-essid-demi-frere-de-merah-a-ete-execute-dans-la-zone-irako-syrienne-3587897

Sabri Essid, demi-frère de Merah, a été exécuté dans la zone irako-syrienne

 

12h20 , le 1 mars 2018, modifié à 12h27 , le 1 mars 2018

Début février, un magazine de l’Etat islamique (EI) affirmait dans un communiqué non officiel que le djihadiste français Sabri Essid était mort. Selon l’organisation islamiste, Sabri Essid aurait marché sur une mine. Les services de renseignements ont une autre version : il aurait été exécuté à cause de rivalités.

 

Un membre de l'Etat Islamique à Raqqa en Syrie, le 29 juin 2014.
Un membre de l’Etat Islamique à Raqqa en Syrie, le 29 juin 2014. (Reuters)

 

Une des figures du djihadisme toulousain est décédée. Sabri Essid faisait notamment partie de la bande d’Artigat, avec Thomas Barnouin, Olivier Corel, les frères Clain et Mohammed Merah, dont il était le demi-frère. Le 21 février, Le spécialiste des questions islamiques Romain Caillet avait annoncé la mort de Sabri Essid sur Twitter en indiquant : « Une publication non officielle de l’Etat islamique annonce le décès de Sabri Essid, tué en marchant sur une mine le 4 février ». Selon des sources au sein des services de renseignements, cités par Libération, la date de décès de Sabri Essid serait bien antérieure à celle annoncée par l’Etat islamique. Il aurait été notamment exécuté à cause de rivalités au sein du groupe islamiste. Walid Essid, le frère cadet de Sabri, est également considéré comme mort depuis septembre 2015.

Un embrigadement précoce

Le parcours de Sabri Essid, franco-tunisien de 33 ans, est profondément lié au radicalisme islamique. Son embrigadement remonte aux années 2000, à Toulouse, quand il est hébergé par Fabien Clain (voix de Daech revendiquant les attentats du 13 novembre 2015), qui jouera auprès de lui un rôle de mentor. Sabri Essid a alors 16 ans. Sa mère se dit « impuissante » face à son fils qui a « toujours été attiré par l’islamisme radical ».

Il a d’abord été intégré à un petit groupe salafiste comprenant les frères Clain, Mohammed Megherbi (arrêté récemment en Syrie), et Thomas Barnouin (arrêté en Syrie fin décembre 2017). Gravitant autour d’Olivier Corel, dit l’Emir blanc, le groupe diffuse des messages de haine et de prosélytisme à Toulouse. Olivier Corel, syrien de 70 ans, a fondé à la fin des années 1980 la communauté islamiste d’Artigat, en Ariège.

Le chassé-croisé familial

Arrêté en décembre 2006 à la frontière irako-syrienne avec Thomas Barnouin, les deux combattants étaient partis pour lutter contre les Américains présents en Irak. De retour en France, ils sont écroués pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Sabri Essid est condamné, il sort de prison en 2011. Ses cinq années de prison accentuent son radicalisme. Il noue alors des liens forts avec Mohammed Merah, dont la mère épouse le père de Sabri Essid. Pour rappel, le père de Mohammed Merah est l’ex époux de la mère des frères Clain. Les liens entre ces individus radicalisés se resserrent.

Sabri Essid devient le mentor de Mohammed Merah, son demi-frère, qu’il va beaucoup emmener en Belgique pour voir les « frères ». Après les assassinats terroristes commis par Mohammed Merah à Toulouse et Montauban en 2012, Sabri Essid prend en main les obsèques de son défunt demi-frère, abattu par le RAID. En 2014, Sabri Essid part en Syrie avec son frère, sa femme, le fils de celle-ci et leurs trois enfants en bas âge avec l’ensemble de ses adeptes embrigadés. Le djihadiste français avait choqué avec une vidéo publiée en 2015, le mettant en scène avec le fils de son épouse, Rayan, 12 ans. On y voit le jeune garçon exécuter un otage arabo-israélien, considéré comme un espion du Mossad par l’Etat islamique, sous les ordres de son beau-père.

  • Par Baptiste Blanchard

 

 

http://www.lepoint.fr/societe/le-jihadiste-francais-sabri-essid-aurait-ete-execute-par-l-ei-a-l-automne-01-03-2018-2198908_23.php

Le jihadiste français Sabri Essid aurait été exécuté par l’EI à l’automne

 

AFP

Publié le 01/03/2018 à 19:10 | AFP

Le jihadiste français Sabri Essid aurait été exécuté par l'EI à l'automne

Le jihadiste français Sabri Essid aurait été exécuté par l’EI à l’automne © AFP / Delil souleiman

 

Le jihadiste toulousain Sabri Essid aurait été exécuté par une « branche dure » du groupe Etat islamique en Syrie à l’automne selon plusieurs témoignages recueillis par les services de renseignement français, a indiqué jeudi une source proche du dossier.

« Il est considéré comme mort mais il est impossible d’avoir la certitude qu’il l’est vraiment », a précisé à l’AFP cette source, ajoutant que son frère Walid Essid était également « donné pour mort » mais dans d’autres circonstances.

Membre de la nébuleuse jihadiste du sud-ouest de la France, dans laquelle ont gravité Mohamed Merah et les frères Jean-Michel et Fabien Clain, Sabri Essid, 33 ans, est le fils d’un compagnon de la mère du jeune jihadiste Merah.

La semaine dernière, un magazine non-officiel de l’EI avait annoncé que le « demi-frère » de Mohamed Merah avait été tué par une mine.

Sabri Essid avait été intercepté en 2006 par l’armée syrienne avec une autre figure du jihadisme français issu de la filière du Sud-Ouest, Thomas Barnouin, alors qu’ils se rendaient en Irak pour prendre part au jihad contre les forces de la coalition internationale.

Remis aux autorités judiciaires françaises, ils avaient été condamnés en 2009 à cinq ans de prison en France. A sa sortie, Sabri Essid avait trouvé un emploi de grutier.

Au printemps 2014, Essid était reparti pour la Syrie afin de rejoindre l’EI. Il avait été reconnu en mars 2015 sur une vidéo diffusée par l’EI, où on le voit au côté de son beau-fils âgé d’une douzaine d’années qui exécute d’une balle dans le front un Palestinien présenté comme un espion.

Dans cette vidéo diffusée depuis la Syrie, il évoquait l’attaque du supermarché Hyper Cacher en janvier 2015 à Paris (4 morts), menaçait de s’en prendre aux Israéliens et disait vouloir conquérir Jérusalem.

Cette vidéo avait été diffusée trois ans, presque jour pour jour, après le début des tueries de Mohamed Merah, qui avait semé l’effroi en France en assassinat sept personnes - trois militaires et quatre Juifs - entre le 11 et le 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban.

01/03/2018 19:09:29 -          Paris (AFP) -          © 2018 AFP

 

2 commentaires à “Djihadistes français en Syrie : morts ou vivants ?”


  1. 0 Thomas 1 mar 2018 à 23 h 58 min

    Bonsoir, j’aimerai vous contacter pour discuter de ce qu’il s’est passé au lycée Marcelin Berthelot il y’a un an.
    http://justinpetitcoucou.unblog.fr/2016/10/06/chute-mortelle-au-lycee-le-college-edmond-nocard-de-saint-maurice-etonnamment-discret/

    Répondre

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